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François Mariet (Start Up Avenue) : "Les éditeurs de presse ne savent pas utiliser Internet"
Le Web ne fait toujours pas bon ménage avec le papier, relève la première étude de "L'Observatoire des contenus numériques". --> (Jeudi 31 janvier 2002)
         
A peine 15% des 580 titres de presse créés en 2001 proposaient un site Internet, relève la première étude de "L'Observatoire des changements numériques", mis en place par la cellule conseil de l'incubateur Start Up Avenue. Quelle est la place de l'Internet dans l'évolution des titres de presse ? François Mariet, directing manager new medias de Start Up Avenue Conseil, fait le point.

JDNet. Sur les 580 publications apparues en 2001, quelle est la proportion d'entre elles qui ont lancé simultanément un site Internet ?

François Mariet. C'est assez limité. Le taux se situe entre 12 et 15 %. C'est faible et presque contradictoire par rapport à la popularité du sujet. On peut développer un versant Internet de plusieurs manières. Tout d'abord, les magazines incluent de plus en plus de rubriques Internet, ce qui n'était pas un réflexe auparavant. Au départ, on ne trouvait que des magazines pour les spécialistes. Son usage s'intègre davantage dans les activités traditionnelles et quotidiennes, d'où cette présence accentuée dans les pages des magazines. Deux cultures se sont développées autour du Net : une culture d'appartenance (les habitués/pionniers du Net) et une culture de référence (entrée dans la vie quotidienne d'utilisateurs lambda du Net). Cette évolution explique peut-être les difficultés que rencontrent actuellement les revues grand public dédiées au Web. Il n'y a plus vraiment besoin "d'évangélisation".

Comment expliquez-vous le fossé entre le lancement d'une publication et l'absence de sites web qui accompagnent la sortie en kiosque ?
Les éditeurs de presse ne savent pas utiliser Internet. Ce n'est pas ancré dans leur pratique courante et leur business plan. C'est surprenant de constater que, dans la conception d'un nouveau titre de presse, le business plan ne prévoit pas une présence sur Internet. Il existe une division technique du travail entre ceux qui travaillent sur le papier et ceux qui travaillent sur le Net. On ne pense pas à la symbiose. La solution la plus astucieuse serait de réfléchir au préalable à une articulation des contenus en mode multi-supports. Il ne faut se contenter de répliquer le contenu papier sur Internet. C'est vrai qu'il y a eu des expériences négatives dans le domaine de la presse en ligne, ce qui a peut-être donné à réfléchir aux autres éditeurs. Ils ont souvent mis l'accent sur le papier en ajoutant ensuite un versant Internet. Cette vision doit évoluer pour imaginer un développement et un travail en commun immédiat.

Certains médias électroniques font le chemin inverse : passer du web au papier (Chronicart.com, Zataz.com, LeVillage.org...). Comment expliquer le mouvement ?
La stratégie est encore assez rare. Je crois que ce mouvement est lié à une meilleure connaissance des consommateurs, qui est parfois lecteur papier parfois lecteur Web selon les moments de sa journée et ses centres d'intérêts. Le plus important n'est plus le média mais le contenu.

[Philippe Guerrier, JDNet]
 
 
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