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ARTICLE
08/04/2008
Vrai ou faux : "l'évolution est la survie du plus fort"
Il paraît logique que les espèces les plus puissantes arrivent à conserver au mieux leur espace et puissent donc se reproduire plus facilement. Cependant, la théorie développée dans l'Origine des Espèces en 1859 par Charles Darwin ne mentionne jamais une telle affirmation. Si l'évolution n'est pas la survie du plus fort, qu'est-elle exactement ?
Cette phrase est, en réalité, un raccourci de la sélection naturelle, dans laquelle la survie de l'espèce la plus apte à vivre dans un environnement donné est favorisée. Le milieu soumet les espèces à des contraintes, englobées sous le terme de pression de sélection. Ce sont elles qui conditionnent l'évolution. Schématiquement, elles se décomposent en deux facteurs : d'un côté la pression biotique, directement liée aux êtres vivants dans l'écosystème de l'espèce considérée ; de l'autre, la pression abiotique, instituée par les éléments non-vivants (tels que la température, l'ensoleillement, etc). La preuve par l'exemple Illustrons le phénomène par un cas concret, celui de la phalène du bouleau. Cet insecte est un papillon qui peut se rencontrer sous deux teintes : sombre ou claire. Lors de la révolution industrielle de la fin du XIXème siècle, des entomologistes anglais observent que la forme sombre est prépondérante dans les forêts proches des usines. En parallèle, ils s'aperçoivent que les bouleaux, habitat naturel des insectes, ont pris une couleur noire due aux dégagements accrus de fumées. Après de nombreuses études, il s'avère que les papillons sombres passaient plus facilement inaperçus de leurs principaux prédateurs, les oiseaux, ce qui augmentait leur taux de survie au détriment des papillons de couleur plus claire. Lorsque la pollution a diminué, les bouleaux ont repris leur teinte habituelle et les papillons blancs ont ainsi pu prospérer.
Les phalènes ont ainsi été soumis aux deux types de pression : biotique, représentée par les oiseaux prédateurs et abiotique, via leurs conditions environnementales. Si les bouleaux avaient conservé leur couleur sombre, nous pouvons penser qu'après plusieurs milliers de générations, les phalènes blancs auraient pratiquement disparu localement, avidement dévorés par leur prédateurs ou obligés de migrer vers un autre milieu : l'espèce aurait localement évolué vers la couleur noire, sans qu'il soit question de force. Un autre exemple montre que le plus puissant n'est pas toujours favorisé dans l'évolution, celui des dinosaures. Au crétacé, de -145 La sélection naturelle ne suit donc pas la loi du plus fort, mais du plus adapté à son milieu : il survivra dans de meilleures conditions et se reproduira davantage. Dans ces termes, une bactérie pourrait bien avoir raison de l'espèce considérée par certains comme la plus évoluée : l'homme.
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