Investissements européens : 2,5 à 5 milliards d'euros pour les start-up ?

Investissements européens  : 2,5 à 5 milliards d'euros pour les start-up ? Le Fonds européen pour les investissements stratégiques devrait mobiliser 315 milliards d'euros. Bercy souhaite que plusieurs milliards soient investis dans le capital-risque.

Le plan d'investissement proposé par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour relancer la croissance, est en train de prendre forme. Mardi, les Etats ont adopté leur mandat de négociation avec le Parlement européen, qui devrait rapidement adopter le texte créant un Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS). Objectif : mobiliser 315 milliards d'euros sur trois ans, avec effet de levier.

Si le FEIS devrait contribuer à financer des projets divers dans toute l'Europe, depuis la construction d'infrastructures jusqu'à des prêts aux PME en pleine transition écologique, c'est surtout sur le soutien au numérique et à l'innovation que Bercy souhaite mettre l'accent. Avec ce plan d'investissements, l'activité traditionnelle de la Banque européenne d'investissement (BEI) va changer, estime le ministre de l'Economie : elle financera des projets plus risqués qu'elle ne le fait habituellement. Le FEIS sera d'ailleurs doté d'un fonds de garantie de 16 milliards d'euros pour absorber les pertes éventuelles.

Financer des fonds d'investissement pour augmenter les tickets

En ligne de mire de Bercy, notamment : renforcer le capital-risque pour financer les start-up européennes, souvent en difficulté lorsqu'il s'agit de trouver des tickets supérieurs à 10 millions d'euros pour assurer leur développement. Le FEIS devrait ainsi notamment servir à développer une offre de financement européenne d'envergure, en contribuant à l'émergence de quelques fonds de très grande taille, supérieures à 300 millions d'euros -aujourd'hui, en France, la taille moyenne des fonds s'élève à 80 millions d'euros.

50 à 100% des 5 milliards pour le capital-risque

Le FEIS et ses partenaires nationaux, type Bpifrance, devraient ainsi investir dans des fonds de growth européens. Sur la totalité du FEIS, 5 milliards d'euros seront investis en equity. Et "50 à 100%" de ces 5 milliards devraient être dédiés au capital-risque, assure un conseiller d'Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron compte bien mettre l'accent sur l'innovation et les jeunes pousses, ce jeudi, il reçoit à Paris le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen. Au programme, notamment, une visite des locaux de Numa, dans le Sentier, et de PriceMinister Rakuten.

Appel à projets ouvert dès cet été

Le FSEI est financé par la Commission européenne et la BEI à hauteur de 21 milliards d'euros. Les Etats, quant à eux, cofinanceront des projets nationaux. L'Italie, l'Allemagne et la France se sont déjà engagés à contribuer à hauteur de 8 milliards d'euros (dans l'Hexagone, 3 milliards seront apportés par Bpifrance, 5 par la Caisse des dépôts), et l'Espagne à hauteur de 1,5 milliard d'euros.

L'appel à projets devrait être ouvert dès cet été, et les Etat-membres sont déjà en train d'étudier des dossiers. Ainsi, en France, on évoque le CDG Express. La gestion du FSEI devrait être décentralisée : tous les investissements ne passeront pas par la BEI. Le plan pourra être géré par des plateformes, via des accords avec des acteurs nationaux comme la caisse des dépôts en France.

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