Delos lève 10 millions d'euros pour faire entrer des employés 100% IA dans les entreprises

Delos lève 10 millions d'euros pour faire entrer des employés 100% IA dans les entreprises Delos développe des travailleurs virtuels autonomes et proactifs capables de travailler plusieurs mois sur des objectifs de long terme. Avec cette levée, elle va concrétiser son ambition d'expansion sur le marché américain.

Et si les travailleurs de demain étaient entièrement virtuels ? C’est la promesse de Delos, scale-up parisienne, pour qui le travailleur virtuel est désormais une réalité. L’entreprise développe des workers, des supertravailleurs humains, capables de remplacer sur les tâches digitales un travailleur humain. Elle annonce ce mercredi 16 septembre lever 10 millions d’euros, dans un tour de table mené par Bpifrance, C4 Ventures et Founders Future.

Des employés virtuels proactifs

Initialement fondée en 2023, l’entreprise proposait une plateforme collaborative d’entreprise permettant d’accéder aux différentes IA du marché. Il y a un an, en voyant le succès des premiers agents, ses équipes se sont mises à travailler sur des profils d’employés entièrement virtuels. Un processus de recherche et développement qui a abouti en mai dernier à la création de ce que Delos appelle des workers.

Un worker est un travailleur virtuel doté d’un numéro de téléphone, d’une mémoire unique, d’un ordinateur (virtualisé), d’une adresse mail… bref, équipé comme un véritable collaborateur de l’entreprise. “Les workers ont une mémoire qui leur permet d’être pertinent sur des mois voire des années. On embauche un worker en quelques minutes, mais derrière, on vient l’onboarder, le former. Ces workers apprennent et ils s’autoconfigurent en permanence”, nous détaille Pierre de la Grand’rive, cofondateur et CEO de Delos.

Et cette dernière caractéristique est justement sa force. Grâce à la configuration automatisée et auto-apprenante des workers, le paramétrage technique ne diffère que très peu de celui d’un collaborateur humain. “La configuration, c’est quelque chose de compliqué pour les entreprises. Là, il n’y a plus de configuration, il n’y a qu’à lui parler, à lui expliquer des choses. Et ensuite, il progresse en continu. Il affine ses skills, il se crée ses routines, il ajuste ses règles internes. Par exemple, un worker commercial chez nous, qui travaille depuis 4 mois, il sait comment réagir dans à peu près toutes les situations, parce qu’il les a déjà rencontrées”, ajoute le dirigeant.

Une fois en production, les workers investissent tout type de postes. “Ils vont travailler dans les grandes entreprises, dans les services achats, dans le contrôle de gestion, dans le back-office administratif, sur du support IT. On a également des workers qui occupent des postes d’ingénieurs, vraiment d’ingénieurs, où ils vont être capables de produire des rapports complexes, de mener des études d’appel d’offres, ce genre de choses”, avance le CEO. Certains solopreneurs travaillent ainsi avec Delos sur 5, 8 voire 10 workers qui composent une véritable équipe virtuelle.

Hypercroissance et visées américaines

Depuis son lancement, il y a quatre mois, l’entreprise a déjà déployé sa solution dans plus de 300 entreprises, dont plus d’une dizaine d’ETI et de grands groupes, et fait actuellement tourner 2 000 workers en continu. Un succès qui la fait littéralement décoller. Delos est passée de 2,5 à 5 millions d’euros de revenus récurrents en seulement trois mois. L’entreprise vise par ailleurs les 10 millions d’ARR d’ici la fin de l’année.

Le business model repose uniquement sur l’abonnement et la consommation de tokens. “Le système de crédit tokens permet d’unifier un peu tous les types de consommation de modèles parce qu’on a des modèles de voix, on a des modèles de texte, des modèles d’image, des modèles de vidéo”, détaille Pierre de la Grand’rive. Un worker peut-il coûter plus cher qu'un humain sur des tâches très complexes, vu sa consommation de tokens ? Le CEO reconnaît que certains sont très gourmands, notamment côté ingénierie, mais assure qu'ils restent compétitifs face aux travailleurs humains.

Les 10 millions levés serviront à assouvir les ambitions américaines de la scale-up. “Pour devenir un acteur mondial, à un moment, il faut avoir des succès aux Etats-Unis. Et on a réussi très récemment, pendant l’été, à ouvrir ce marché, décrocher des premiers clients, mais des vraies entreprises, des entreprises, des scale-up de tech qui ont plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de collaborateurs qui sont bassinés de Claude Code toute la journée et qui se disent là, il y a quelque chose de différent”, se félicite l’entrepreneur.

L’ambition est affichée : devenir dans l’année à venir un acteur de premier plan du paysage agentique européen… Et pourquoi pas également dans la robotique. Interrogé sur la possibilité de confier dans le futur des travaux dans le monde réel à des robots humanoïdes, Pierre de la Grand’rive confie déjà travailler sur le sujet de manière très expérimentale.