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Daniel Dardailler
Directeur Europe
W3C

"Du Web sémantique aux Web Services, nous automatisons le travail des applications"
          

Des travaux autour du Web sémantique en passant par le lancement d'un groupe de travail dédié aux Web Services, Daniel Dardailler revient sur les derniers projets du W3C adossés au langage de description XML. Le directeur Europe du consortium dévoile également les processus mis en oeuvre pour coordonner toutes ces initiatives.

Propos recueillis par Antoine Crochet Damais le 08 février 2002 .

JDNet Solutions : Où en sont les projets du W3C autour du Web sémantique ?
Daniel Dardailler: Nous avons débuté les activités de Web sémantique début 2001. Le Web sémantique consiste à attacher aux contenus Web des meta-données -en vue notamment d'automatiser certaines tâches applicatives, telle que la syndication notamment. Nos projets dans ce domaine visent d'abord à mettre au point ces meta-données (baptisées RDF), mais également à définir des schémas XML (RDF Schema) pour décrire les vocabulaires qu'elles utilisent. Parallèlement, nous élaborons également une ontologie de profils permettant de regrouper les meta-données par catégorie, et définir ainsi les contextes dans lesquels seront utilisés les contenus : un classement conçu au final pourra être utilisé par les applications.

Au côté de la définition des spécifications et la mise au point des outils de développement correspondants, le W3C s'est lancé dans la réalisation de démonstrateurs. Le but de ces applicatifs pilotes est de montrer aux industriels les possibilités offertes par le Web sémantique. Notez que le site du W3C les utilise déjà
pour syndiquer ses articles et gérer ses politiques d'accès.

Les Web Services rapprochent également XML de la couche applicative ?
Les Web Services fournissent effectivement une interface de programmation XML pour accéder à des fonctions applicatives. A la manière d'agents intelligents, leur objectif est d'automatiser le dialogue entre applications distantes, que ce soit en termes de services ou de contenus.

Le consortium lancé récemment par Microsoft et IBM ne fait-il pas concurrence à votre groupe de travail dédié à ce sujet ?
Le groupe que nous avons mis en place en janvier dernier traite uniquement des couches basses, telles que SOAP (Simple Object Access Protocol), WSDL (Web Services Description Language) et HTTP. Son travail ne couvre pas les vocabulaires de description de données métier. Chose que nous ferons peut-être plus tard quand nos projets actuels en la matière seront entrés en phase de normalisation. A la manière de l'OASIS, la "Web Services Interoperability Organization" devrait également traiter des niveaux supérieurs.

Comment analysez-vous les récentes initiatives autour de la présentation des contenus ?
Ici aussi, la démarche est comparable à celle du Web sémantique. L'objectif est en effet d'optimiser la structuration et la formalisation des données pour qu'elles puissent être comprises puis exécutées par les machines. Face aux systèmes propriétaires du marché (Flash, PDF, etc.), nous avançons dans ce domaine des langages comme SVG (Scalable Vector Graphics), SMIL (Synchronized Multimedia) ou les feuilles de style en cascade (CSS 3.0). La plupart du temps, il s'agit d'initiatives prises suite à des demandes d'éditeurs en quête de langages standardisés. Dans certains cas, nous avons abouti à d'excellentes performances. C'est notamment le cas de la technologie SVG qui offre des fonctions largement comparables à celles de Flash.

Les chantiers du W3C sont de plus en plus nombreux. Comment sont-ils coordonnés ?
Plusieurs groupes de travail horizontaux ont été mis en place pour assurer la cohérence des travaux. Parmi eux, on compte une activité autour de l'assurance qualité, qui s'appuie par exemple sur des méthodologies conçues par OASIS suite à des tests effectués sur XML. D'autres veillent à ce que les spécifications laissent une porte ouverte à tout type de terminaux ou encore recommandent des démarches pour mettre les modes de présentation à la portée de personnes handicapées (aveugles, etc.).

Au côté de ces organes transverses, un groupe de coordination (Technical Architecture Group, plus couramment appelé le comité des sages) se charge d'assurer la cohérence des spécifications. Impliqués dans la plus part des projets, ses membres en suivent l'ensemble des évolutions en vue d'éviter les doublons et de garantir la bonne application des schémas XML.

Quelles sont les compétences nécessaires pour faire partie d'un groupe de travail ?
Chaque groupe a mis au point une charte pour décrire son mode d'organisation. Celle-ci indique notamment le temps (quart temps, mi-temps, etc.) et les compétences requises pour y entrer. Au total, les participants sont le plus souvent des spécialistes de la veille ou des membres de sociétés souhaitant comprendre les standards avant de les implémenter dans leur produit.


Dans le cadre de ses travaux au sein de l'INRIA (Institut National de la Recherche en Informatique et en Automatique), Daniel Dardailler commence par travailler pour le X Window Consortium : un organisme indépendant chargé de normaliser les environnements graphiques utilisés sous les UNIX (HP UNIX, SUN, AIX, etc.). Parallèlement, il réalise une thèse de recherche sur les problématiques graphiques liées à ce type de systèmes. Membre du World Wide Web Consortium (W3C) à partir de 1996, il en est aujourd'hui le directeur pour l'Europe.

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