On a testé Claude Cowork, l'IA capable de tout faire (ou presque)

On a testé Claude Cowork, l'IA capable de tout faire (ou presque) Claude Cowork réalise le fantasme qui était porté jusqu'à présent, sans réalité, par la majorité des éditeurs d'IA du marché : disposer d'un agent universel capable de réaliser n'importe quelle tâche ou presque.

L'agent IA capable de faire aussi bien vos courses que de rédiger un rapport financier ou de trier vos mails est là. Marketé depuis plusieurs années par les éditeurs d'IA comme une promesse lointaine, Anthropic le concrétise. Avec Cowork, la scale-up de San Francisco propose un agent universel utilisable pour la majorité des utilisateurs, sans configuration technique avancée. Le JDN a pu tester l'outil.

Un agent IA couteau suisse sur votre PC

Surpris par les usages détournés de Claude Code par une partie de la communauté des développeurs (rédaction de rapports, recherche avancée en ligne, génération de fichiers Excel...), les équipes d'Anthropic ont conçu une alternative à Claude Code pour mettre entre les mains des utilisateurs non-techniques les principales fonctionnalités de Claude Code, avec une interface graphique simple. Cowork se présente sous la forme d'une conversation où l'utilisateur peut demander à l'agent de réaliser des actions en arrière-plan.

Le système crée alors une machine virtuelle pour exécuter l'ensemble des actions inhérentes à la résolution de la tâche finale. L'agent raisonne étape par étape et utilise une multitude d'outils et de connecteurs pour parvenir à ses fins. Il fonctionne sur la même base technique que Claude Code. Plusieurs actions peuvent être lancées en parallèle pour optimiser encore davantage votre temps. L'outil est actuellement disponible pour les abonnés de l'offre Max de Claude (à partir de 100 dollars par mois) et Pro (20 dollars par mois), uniquement pour Claude Desktop sous macOS. C'est un investissement onéreux qui peut valoir la peine pour les utilisateurs exigeants qui comptent déléguer de nombreuses tâches à Claude Cowork.

Une interface dédiée à l’agent Cowork

Depuis la dernière mise à jour de Claude Desktop, Cowork arrive sous la forme d'une troisième interface dans Claude Desktop : il y a les chats classiques, une version GUI de Claude Code, et maintenant Cowork. Cowork a été développé par les équipes d'Anthropic comme une véritable expérience agentique. L'interface principale, le chat, permet d'envoyer les prompts comme dans une conversation classique avec Claude. En colonne de droite, plusieurs sections font leur apparition :

  •  Progress : qui permet de suivre où en est l'agent par rapport à son plan initial
  •  Artifacts : qui permet de visualiser en un coup d'œil les graphiques, codes éventuels et éléments visuels générés par l'IA pendant son cheminement
  • Context : les outils et les fichiers actuellement utilisés par l'IA
  • Suggested connectors : les connecteurs natifs ou tiers
L’interface de Claude Cowork. © Capture d’écran / JDN


Par défaut, Claude Cowork peut accéder à l'ensemble du disque dur, mais il est possible de cloisonner le répertoire d'accès pour éviter que l'IA n'agisse ou ne consulte des fichiers et dossiers non concernés par votre demande. Enfin, l'ensemble des sessions de travail se déroulent sur une machine virtuelle en arrière-plan, évitant ainsi la modification directe de votre système.

Le test du JDN

Pour tester les capacités de Cowork, nous l'avons soumis à 3 tâches avec différents niveaux de complexité.

1. Trier son bureau 

Nous avons commencé par le cas classique et très simple présenté par Anthropic : trier et ranger son bureau. Nous demandons donc à l'IA de trier les fichiers et dossiers du bureau et de supprimer les éléments inutiles. L'agent commence par lister l'ensemble des fichiers et dossiers présents, puis nous demande, via un formulaire dédié, quels sont les fichiers considérés comme inutiles. Nous lui indiquons nos préférences et l'agent IA continue. Le résultat final est parfait : un bureau trié sans encombrement.

Cowork questionne l’utilisateur sur ses préférences. © Capture d’écran / JDN

2. Trier des mails et proposer des réponses 

Autre cas d'usage, légèrement plus complexe : trier des mails et générer un brouillon de réponse. Nous avons ainsi demandé à Claude de consulter notre boîte Gmail et de répondre (sans envoyer la réponse) aux 10 derniers mails reçus. Là encore, Claude nous a questionnés sur les préférences de style à adopter. Une fois les critères envoyés, Claude se met à utiliser Chrome (via un widget dans le navigateur) et navigue de manière autonome sur notre boîte de réception en arrière-plan. Il est possible de voir en direct ce que fait Claude sur votre navigateur ou de minimiser la fenêtre pour le laisser opérer en arrière-plan. Le résultat final est très propre, avec des réponses adaptées et parfaitement calibrées pour chaque mail.
 

© Capture d’écran / JDN

3. Créer un rapport à partir d’un enregistrement vocal

Plus complexe et plus intéressant, nous demandons à Claude de créer un rapport complet à partir d'une réunion enregistrée vocalement, un fichier MP3. Comment l'IA va-t-elle procéder sans outil de transcription sous la main ? Claude commence par établir un plan et nous surprend. Il comprend qu'il doit transcrire le fichier audio avant de pouvoir l'utiliser pour créer son rapport. Pour ce faire, il découpe, en toute autonomie et sans que nous le lui ayons demandé, notre fichier de 56 minutes en 12 segments de 5 minutes et décide de les transcrire avec Whisper, avec la version Tiny pour aller vite, en local depuis notre machine. L'approche est intelligente. Une fois les 12 transcriptions effectuées, il les combine en un seul fichier qu'il utilise alors pour rédiger son rapport. Le rapport est ensuite rédigé en utilisant un skill d’Anthropic pour la rédaction de rapports Word.

Le raisonnement de Claude Cowork. © Capture d’écran / JDN

Le rapport final est d'une qualité surprenante et résume parfaitement les propos tenus pendant la réunion.Le format rapport est pleinement respecté et les informations sont très lisibles et directement exploitables. Le tout n'a pris que quelques minutes et aurait pu prendre plusieurs heures de rédaction pour un humain.

Le rapport final créé par Claude. © Capture d’écran / JDN

Un agent polyvalent adressé aux non-spécialistes

Claude Cowork est un agent IA véritablement polyvalent qui tient ses promesses. Anthropic livre un outil fonctionnel et accessible qui saura impressionner les utilisateurs non-techniques. L'effet "wahou" est bien au rendez-vous : voir l'IA trier son bureau, gérer ses mails ou créer un rapport complet à partir d'un enregistrement audio sans intervention humaine relève encore de la magie pour beaucoup. L’outil s'adresse au travailleur lambda cherchant à gagner en productivité au quotidien, sans avoir à gérer de configuration complexe. Les développeurs et profils techniques, eux, retrouveront les mêmes fonctionnalités et résultats avec Claude Code, plus adapté.

Le seul véritable bémol concerne la confidentialité des données. Toutes les informations personnelles présentes sur votre ordinateur (fichiers, mails, documents) sont transmises aux serveurs d'Anthropic pour permettre à l'agent de fonctionner. Cette architecture peut poser des problèmes de conformité et de sécurité selon votre secteur d'activité. Les entreprises soumises à des réglementations strictes (santé, finance, juridique) devront probablement s'abstenir, à moins qu'Anthropic ne propose à terme une version avec traitement des données en local ou sur infrastructure privée.