Recast.ai : cette plateforme française de création de bots qui monte

Recast.ai : cette plateforme française de création de bots qui monte L'environnement de Bot as a Service revendique 20 000 développeurs utilisateurs. Ses secrets : un modèle freemium et la mutualisation des skills pour accélérer les projets.

Créé en septembre 2015, Recast.ai articule son offre autour d'une plateforme de bots en mode SaaS. L'environnement couvre les principales étapes d'un projet d'agent intelligent, de la modélisation du flux conversationnel au déploiement du bot en passant par son intégration aux messageries instantanées (Messenger, Skype, Slack...). Recast.ai a été fondé par trois jeunes diplômés de l'école 42 (Jasmine Anteunis, Julien Blancher et Paul Renvoisé) et un entrepreneur qui n'est autre que Patrick Joubert. Ce dernier, actuellement CEO de Recast, est connu pour avoir créé Beamap, un cabinet de conseil spécialiste du cloud acquis par Steria en 2014.

Sous le capot, la solution de Recast.ai s'adosse à un moteur maison d'analyse du langage (ou natural language processing). Sa particularité ? A l'instar d'autres technologies de bot, au premier rang desquelles celle de Salesforce, il repose sur une technique basée sur la détection d'intentions et d'entités nommées pour s'abstraire de la complexité des langues. "Grâce à ce procédé, les bots basés sur notre environnement seront nativement multilingues, et pourront interagir aussi bien en français que dans d'autres langues", souligne Jasmine Anteunis, cofondatrice et vice-présidente produit de Recast.ai.

50 000 bots mis en œuvre

Deux ans après la création de la start-up, le résultat est là : Recast.ai revendique plus de 50 000 bots mis en œuvre via sa plateforme par plus de 20 000 développeurs répartis sur les principales plaques géographiques. Fort de 2 millions d'euros levés depuis son lancement, l'entreprise parisienne qui compte 22 collaborateurs vient d'annoncer l'ouverture d'un premier bureau à l'étranger, à San Francisco aux Etats-Unis.

Recast.ai permet de modéliser graphiquement la logique conversationnelle du bot, en dessinant ses principaux scénarios (commande de produit, demande de support client…). © JDN / Capture

Cette réussite la société la doit notamment à un modèle freemium attractif. Dans sa version gratuite, l'offre donne accès à l'intégralité de l'application, jusqu'à l'hébergement de bots. Quant à la formule payante, elle introduit des garanties de performance et de niveau de service (SLA). "Ce dispositif permet de lancer un projet de bot rapidement et à moindres frais, puis en fonction de la montée en puissance et du volume de trafic, de bénéficier de SLA", analyse Jasmine Anteunis. Pour l'heure, une quinzaine de grands comptes ont souscrit à l'offre payante, dont Bouygues Telecom, EDF, Engie, Groupe Mutuel, Inter Mutuelles Assistance, SFR ou encore SNCF Transilien.

Bouygues Telecom, EDF, ENGIE ou encore SFR comme clients

Les bots mis en musique par Recast.ai sont variés. Il peut s'agir de bots BtoC, mais aussi BtoB, "centrés sur la réservation de salles de réunion, ou encore le support informatique ou RH".

Recast.ai cache une autre particularité : sa plateforme donne la possibilité de mutualiser et partager des skills via une galerie. Pour l'heure, l'environnement en référence une centaine dans des domaines variés : le suivi de colis, la commande et livraison de courses alimentaires, la demande d'informations météo, la recherche de billets de train, la réservation de salles de réunion... "Grâce à notre outil, un bot peut être développé par assemblage de composants de machine learning existants. Cela permet de gagner beaucoup de temps" insiste Jasmine Anteunis, et de préciser : "aujourd'hui, ces skills sont entièrement gratuits, mais nous réfléchissons à des moyens de les monétiser."

Côté back office, Recast.ai a bâti une API pour tirer parti d'applications tierces. "Si le bot ne comprend pas une question, il pourra se connecter à un système de support, comme Zendesk, Intercom ou Salesforce, et laisser un humain prendre le relai", complète Jasmine Anteunis. Sur ce terrain, Recast.ai répond également à des besoins d'intégration plus spécifique. A la demande des clients, ses équipes ont par exemple édifié des ponts vers les logiciels de gestion de la relation client d'Oracle (Oracle CRM) ou de Microsoft (Dynamics 365).

Une nouvelle levée de fonds ?

Pour la suite, la start-up planche sur une offre plus "packagée" à destination des télécoms. La solution en question se présentera sous la forme d'un configurateur de bots disposant d'une couche pré paramétrée d'IA orientée vers les problématiques de support client dans les telcos. Sa sortie en bêta est prévue en janvier prochain. "De quelques semaines (en se basant sur la plateforme actuelle ndlr), cette solution permettra de réduire le temps de développement d'un bot à quelques jours", explique Jasmine Anteunis.

"Aux  côtés d'une première offre  packagée orientée telcos, nous envisageons de commercialiser d'autres solutions verticales"

Le bureau récemment ouvert par Recast.ai à San Francisco aura justement pour but de positionner le nouveau produit aux Etats-Unis. "Courant 2018, nous envisageons aussi de commercialiser d'autres solutions verticales de création de bots, notamment pour la banque et l'énergie. Le secteur des transports viendra probablement ensuite", confie Jasmine Anteunis. La jeune pousse pourrait-elle lever de nouveau des fonds à court terme ? A cette question la vice-présidente produit préfère ne pas répondre. Force est de se demander cependant si Recast.ai, suite à son implantation outre-Atlantique, ne chercherait pas désormais à boucler un tour de table aux Etats-Unis… La start-up semble en tous cas avoir tous les atouts pour relever ce défi.

Hébergé par Station F, Recast.ai est membre du programme d'intelligence artificielle lancé par Microsoft au sein de l'incubateur de Xavier Niel. Après avoir hébergé sa technologie de "Bot as a Service" chez Kimsufi puis DigitalOcean, la société s'est orientée depuis 2016 vers le cloud de l'éditeur américain (lire le post de cette annonce). Sa solution est actuellement hébergée au sein des data centers d'Azure à Amsterdam. Mais Recast.ai prévoit d'ores et déjà d'œuvrer à l'extension de son offre vers les zones françaises du cloud américain dès qu'elles seront officiellement ouvertes - ce qui doit intervenir d'ici la fin de l'année.

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