IA : une accélération des délégations et des transferts
Une vectorisation de ce à quoi nous renonçons, collégialement, progressivement, au fil du temps comme la grenouille dans sa marmite tiède...

Du point de vue des individus, l’IA s’inscrit dans une suite sans fin de délégations ... Jusqu'où irons-nous ?
L'individu a successivement connu la délégation (ou la captation) de ses recherches, de ses centres d’intérêts et de son temps d’attention mais aussi de ses relations sociales mais en restant en possible contrôle "relatif". Du moins, théoriquement.
Et le phénomène s’est intensifié avec les IA génératives en déléguant une partie de la création et de l’expression. Puis les agents IA, les IA agentiques et leur subtil empilement, nous ont fait entrer dans la zone de pleine délégation de l'analyse et de l'action de simple à complexe, nonobstant les exigences du RIA, qui ne sont véritablement protectrices qu’à compter d’un classement à haut risque, ce qui représente une proportion mineure pour la majorité des organismes. L’article 4 du RIA, dénominateur commun à tous les classements de SIA et socle minimum, ayant également fait l’objet d’un assouplissement de ses exigences le 08/07/2026 (règlement UE 2026/1744) via le digital omnibus.
Aujourd’hui se pose la question pour l’utilisateur de la délégation ultime du besoin et de la décision associée à ce besoin, cela commence à ressembler à l’IA Ubiquitaire à coup de lunettes et montres connectées et d’app "coach de vie" : management de la relation sociale, achats orientés, gestion de la santé, uniformisation de la pensée, etc. Les IA décident pour vous … ce qui est bien et bon pour vous ! Une situation qui fait monter un appel à la consécration d'un nouveau droit fondamental : celui de son intégrité cognitive et de pouvoir penser par soi-même.
Du point de vue des entreprises, l’IA s’inscrit dans une suite sans fin de transferts ... Que reste-t-il vraiment encore à transférer ? Après le transfert technologique et du savoir-faire par la délocalisation ou les contraintes d'entrée de marchés, est venu le temps du transfert massif des données avec le cloud et les suites logiciels, un phénomène s'accélérant avec l'avidité des entraînements de l'IA … une IA génératrice de transferts encore plus massifs.
Désormais, nous en sommes au transfert de l'intelligence de liaison des données et d'analyse de pertinence des résultats, c'est à dire du savoir "faire-faire" efficacement par l'IA : processus, piles d’agents, ajustement, arbitrage humain, du moins en cas d'adoption de solutions non souveraines.
Dans un monde de course à la pertinence d’IA (et non à la puissance ou à la performance), ce type de transfert c’est aussi de l’or qui peut passer inaperçu, c’est pourtant un capital de l’entreprise, un savoir-faire des collaborateurs qui part … de nouveau.
Alors pour la délégation, pourquoi ne pas retrouver de temps en temps le goût de l'effort, du temps passé et de l'imperfection ? Faire avec, mais aussi et surtout accepter de faire encore parfois sans ou autrement notamment par l’adoption de personae : en alter égo challengeant, en contre proposition, en opposition, en entonnoir, en miroir métier, etc. Et pour les transferts, la situation est à surveiller à défaut de se poser la véritable question d’adoption d’une offre souveraine.
Et comme le dit Asma Mhalla, politologue et essayiste inspirée par La Boétie : "Contrôlez avec ruse votre servitude".
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Une analyse de Olivier Klein, DPO et membre de l'AFCDP
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