Goose : cet agent IA gratuit fait aussi bien que Claude Code

Goose : cet agent IA gratuit fait aussi bien que Claude Code Goose offre une alternative viable à Claude Code avec une grande liberté sur le choix du provider des modèles. Un outil intéressant pour éviter la dépendance technologique.

En matière d’IA pour le développement, Anthropic est roi. La firme de San Francisco est parvenue à s’imposer comme numéro un de l’IA pour le code avec Claude Code, son agent de développement ultra-optimisé et utilisé par tous. Ses deux principaux problèmes ? Le coût et la dépendance technologique. Un abonnement à Claude Max est nécessaire pour utiliser Claude Code plus que quelques minutes dans une journée, et il faut compter entre 100 et 200 dollars mensuels pour cette formule. De même, de nombreux développeurs ont tendance à rester cloisonnés dans l’écosystème Anthropic… au risque de ne plus jamais en partir. C’est la stratégie du lock-in.

Face à cette double problématique, plusieurs solutions alternatives à Claude Code commencent à émerger dans l’écosystème open source. L’un des plus récents, Goose, fait le pari de l’indépendance et permet d’utiliser nativement une grande variété de providers. Plus intéressant encore, il est possible d’utiliser des modèles en local, via ollama notamment.

Une version Desktop et CLI

Goose a été entièrement développé comme un side project (en janvier 2025), par Bradley Axen, principal engineer et tech lead de l'AI & DataPlatform de Block, la fintech lancée par Jack Dorsey aux Etats-Unis. Le projet est maintenant développé par les équipes de Block, notamment pour les besoins internes de l’entreprise. L’outil a été conçu comme un agent IA local et open source capable d'automatiser des tâches complexes comme les migrations de données ou les workflows DevOps, en s'appuyant sur le protocole MCP pour une intégration fluide d'outils externes. Deux versions distinctes ont été lancées : Goose Desktop, une version graphique de l’agent d’IA, et Goose CLI, son équivalent terminal.

La version Desktop de Goose. © Capture d’écran / JDN

L’agent de Goose est basé, comme Claude Code, sur une boucle de rétroaction. Quand un prompt est adressé à l’IA, Goose utilise un LLM (celui choisi par défaut) et des appels de tools en JSON pour lire et agir sur la machine. L’agent itère ensuite jusqu’à réalisation de la tâche complète. L’ensemble de la boucle de rétroaction reste en local, seules les données de contexte utilisées par le LLM sont envoyées dans le cloud (chez le provider du modèle). Le véritable atout de Goose réside dans sa compatibilité native avec les principaux providers du marché.

Claude Code vs Goose, le match des fonctionnalités

 

Goose

Claude Code

Sous-agents

x

x

Mode Plan

x

x

Disponible en CLI

x

x

Modèles tiers natifs

x

 

MCP

x

x

Skills

x

x

Fichiers d'instructions

x

x

Intégration VS Code

 

x

Plugins

x

x

Compactage intelligent de la mémoire

x

x

Sous agents, mode plan, mode CLI, MCP, fichiers d’instructions… Claude Code et Goose disposent en grande majorité de fonctionnalités de série pour les agents de code. La véritable différence se trouve dans l’écosystème. Claude Code dispose d’un avantage avec une énorme librairie de skills, des compétences clefs en main que l’IA peut utiliser pour enseigner à Claude des tâches données (revue de PR, création de documents Word, création d’UX react…). De même Claude Code dispose d'une énorme librairie de plugins tiers quand celle de Goose est naturellement plus réduite. La vraie force de Claude Code réside dans son écosystème complet très confortable. Celle de Goose s’articule autour de son positionnement LLM agnostic, une approche de plus en plus appréciée par les DSI, notamment en France.

26 providers différents supportés par Goose

Goose supporte nativement 26 providers de modèles différents, quand Anthropic supporte, assez logiquement, uniquement ses propres modèles (nativement et sans bricolage tiers). Anthropic, Amazon Bedrock, Azure OpenAI, ChatGPT Codex, Claude Code CLI, OpenAI Codex CLI, Cursor Agent, DeepSeek, Databricks, GCP Vertex AI, Gemini CLI, GitHub Copilot, Google Gemini, Groq, Inception, LiteLLM, Mistral AI, OpenAI, OpenRouter, OVHcloud, Amazon SageMaker, Snowflake, Tetrate Agent Router, Venice.ai, et xAI sont notamment supportés par Goose. L’utilisateur paie uniquement en fonction de sa consommation de tokens chez les différents providers (pay as you go). Fait intéressant, il est possible d’utiliser Goose avec son compte ChatGPT sans nécessiter de clef API. OpenAI est l’un des derniers providers à autoriser cette pratique.

Avec Claude Code, le modèle économique est simple : un forfait fixe de 100 à 200 dollars par mois par utilisateur. Pour une équipe avec une utilisation sporadique, Goose sera mécaniquement plus économique. Pour une utilisation intensive quotidienne, Claude Max peut s'avérer compétitif. Le point d'équilibre dépend des usages réels. Concrètement, pour un usage intensif et quotidien, l'abonnement Claude Code devient plus compétitif. Le seuil de rentabilité pour Claude Max à 100 dollars se situe à environ 9 millions de tokens mensuels avec Sonnet 4.5, ou 5,5 millions de tokens avec Opus 4.5.

Les providers disponibles sur Goose. ©  Capture d’écran / JDN

Pour être véritablement dans une logique de FinOps, il est possible d’utiliser l’API d'ollama avec Goose. C’est, pour les utilisateurs qui le peuvent, la méthode la plus économique d’utiliser l’agent IA. Le modèle open source tourne en local et l’agent (Goose) également. Avec des modèles de plus en plus performants en local ou avec un déploiement sur vos propres serveurs, Goose peut maximiser la productivité de vos équipes à moindre coût, sans multiplier les licences. Vous gagnez également en liberté de choix. Si le nouveau meilleur modèle de code se trouve chez Google, inutile de migrer vos agents, un simple clic et le modèle est changé.

A qui s’adresse Goose ou Claude Code ?

Le choix entre Goose et Claude Code dépend de trois facteurs clés : votre modèle économique, vos contraintes de souveraineté et votre maturité organisationnelle. Goose s'adresse en priorité aux petites équipes de développeurs avec une utilisation irrégulière de l'agent. Le modèle pay-as-you-go devient mécaniquement plus économique qu'un forfait fixe de 100 à 200 dollars par développeur et par mois. L'outil répond également aux besoins des secteurs réglementés (banque, santé, défense) où le traitement local des données via ollama ou des LLM auto-hébergés s'impose. Enfin, Goose évite le verrouillage propriétaire : si le meilleur modèle de code migre demain de chez Anthropic vers Google ou DeepSeek, un simple changement de configuration suffit sans remettre en question l'ensemble de votre infrastructure.

Dans les grandes organisations avec des centaines de développeurs, Claude Code peut se justifier par la volonté d'uniformiser les pratiques à l'échelle et d'éviter la multiplication des outils. Pour une utilisation intensive quotidienne, le forfait fixe devient également compétitif face à une consommation de tokens élevée. L'écosystème clé en main, avec sa bibliothèque extensive de skills et plugins, offre une productivité immédiate difficilement égalable.

Alors, faut-il privilégier la performance brute ou l'indépendance technologique ? A l'heure où la souveraineté numérique s'impose comme critère de décision pour les DSI français, Goose propose une alternative sérieuse qui mérite l'attention.