IA : comment j'ai recruté un employé virtuel avec Delos

IA : comment j'ai recruté un employé virtuel avec Delos La scale-up parisienne promet des collaborateurs IA à onboarder comme des humains. Nous avons confié à Lucia, journaliste IA, la veille et la rédaction d'articles.

Les agents IA n’étaient-ils que les prémisses d’un monde où collaborateurs humains et virtuels coexistent ? C’est ce que veut croire Delos, scale-up parisienne. L’entreprise, qui vient de boucler une levée de 10 millions d’euros, propose un service de mise à disposition de collaborateurs virtuels basés sur l’intelligence artificielle. Chaque employé virtuel dispose de son propre numéro de téléphone, de son propre email, ainsi que de son propre ordinateur. Delos pense ses collaborateurs comme de vrais profils humains, que ce soit dans l’onboarding ou le travail quotidien. La promesse est-elle réelle ? Le JDN a testé pour vous l’embauche d’un collaborateur virtuel.

Un modèle au crédit, et non à l’abonnement

Avant de passer au test, un mot sur le pricing. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Delos ne facture pas un abonnement par collaborateur virtuel : le service fonctionne au crédit. Chaque action réalisée par un worker (collaborateur virtuel) consomme des crédits, en fonction de la nature et de la complexité des tâches. On achète donc un volume mensuel de crédits, décliné en trois offres : Beginner, Advanced et Extended. Quelle que soit l’offre, l’employé virtuel a accès à plus de 3 000 outils nativement et dispose d’une mémoire long terme intelligente : il apprend au fil des échanges avec vous.

Offre Prix mensuel Crédits inclus / mois Coût pour 1 000 crédits
Beginner 100 € 80 000 1,25 €
Advanced 300 € 250 000 1,20 €
Extended 500 € 450 000 1,11 €

Plus le volume est important, plus le crédit est bon marché : de 1,25 euro les 1 000 crédits sur l’offre Beginner, on passe à environ 1,11 euro sur l’offre Extended. Pierre de la Grand’rive, cofondateur et CEO de Delos, nous explique toutefois qu’un collaborateur virtuel, même à forte charge de travail, reste dans la majorité des cas (hors tâches d’ingénierie lourde) plus rentable qu’un employé humain.

Pour les entreprises legacy qui ont besoin de déployer plusieurs collaborateurs virtuels en parallèle et d’un service premium, Delos propose une offre sur mesure avec des tarifs négociés selon la demande. Pour les environnements complexes, il est possible de déployer la technologie avec les équipes internes de Delos.

20 collaborateurs virtuels prêts à l’emploi

Pour l’heure, l’onboarding d’un collaborateur est encore limité à 20 profils différents préconfigurés, c’est-à-dire des workers avec des compétences sur un poste donné. Delos propose par exemple un créateur de contenu, un commercial, un webmaster spécialiste du SEO, une secrétaire, un conseiller juridique, une designeuse…

Les profils de collaborateurs virtuels proposés par Delos. © Capture d'écran / JDN

Pour ce test, nous choisissons de “recruter”… un journaliste virtuel. Delos propose par défaut Lucia Newstorini, une journaliste capable d’identifier un sujet, de le rédiger, de vérifier les éléments factuels avancés et même de mener des interviews !

Le profil de Lucia sur Delos. © Capture d'écran / JDN

Une fois recrutée (en cliquant simplement sur un bouton), Lucia doit être onboardée comme une véritable employée. Nous l’appelons directement… en vidéo. Nous lui expliquons qu’elle vient d’être recrutée sur la nouvelle rubrique mobilité douce du Journal du Net, qu’elle est chargée de faire sa veille, de proposer des sujets puis de les rédiger pour nous. Elle doit ensuite nous rendre chaque article en fichier Word.

L'onboarding de Lucia, en appel vidéo. © Capture d'écran / JDN

L’onboarding se passe bien, mais le manque de questions et de curiosité de la journaliste nous surprend au premier abord. Nous lui donnons toutefois des consignes simples mais claires pour qu’elle puisse commencer. Une fois les consignes données, nous lui laissons dix minutes pour proposer ses premiers sujets et nous rappeler ensuite pour valider ensemble.

Au bout de quelques minutes seulement (moins de cinq), Lucia nous appelle. Elle nous décline trois sujets parfaitement calibrés sur nos attentes initiales. Nous lui validons, par téléphone, le premier sujet. Nous l’informons que nous attendons son fichier Word par email une fois l’article rédigé.

Et c’est chose faite. Moins de deux minutes après avoir raccroché, Lucia nous adresse par mail, en totale autonomie et conformément à nos consignes, son premier article. Ce dernier est très factuel mais reste conforme à un article journalistique type. Il est simple et n’invente aucune information. Ce qu’on attend, en bref, d’un article d’actualité.

Lucia, journaliste virtuelle de Delos

Article de Lucia (Delos), non retouché

Voiture électrique d'occasion : qui peut bénéficier de la nouvelle aide et comment comparer les offres ?

Depuis le 1er septembre 2026, une prime financée par le dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE) peut accompagner l'achat ou la location d'une voiture électrique d'occasion. Elle n'est pas soumise à condition de ressources, mais le véhicule, la batterie et la durée de détention doivent respecter des critères précis. Son montant n'est pas fixe : voici les vérifications à faire avant de signer.

Acheter une voiture électrique d'occasion peut désormais ouvrir droit à une aide, mais toutes les annonces ne sont pas éligibles. Mise en place le 1er septembre 2026, cette prime CEE est proposée par des opérateurs, notamment des fournisseurs d'énergie ou leurs partenaires. Contrairement à un barème unique, la somme effectivement obtenue dépend de l'offre retenue. Le bon réflexe consiste donc à vérifier d'abord le véhicule, puis à comparer le coût final des propositions.

Qui peut en bénéficier ?

Aucune condition de revenus n'est exigée, précise Service Public. En revanche, la voiture doit être 100 % électrique : une hybride, même rechargeable, ne suffit pas. Sa première immatriculation doit avoir eu lieu en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023. Un modèle d'abord immatriculé à l'étranger puis importé n'entre pas dans ce cadre. L'achat ou la location doit se faire auprès d'un professionnel de l'automobile habilité, et non entre particuliers.

La batterie doit conserver au moins 80 % de sa capacité initiale. À défaut, l'autonomie résiduelle doit atteindre au moins 200 km ou 80 % de l'autonomie homologuée. Ce sont des voies alternatives : une voiture qui ne satisfait pas au critère de capacité peut donc encore répondre au critère d'autonomie. Demandez au professionnel le document attestant de l'état de santé de la batterie ou, à défaut, de l'autonomie résiduelle. La fiche officielle CEE TRA-EQ-133 le prévoit parmi les justificatifs de l'opération.

Enfin, l'acheteur doit conserver la voiture au moins trois ans. En location, le contrat doit durer au moins 36 mois, hors reconduction tacite. Pour une personne physique, le dispositif est limité à cinq voitures d'occasion éligibles, selon Service Public et la fiche CEE. Ces conditions méritent d'être vérifiées avant tout engagement.

Quel montant espérer ?

Il n'existe pas de montant unique à promettre à tous les particuliers. Service Public indique que la prime varie notamment selon l'opérateur auprès duquel elle est demandée et que son mode de versement peut aussi changer (virement, chèque, etc.). Faites préciser par écrit le montant accordé et le moment où il sera versé, plutôt que de déduire le prix net d'une prime simplement annoncée.

Un cas particulier concerne les professionnels de l'aide à domicile et des services à la personne : une majoration temporaire est prévue, sous conditions supplémentaires, et le Gouvernement évoque une aide d'environ 2 000 euros par véhicule. Ce n'est pas le montant général de la prime. Les conditions et dates spécifiques à cette majoration doivent être vérifiées séparément.

Comment comparer deux offres sans se tromper ?

Pour chaque voiture, demandez au vendeur ou au loueur habilité de confirmer par écrit la date et le pays de première immatriculation, ainsi que de fournir le justificatif de batterie ou d'autonomie. Vérifiez ensuite que la proposition détaille la prime CEE, l'opérateur qui la verse, sa valeur, son mode de versement et, en location, la durée du contrat sans compter une éventuelle reconduction tacite.

Comparez le coût réellement supporté, pas seulement le chiffre de l'aide : prix TTC du véhicule et éventuels frais dans le cas d'un achat ; apport, loyers et conditions contractuelles dans le cas d'une location. Retranchez uniquement une prime dont le montant et les modalités ont été confirmés pour votre dossier. Si deux opérateurs affichent des montants différents, demandez des devis comparables pour la même voiture et la même formule de financement. Service Public recommande expressément de comparer les offres avant de se rapprocher d'un concessionnaire ou d'un loueur conventionné.

À retenir

L'aide peut rendre une électrique d'occasion plus accessible, sans condition de revenus. Elle ne dispense toutefois pas d'un contrôle documentaire : origine et date d'immatriculation, état de la batterie ou autonomie, vendeur habilité et engagement de trois ans. Tant que la prime n'est pas chiffrée et confirmée dans l'offre, ne la considérez pas comme une remise acquise.

Sources officielles : Service Public, « Une nouvelle aide pour l'achat d'une voiture électrique d'occasion : comment en bénéficier ? », publié le 18 août 2026, mis à jour le 2 septembre 2026 : https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A19043" target="_blank" rel="noopener">https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A19043">https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A19043 ; ministère chargé de l'énergie, fiche CEE TRA-EQ-133, « Achat ou location d'une voiture particulière électrique d'occasion » : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/TRA-EQ-133%20vA85-1%20%C3%A0%20compter%20du%2001-09-2026.pdf" target="_blank" rel="noopener">https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/TRA-EQ-133%20vA85-1%20%C3%A0%20compter%20du%2001-09-2026.pdf">https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/TRA-EQ-133%20vA85-1%20%C3%A0%20compter%20du%2001-09-2026.pdf

 

Une interview bien menée, un article qui pèche

Pour tester les capacités d’interview de Lucia, nous lui demandons de rédiger un article témoignage sur un utilisateur de véhicule électrique au quotidien. Nous lui disons qu’un utilisateur a déjà été trouvé, il s’agit de Renaud Blanc, 59 ans. Elle doit conduire l’interview, puis rédiger l’article en bonne et due forme. Nous jouons nous-mêmes le rôle de Renaud Blanc pour comprendre comment l’IA mène l’interview.

Pour ce faire, nous lui adressons le message suivant, par mail :

"Lucia,

Pour ton prochain article, je voudrais que tu réalises un témoignage sur l'usage quotidien d'un véhicule électrique.

Nous avons déjà identifié la personne à interviewer : Renaud Blanc, 59 ans. Tu peux le joindre directement au 07 xx xx xx xx

L'objectif est de comprendre concrètement son expérience au quotidien : ses usages, les avantages qu'il constate, les éventuelles difficultés, la recharge, l'autonomie, les coûts et, plus largement, son retour d'expérience.

Je te laisse conduire l'interview de manière autonome et poser les questions qui te semblent pertinentes.

À l'issue de l'échange, rédige un article journalistique basé uniquement sur les informations recueillies pendant l'interview, avec ses citations lorsque cela est pertinent. Aucun élément ne doit être inventé.

Envoie-moi ensuite l'article finalisé au format Word par email.

Merci,
Benjamin"

Moins d’une minute après le départ de notre mail, nous recevons l’appel de Lucia, qui se présente comme un journaliste le ferait. Sa voix est naturelle, encore un peu robotique et lente, mais c’est déjà énorme, même si l’on reste loin de la fluidité d’OpenAI. Prévenue que son interlocuteur n’a "que deux minutes", elle ne se démonte pas : elle regroupe ses questions par deux et va à l’essentiel. Petite manie déroutante, elle reformule chaque réponse en une phrase avant d’enchaîner, comme si elle prenait ses notes à voix haute. Elle pose des questions assez générales, mais pertinentes au vu du sujet très générique. Avant de raccrocher, elle demande l’autorisation d’utiliser le nom et les citations de Renaud, et promet de lui faire relire le texte.

"Delos - Interview de Renaud Blanc par Lucia, journaliste virtuelle"

Une fois l’interview terminée, Lucia nous informe qu’elle reviendra vers nous une fois son article rédigé. Et c’est bien le cas : deux minutes après son appel, l’article est rédigé et Lucia nous envoie un SMS pour que nous confirmions nos propos.

Le SMS de relecture adressé à l'interviewé. © Capture d'écran / JDN

Une fois cette confirmation reçue, Lucia finalise l’article et nous l’adresse par mail en Word.

Lucia, journaliste virtuelle de Delos

Article de Lucia (Delos), non retouché

« Ça m’a changé la vie » : la MG4 d’un commercial qui roule jusqu’à 200 km par jour

Commercial en Champagne, Renaud Blanc, 59 ans, enchaîne les visites de restaurants au volant d’une voiture électrique. Son point d’ancrage n’est pas une borne sur la route, mais la prise de son garage, où il recharge chaque soir.

À la fin de sa journée de travail, vers 18 heures, Renaud Blanc branche sa MG4 dans son garage. Le lendemain, le commercial repart sur les routes de Champagne, de restaurant en restaurant. Ses tournées représentent, selon lui, entre 100 et 200 kilomètres par jour. Depuis qu’il roule en électrique, cette recharge à domicile est devenue le pivot de son organisation.

« Ça m’a changé la vie », résume-t-il. Avant, il consacrait, dit-il, environ 100 euros par semaine au gazole. Aujourd’hui, il recharge chez lui pendant la nuit, sur une prise murale ordinaire. Sa voiture lui coûte par ailleurs environ 350 euros par mois en leasing, indique-t-il. Ces montants, exprimés l’un à la semaine et l’autre au mois, ne suffisent pas à établir ses économies. Pour lui, l’essentiel est ailleurs : sa voiture se recharge pendant qu’il est chez lui.

En hiver, l’autonomie se rapproche de ses plus longues journées

Renaud Blanc estime pouvoir parcourir environ 250 kilomètres avec sa MG4 hors hiver. Quand il fait froid, son repère tombe à quelque 200 kilomètres. La différence compte pour quelqu’un dont les journées peuvent atteindre cette distance. Il n’a pas expliqué ce qu’il fait si une tournée hivernale dépasse cette autonomie estimée. Son récit revient à une habitude : brancher la voiture vers 18 heures et la laisser charger pendant la nuit.

Le commercial recommande l’électrique aux gros rouleurs et y voit « un véritable avantage ». Son expérience tient toutefois à une condition très concrète : disposer, chaque soir, d’un endroit où laisser la voiture branchée jusqu’au départ du lendemain. Pour Renaud Blanc, la mobilité électrique ne commence pas sur la route, mais dans son garage.

 

Le second article, qui se base sur le témoignage fictif de Renaud, est deux crans en dessous du premier article. Lucia semble vouloir coller à tout prix au témoignage de son interlocuteur. Elle produit un texte qui s’approche plus du compte rendu de réunion que d’un article journalistique. Plusieurs éléments donnés pendant l’entretien passent à la trappe : la recharge à 2 euros, les 30% d’autonomie perdus l’hiver ou la pompe à chaleur. L’article affirme même que Renaud "n’a pas expliqué" comment il gère ses tournées hivernales, alors qu’il l’a fait. Les garde-fous et la relecture stricte pourraient expliquer en partie le style laconique. Pour ce second test, l’orchestration, de l’interview jusqu’à la rédaction, est correcte. En revanche, l’écriture pèche. Mais nous pourrions au fil de ses prochains articles lui faire des retours. Et c’est toute la promesse de Delos. Sur plusieurs sessions, Lucia serait capable de rédiger convenablement, en somme comme un junior apprenant le métier.

Au total, ces deux articles ont consommé 3 172 crédits, pour un coût estimé de 3,5 à 4 euros. C’est à la fois assez cher pour un agent IA (au vu du résultat) et comparativement très faible par rapport au salaire d’un véritable humain.

Un outil destiné aux profils non techniques

Alors, Delos est-il parfait ? Non. L’outil donne en revanche une très bonne idée des interactions homme-machine de demain et de l’ensemble des tâches automatisables par la machine. Aurions-nous pu reproduire un workflow éditorial de ce type avec un agent Hermes (l’agent open source de Nous Research) et des services additionnels ? Absolument. Mais, d’une part, cela nous aurait certainement pris plusieurs heures, si ce n’est plusieurs jours, pour établir un workflow de ce type en connectant l’ensemble des services tiers (machine virtuelle, mail privé, numéro dédié, etc.). D’autre part, Delos s’adresse non pas aux équipes techniques en capacité de déployer des workflows agentiques, mais bien aux entreprises qui souhaitent embaucher rapidement un agent fiable et l’onborder comme un humain en lui téléphonant, en lui envoyant des mails ou en lui écrivant.

Delos ne peut pas (encore ?) remplacer tous les travailleurs digitaux, et ce n’est pas son but. Mais il réussit parfaitement sa mission première : proposer un collaborateur virtuel autonome et proactif, avec le moins de friction possible. Monter des équipes entières d’agents, automatiser toute une partie de son business… Delos s’adresse autant aux petites entreprises qui souhaitent scaler rapidement qu’aux grandes entreprises qui souhaitent retrouver de l’agilité. Une réserve toutefois. Les agents demandent à être entraînés pour s'améliorer au fil de l'eau. Et comme tout se paie en crédits, il faudra surveiller de près les dépenses de vos agents pour éviter de laisser filer la facture…