Muse Code : on a testé l'agent de code de Meta

Muse Code : on a testé l'agent de code de Meta A 50 dollars par mois, il égale Claude Code sur la chasse aux bugs. Mais son rendu visuel reste daté : l'outil de Meta n'a pas les moyens de ses ambitions.

C’est un retour inattendu. Depuis les premiers succès de Llama, Meta n’était jamais parvenu à revenir au premier plan de l’IA générative. Et pourtant, avec l’annonce de Muse Code en août et de Muse Wonder Full et Muse Wonder (ces nouveaux modèles frontières) en octobre, Meta offre sur le papier des capacités qui redeviennent crédibles pour les professionnels. Contrairement à son agent grand public Muse, son agent pour les professionnels Muse Code a de quoi séduire grâce à son pricing assez attractif.

Des fonctionnalités alignées sur les standards du marché

Critère Muse Code
MCP ✔
/goal ✔
/plan (skill intégré) ✔
Sous-agents parallèles ✔
Workflows multi-agents ✔
Hooks ✔
Skills ✔
AGENTS.md ✔
Mode headless ✔
Computer use ✔
Génération d’images ✔
Entrée vocale ✔
Extension IDE ✘
App desktop ✘
App web / mobile ✘
Agents cloud ✘

Muse Code dispose des fonctionnalités les plus basiques que l’on attend d’un bon agent de code : goal, mode plan, sous-agents, mode headless (pour le piloter par script ou par d’autres agents)… Sur les sous-agents, Muse Code se distingue. L’agent lance davantage de sous-agents par défaut, qui restent actifs d’une étape à l’autre. En théorie, l’agent est censé être plus rapide en parallélisant l’ensemble des opérations. En revanche, Muse Code étant encore relativement jeune, il ne dispose pas d’une extension IDE (pour les environnements de développement), ni d’une quelconque application desktop ou mobile. Exit également les agents dans le cloud qui permettent de travailler en autonomie sans avoir son ordinateur ouvert.

Fonctionnalité Everyday Usage High Usage Power Usage Maximum Usage
Prix mensuel 5$ 15$ 50$ 200$
Volume d’usage léger moyen correct pro
Muse Wonder Full ✘ ✘ ✔ ✔
Entrées multimodales étendues ✘ ✔ ✔ ✔
Traitement de fichiers plus gros ✘ ✘ ✔ ✔
Accès anticipé aux nouveautés ✘ ✘ ✔ ✔

C’est le véritable avantage de Muse Code sur le papier : son pricing. Les abonnements mensuels se déclinent en quatre paliers : 5, 15, 50 et 200 dollars. Les versions à 5 et 15 dollars par mois ne disposent pas de Muse Wonder Full, le modèle le plus puissant pour le code et le raisonnement. C’est dommage. Avec uniquement Muse Wonder, Muse Code reste dans les benchmarks (selon Artificial Analysis) derrière Gemini 4 avec Antigravity. Les versions à partir de 15 dollars prennent également en charge des contextes étendus pour les entrées multimodales (image, vidéo…).

Enfin, les versions à 50 et 200 dollars proposent une taille de contexte plus élevée pour les gros fichiers et l’arrivée en priorité des nouveautés, outre un usage beaucoup plus élevé. Pour tester, l’offre Everyday Usage donne déjà une bonne idée de l’expérience Muse Code. High Usage permet de coder au quotidien sur des projets de complexité faible à moyenne, tandis que Power Usage et Maximum Usage restent dédiés aux projets complexes à forte croissance.

Meta propose également un tarif facturé au token, via son API. Son offre ne comprend en revanche que Muse Wonder, facturé à 4 dollars en entrée le million de tokens, 0,20 dollar en lecture de cache et 20 dollars en sortie. Soit un positionnement aligné sur Claude Opus 5.5 et Gemini 4. Muse Wonder Full est réservé aux abonnements Power Usage et Maximum Usage à 50 et 200 dollars mensuels.

Installation et test

Pour installer Muse Code, rien n’est plus simple.

Sur Windows :

irm https://dev.meta.ai/install.ps1 | iex

Sur macOS :

curl -fsSL https://dev.meta.ai/install.sh | sh

Nous testons ce jour Muse Code avec un abonnement mensuel Power Usage qui donne accès au modèle le plus avancé. Nous reprenons deux de nos précédents tests réalisés avec Gemini 4 : créer une landing page pour une start-up de néocloud en orbite basse et produire une vidéo de promotion en motion design. Le dernier test est directement inspiré de la méthodologie de Paweł Huryn (PM polonais, très suivi de la communauté de l’IA). Il s’agit de piéger un dépôt avec une quantité connue de bugs et de repérer combien Muse Code parvient à en trouver et pour quelle consommation.

Une Landing page futuriste

Nous donnons le prompt suivant à Muse, volontairement court pour analyser sa capacité de créativité sans contraintes techniques :

Crée la landing page futuriste d’un néo-cloud fictif qui commercialise des datacenters en orbite basse dédiés à l’inférence de modèles génératifs.

Premier constat, pendant la phase de code, l’agent en mode auto-review (revue automatique des actions) bloque très souvent des opérations peu sensibles. Il faut valider manuellement très régulièrement les modifications. Un écueil de jeunesse qui ne permet pas, pour le moment, de lancer l’agent en autonomie sur des tâches de longue envergure, comme avec Claude Code ou Codex. Dommage.

D’un point de vue purement visuel… Muse Code déraille complètement. L’agent de code produit une landing page basique, avec des animations dignes d’un modèle chinois open source d’il y a six mois. Les satellites tournent beaucoup trop vite, les continents sont représentés par des boules peu crédibles. Bref, rien ne va. Seuls les textes restent cohérents. Enfin, sur la demande de “futurisme” de la landing page : c’est raté. Le style rappelle un site daté de plusieurs années avec des styles lourds et peu élégants. Sur le même test, Gemini 4 de Google reste largement devant.

“Aucun satellite n’a été lancé pour les besoins de cette page” prévient toutefois notre landing page “futuriste” en footer : nous voilà rassurés !

Une vidéo promotionnelle en motion design

Nous donnons le prompt suivant à Muse Code :

À partir de la landing page créée, avec Remotion, crée une vidéo promotionnelle de 10 secondes pour un néo-cloud fictif qui commercialise des datacenters en orbite basse dédiés à l’inférence de modèles génératifs. Livre le projet complet, prêt à lancer, avec la commande pour exporter la vidéo en MP4.
"Muse Code : vidéo promotionnelle ASTRION (test JDN)"

Le résultat produit par Muse Code est au niveau de la landing page. La vidéo produite tient davantage du slide légèrement animé que d’une vraie vidéo promotionnelle en motion design. Les graphismes sont, encore une fois, pas du tout réalistes (la Terre, encore). Les slides défilent ensuite à une allure beaucoup trop rapide pour lire les informations présentées… Rien ne va. Enfin, l’esthétique générale est très basique, loin des motion design de GPT-6, Claude Opus 5.5 ou Gemini 4.

Dénicher des bugs connus dans un projet

Pour ce dernier test, nous avons pris python-slugify, une petite bibliothèque Python d’environ 200 lignes qui transforme un texte en adresse web. Nous y avons glissé cinq bugs discrets. Nous avons testé Muse Code avec Muse Wonder Full et Claude Code avec Claude Opus 5.5. Chaque modèle, réglé sur son effort maximal, reçoit la même copie piégée, sans historique Git ni accès à Internet, avec le même prompt : trouver et corriger le maximum de bugs sans casser les tests, sans limite de temps. Un bug ne compte comme corrigé que si les tests d’origine, que le modèle n’a jamais vus, passent à nouveau.

Modèle Bugs corrigés Temps (min) Tokens entrée (M) dont cache (M) Tokens sortie (k) Prix API ($)
Claude Code 5 19,1 4,96 4,69 163 6
Muse Code 5 18,8 5,54 5,32 65 NA

Les résultats sont assez bons. Muse Code trouve autant de bugs que Claude Code et les corrige parfaitement sans casser un seul test. Il a même repéré au passage un défaut que nous n’avions pas planté. Les deux outils ont mis le même temps, environ 19 minutes. Muse Code a consommé un peu plus de tokens en entrée (5,5 millions contre 5 millions pour Claude Code), mais Claude Code en produit 2,5 fois plus en sortie (163 000 contre 65 000). Les deux modèles sont donc sur ce test à égalité quasi parfaite. En revanche, impossible d’estimer le prix réel de Muse Code, Muse Wonder Full n’étant pas facturé au token.

Muse Code, un agent taillé pour les benchmarks

Muse Code, s’il impressionne par ses tarifs abordables, n’est pas au niveau de polyvalence de Claude Code, Codex ni même Antigravity. S’il dispose de réelles capacités sur du code, il lui manque un vrai sens commun et des capacités réelles en UI/UX. Muse Wonder Full a tout du modèle benchmaxé (optimisé pour briller dans les benchmarks) : bon sur un exercice borné et vérifiable comme la chasse aux bugs, mauvais dès que la consigne laisse place à l’interprétation. Le compte n’y est pas pour en faire l’assistant de code quotidien des développeurs. Avec des mises à jour aussi régulières que celles de Claude Code et Codex, et un post-entraînement mieux ciblé, il pourrait devenir une véritable alternative économique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.