Avec les plugins dans Claude Cowork, Anthropic déploie des agents IA dans chaque service de l'entreprise
C'est la suite logique de la quête d'Anthropic pour automatiser les métiers à col blanc. La start-up de San Francisco a dévoilé ce 24 février une mise à jour majeure de Claude Cowork, sa plateforme agentique dédiée aux entreprises. Des marketplaces privées de plugins, de nouveaux agents spécialisés par métier et une première brique d'orchestration entre applications Office. L'ambition est de faire de Claude non plus un simple assistant conversationnel, mais une plateforme d'agents pour automatiser peu à peu l’ensemble des secteurs de l'entreprise.
Les plugins, pour créer des agents par métier
La principale nouveauté réside dans la possibilité de créer des plugins métier par métier. Les plugins sont, en réalité, des skills enrichis pensés pour l’automatisation des tâches sur ordinateur. Ils fonctionnent uniquement dans l’application Claude Desktop, sur Mac et Windows. Concrètement, un plugin combine des instructions spécifiques à un métier, des commandes prédéfinies sous forme de slashs, et des connecteurs MCP vers la majorité des plateformes de la digital workplace (Slack, Canva, Notion, Monday, Drive, Gmail… ). Les administrateurs des comptes entreprises peuvent ainsi les créer from scratch ou partir de templates, avec Claude qui guide la configuration étape par étape.
Anthropic lance, dans le même temps, une dizaine de plugins prêts à l'emploi, chacun conçu avec des employés du métier concerné.
- Le plugin RH couvre la rédaction d'offres d'emploi, la création de plans d'onboarding, les évaluations de performance et l'analyse de rémunérations.
- Celui dédié au design aide à produire des retours structurés sur des maquettes, rédiger les textes d'interface, vérifier l'accessibilité et organiser des sessions de tests utilisateurs.
- La finance est la verticale la plus fournie avec cinq plugins distincts : analyse financière, investment banking, equity research, private equity et wealth management.
Plusieurs cas métiers vont directement pouvoir être automatisés avec les plugins Cowork. Par exemple :
- Un responsable commercial peut demander à Cowork de préparer un brief avant un rendez-vous client en croisant les données CRM, les derniers échanges email dans Gmail et l'actualité récente de l'entreprise cible.
- Un chef de projet peut lancer une commande (/) pour transformer les notes d'une réunion Teams en compte-rendu structuré, puis dispatcher les actions dans Monday ou Asana, le tout automatiquement en totale autonomie.
- un gérant de boutique peut demander à Claude d'analyser ses ventes de la semaine dans son tableur Excel, d'identifier les produits en rupture et de rédiger automatiquement les commandes fournisseurs par email.
Orchestration entre Excel et PowerPoint et nouveaux connecteurs
Autre nouveauté, Claude peut désormais enchaîner des tâches entre Excel et PowerPoint en passant le contexte d'une application à l'autre. En clair, il devient possible de demander à Claude de réaliser une analyse dans un tableur Excel, puis de générer automatiquement la présentation PowerPoint correspondante, sans intervention manuelle entre les deux étapes.
Côté connecteurs, Anthropic étoffe par ailleurs son catalogue avec Google Workspace (Calendar, Drive, Gmail), Docusign, Apollo, Clay, Outreach, Similarweb, MSCI, LegalZoom, FactSet, WordPress et Harvey.
Sur la gouvernance, Anthropic ajoute le support d'OpenTelemetry pour permettre aux administrateurs de suivre en temps réel l'usage et les coûts des agents déployés. Il est, par ailleurs, maintenant possible de faire du provisioning par utilisateur, de l'auto-install de plugins et d'utiliser des repos GitHub comme source de plugins (en bêta privée).
Pricing
Les plugins et Cowork sont accessibles dès le plan Pro (20 euros par mois), mais c'est à partir des plans Team (25 euros par utilisateur et par mois) et Enterprise que les fonctionnalités de déploiement (provisioning, auto-install…) sont disponibles. Enfin, l'orchestration entre Excel et PowerPoint nécessite au minimum le plan Max (à partir de 100 euros par mois).
Si le marché n'a pas encore pleinement réagi à ce type d'annonce, la direction est claire. La promesse finale implicite est limpide : plus de valeur ajoutée par employé, ce qui signifie, à terme, moins d'employés pour un même niveau de production.