8 outils de création de bots sélectionnés par le JDN

Les Gafa proposent des frameworks pour intégrer des agents conversationnels à leur messagerie. De nombreux pure players les concurrencent. Quels sont leurs atouts de chacun ?

A moins que vous ne reveniez d’un long séjour en terre inconnue, vous n’avez pu passer à côté du phénomène des bots. Les agents conversationnels sont annoncés comme l’avenir de la relation client. Intégrés à une messagerie instantanée, ils se présentent sous la forme d'interfaces textuelles ou vocales qui accueillent le visiteur, l’informent ou le conseillent. Le tout de manière automatisée. Devant l’engouement suscité par ces agents virtuels, les technologies de création de bot ne cessent de se multiplier. Elles sont proposées aussi bien par des géants du cloud que par des pure players.

1. Messenger Platform de Facebook, le plus utilisé

En avril 2016, Mark Zuckerberg annonçait l'ouverture de Messenger Platform. Un framework permettant de créer des bots pour la messagerie instantanée de Facebook. Au sein de cette boîte à outils, les développeurs disposent d'un large choix d'éléments interactifs (menus, boutons, carrousel, géolocalisation, options contextuelles…) pour engager et enrichir la conversation.

Messenger Platform permet de créer des bots pour la messagerie de Facebook. © Capture JDN

Différents scenarii prédéfinis sont proposés, comme la prise de commande ou la réservation. Avec le rachat de wit.ai, Facebook s'engage aussi sur la voie du dialogue en langage naturel. wit.ai Bot Engine se rôde sur des exemples de conversations pour ensuite, en mode auto-apprentissage, s'attaquer aux subtilités linguistiques pour interpréter plus finement la demande client. 

Depuis la version 1.3 de Messenger Platform, les développeurs de bots ont accès à des statistiques fournies par Analytics for Apps, du nombre de bots ouverts au profil de l'utilisateur (âge, sexe, pays, centres d'intérêts). 

2. Le Bot Framework et l'écosystème Microsoft

Dévoilé en mars 2016, le Bot Framework de Microsoft (qui est actuellement en "Preview") comprend trois grandes briques. La première (le Bot Builder) est un kit de développement logiciel (SDK) open source hébergé sur GitHub et basé sur Node.js ou C#. La seconde (baptisée Bot Connector) permet, elle, d'appeler un bot dans un fil de conversation texte ou SMS, depuis la messagerie électronique d'Office 365 ou au cours d'une session chat de type Skype, Slack ou Facebook Messenger. Enfin, Bot Directory est une librairie publique qui recense les bots conçus à partir de l'infrastructure de Microsoft par d'autres développeurs.

Si le Bot Framework est gratuit, Microsoft propose de rendre le bot créé plus intelligent via des services cognitifs (sur Azure Bot Service). Ils recouvrent la compréhension du langage naturel avec LUIS, la reconnaissance vocale avec Cortana, ou encore la recherche avec Bing.

3. Amazon Lex, la reconnaissance vocale d'Alexa

Avec Alexa, son assistant vocal intelligent, Amazon a fait la démonstration de sa capacité à maîtriser les technologies de reconnaissance vocale. Des technos qu'Amazon Web Services (AWS) met aujourd'hui à la disposition des développeurs de bots pour concevoir des interfaces, texte et/ou voix. Baptisé Lex, son service cloud lancé fin novembre repose sur les mêmes techniques de deep learning qu'Alexa. En se basant sur quelques exemples de phrase, il va construire un modèle conversationnel. Lex fonctionne avec tout l'écosystème des services AWS et notamment Lambda (service de calcul "serverless"), Mobile hub (conception d'applications) et CloudWatch (surveillance réseau). Le bot créé peut être publié sur des applications web et mobiles, Facebook Messenger et, prochainement, Slack et Twilio.

Encore en version préliminaire, Lex est facturé en fonction de la consommation, à raison de 0,004 dollar par requête vocale et 0,00075 dollar par requête textuelle.

4. API.AI, des bots dans Google Assistant

Start-up californienne, API.AI a été rachetée par Google en septembre dernier. Centrée sur l'intelligence artificielle comme son nom l'indique, sa technologie s'appuie sur la reconnaissance vocale et la compréhension du langage naturel pour fluidifier la conversation. API.AI est désormais orienté vers Google Assistant, l'assistant personnel intelligent de Google. Pour autant, il propose un grand nombre de kits de développement logiciel (SDK) pour s'intégrer à de nombreuses plateformes web ou mobiles (Android, iOS).

Supportant 15 langues dont le français, API.AI propose des moteurs prédéfinis par secteur d'activité (la presse, les sports, les transports...) ou fonctionnalité (la météo, la réservation d'un vol...). Reposant sur un modèle freemium avant son rachat par Google, il est aujourd'hui complètement gratuit.

5. Botsify, un bot Messenger sans code

Botsify est un outil en ligne qui permet de créer un bot sur Facebook Messenger sans avoir la moindre notion de programmation. Il a été lancé en avril dernier quelques jours seulement après la conférence F8 du réseau social, qui donnait le top départ des bots sur Messenger. Un tutoriel en ligne guide l'utilisateur dans la personnalisation du bot et la cinématique des dialogues. Si Botsify peut répondre aux questions les plus courantes, il n'en reste pas moins limité et remplit plutôt des fonctions d'accueil. Quelques évolutions sont intervenues depuis un an comme l'affichage d'un menu persistant. Botsify donne la possibilité d'embarquer des fichiers audio, vidéo ou des documents en cours de chat.

Le service est gratuit jusqu'à mille sessions de chat par mois. Au-delà, il faut compter 30 dollars par mois pour avoir 5 000 sessions supplémentaires. Une formule avec un nombre d'utilisateurs et de bots illimité est commercialisée à 50 dollars par mois.

6. Chatfuel, gratuit avec un service premium

Chatfuel fait également partie des outils permettant de concevoir un bot sans écrire une seule ligne de code. Un assistant conversationnel qui pourra être installé aussi bien sur Telegram que Messenger. L'éditeur revendique la création de 360 000 chatbots basés sur sa technologie. Adidas, MTV ou Uber figurent parmi ses références. Chatfuel supporte 50 langues dont le français. Sur le principe du "what you see is what you get" (WYSIWYG), l'utilisateur est guidé visuellement dans la création de la logique de dialogue. Le moteur d'intelligence artificielle permet une reconnaissance sémantique des questions afin d'envoyer des réponses prédéfinies en retour. Réponses qu'il est possible de personnaliser. Via des systèmes de "blocs",

Chatfuel peut envoyer une URL, afficher une image, ou jouer une vidéo. Des plugins permettent aussi d'intégrer un moteur de recherche (Google, Bing), un formulaire, un module de paiement... L'offre est gratuite mais propose un service premium aux marques qui auraient un très grand nombre de conversations à gérer.

7. Botkit, la boîte à outils open source

Proposé par la start-up Howdy.ai, Botkit est un framework open source de création de bots. Il est plutôt populaire chez les développeurs puisque sa communauté compte 2 500 personnes.

Botkit est un framework open source conçu pour créer des bots - tel cet assistant pour Slack. © Capture JDN

A son lancement en décembre 2015, Botkit ne concernait que Slack. Depuis, il s'est étendu à Facebook Messenger, Cisco Spark, Twilio IP Messaging et Microsoft Bot Framework. Elément principal de cette boîte à outils, Botkit Studio permet de gérer de nombreux aspects du comportement d'un bot et notamment les chaînes de dialogue entre lui et l'utilisateur. Les scripts gérés dans l'environnement peuvent être modifiés sans toucher au code d'application sous-jacent.  Ce qui permet des mises à jour de contenu, des ajouts de fonctionnalités sans devoir écrire de code supplémentaire.

8. Init.ai, en route vers le langage naturel

Init.ai a pour ambition d'élever le niveau de discussion des bots souvent sommaire et mécanique. Défini sous forme de menu ou d'arborescence, le script d'un bot peut atteindre ses limites s'il tombe, par exemple, sur un mot d'argot ou mal orthographié. Cette start-up new-yorkaise apporte une brique d'intelligence artificielle pour rendre le dialogue plus fluide et éviter ce type de déconvenue. Basée sur l'apprentissage automatique, sa plateforme fournit les services nécessaires à la compréhension et la génération de texte en langage naturel. La solution doit être tout d'abord renseignée et alimentée en mots-clés, définitions et glossaires spécifiques.

Une fois entraînée, Init.ai peut répondre à des questions ouvertes et vagues en tenant compte du contexte et même – avance l'éditeur - prédire les messages suivants dans une conversation. ‎Encore en version bêta, Init.ai est pour l'instant gratuit.

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