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Stéphanie Himoff (AltaVista France) : "Tous nos efforts ont porté sur la pertinence des résultats"
La nouvelle directrice générale France du moteur de recherche explique explique les enjeux stratégiques du marché français et détaille sa stratégie en matière technologique pour tenter de contrer Google.  (Mercredi 9 octobre 2002)
         

Face au roi Google, quelle est la place d'un moteur de recherche pionnier comme AltaVista, propriété du groupe américain CMGI ? Trois fois plus de recherches d'informations au quotidien sont aujourd'hui effectués sur Google (150 millions) par rapport à AltaVista (50 millions). La société mise sur les innovations technologiques qui pourraient apparaître après la nomination en juillet de Jan Pedersen (ex-Infoseek/Go et Verity) au poste de directeur R&D. De son coté, Stéphanie Himoff, 32 ans, a été nommée la semaine dernière directrice générale d'AltaVista France, tout en conservant parallèlement son poste de directeur en charge du développement commercial européen chez AltaVista International. Elle explique ses projets.

JDNet. Comment AltaVista peut-il se positionner par rapport au leader Google, et notamment en France?

Stephanie Himoff. Il est vrai que les six derniers mois ont été relativement calmes pour AltaVista France. Notre axe principal reste notre moteur de recherche. Nous reconnaissons que Google offre un produit très performant, arrivé sur le marché en 2000, au moment où AltaVista adoptait un nouveau positionnement de portail. Depuis, nous avons repris notre vocation première d'outil de recherche, qui date de 1995. Pour AltaVista, la France est un marché aussi important que l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie. Ces quatre pays représentent 85% des revenus européens d'AltaVista. Nous avons toujours deux grandes cibles : les internautes et les annonceurs. Au niveau monde, nous avons l'ambition de mieux répondre aux attentes des utilisateurs, qui sont liés aux pertinences des résultats. Nous avons mis au point des programmes technologiques dans ce sens dans notre centre de recherche à Palo Alto en Californie, comme le nouvel outil d'aide à la recherche AltaVista Prima*.

En savoir plus

Dans votre modèle économique, pourquoi n'avez-vous pas monté votre propre service de liens promotionnels, à l'instar de Google ?
Cette année, nous nous sommes focalisés sur une unique projet : l'amélioration de la pertinence de la base de données AltaVista. Les autres projets ont été réduits. En France, nous avons signé un partenariat autour des liens payants avec Espotting France. En dehors du sponsoring links, qui est une nouvelle ligne de business pour AltaVista France, nous avons cinq autres grandes catégories de sources de revenus. Historiquement, nous avons la publicité bien sûr. Nous ne vendons que des mots-clés à travers notre moteur de recherche. Nous montons également des partenariats e-commerce (le guide d'achat en ligne Kelkoo, Daooda pour la galerie marchande), qui reposent sur le partage des revenus en fonction des transactions effectuées. Nous regardons beaucoup les domaines liés à l'emploi, à l'immobiler et le voyage (avec Karavel). Nous avons lancé en avril notre programme de soumissions payant. En général, nous observons qu'en moyenne deux URL par site sont déposés. Mais nous nous refusons à garantir la position des sites dans la page de résultat. Tous les 45 jours, l'index est référencé. Le reste est liés aux contrats de licences de notre technologie de recherche sur Internet et de software à destination des entreprises (extranet, intranet). Je ne peux pas communiquer sur les résultats financiers d'AltaVista France. Tout ce que je peux dire, c'est qu'aucune ligne spécifique de business ne dépasse plus de 40% du chiffre d'affaires global [NDLR, sur le domaine du BtoB, AltaVista indique commercialiser ses brevets à plus d'un millier de sites de commerce électronique, portails et entreprises].

Parmi les innovations technologiques pour améliorer la recherche sur Internet, quelle est la place qu'AltaVista réserve au peer to peer ?
Nous n'avons pas encore communiqué officiellement sur le sujet du peer to peer. Tout ce que je peux dire, c'est que nous allons faire un point sur les six prochains mois en lien avec les innovations technologiques. La pertinence des résultats et la rapidité des informations fournies sont nos préoccupations principales. Pour cela, nous travaillons en profondeur sur des sujets comme les algorithmes, la croissance du World Wide Web et le spamming.

*Cet outil, présenté en avril dernier, permet d'affiner les résultats d'une recherche en proposant instantanément une liste de douze groupes de mots, expressions, noms et concepts les plus fortement associés au terme de départ, offrant ainsi la possibilité à l'internaute d'être guidé dans sa recherche.

[Philippe Guerrier, JDNet]
 
 
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