Comment les fondateurs de Viv veulent ringardiser Alexa et Siri

Deux pointures de la reconnaissance vocale et de l'intelligence artificielle lancent un assistant virtuel impressionnant et espèrent en faire le standard de l'industrie des objets connectés.

Apple, Microsoft, Google ou encore Amazon… Les principaux géants de l'industrie tech sont lancés dans une course à la technologie de reconnaissance vocale la plus aboutie. L'enjeu : préfigurer l'expérience utilisateur de demain, dans un monde post-Web où l'on se connectera à Internet depuis toute une batterie d'objets connectés : écran de télévision, voiture ou outils de domotique. Mais tous pourraient bien se faire damer le pion par un duo qui, s'il est inconnu du grand public, a un CV plutôt fourni.

Dag Kittlaus et Adam Cheyer ont présenté à l'occasion de Disrupt NY, il y a quelques semaines, Viv, une intelligence artificielle dotée d'une fonctionnalité de reconnaissance vocale. Un outil que le duo a développé dans le secret depuis 2012… soit deux ans après avoir vendu Siri à Apple. Excusez-du peu.

Leur ambition ? Créer une version encore plus aboutie de leur premier bébé. Un bot capable de comprendre et gérer les requêtes les plus complexes. Viv est déjà capable de répondre à des questions comme : "Est-ce qu'il a plu à Seattle il y a trois jours ?" ou "Fera-t-il plus de 70 degrés Farenheit du côté du Golden Gate Bridge vers 17 heures après-demain ?", comme en attestait la démonstration de Dag Kittlaus.

Le service va jusqu'à vous commander votre Uber

Aussi, Viv se connecte en temps réel à de nombreux services e-marchands au sein desquels il est capable d'effectuer lui-même la transaction. Là où un Siri fera en sorte de vous diriger vers un service de réservation de restaurant comme OpenTable, Viv veut être capable d'effectuer l'opération jusqu'au bout du processus.

Vous êtes plus de cinq à vouloir monter dans un taxi ? Pas de soucis, Viv comprendra de lui-même que vous aurez besoin d'un van plutôt que d'une voiture classique et effectuera la réservation chez Uber. Et lorsque Dag Kittlaus demande à Viv d'"envoyer 20 dollars à Adam", l'assistant ouvre illico le compte Venmo de Dag Kittlaus et ordonne le virement au dit Adam.

Face à une audience captivée, Dag Kittlaus a aussi démontré que Viv était capable d'itérer les requêtes. Après lui avoir demandé de l'aider à acheter des fleurs, il l'a challengé en rajoutant "et pourquoi pas des tulipes ?". L'assistant n'a eu qu'à modifier la commande qui était en cours alors qu'un Siri aurai du reprendre le processus à zéro.

La technologie de Viv est bluffante à plusieurs titres. Là où un service comme x.ai concentre toute son intelligence sur une requête, la gestion des rendez-vous, Viv se veut à l'instar de ses prédécesseurs Siri et Alexa le plus exhaustif possible.

Viv génère ses propres programmes en temps réel

Surtout, Dag Kittlaus et Adam Cheyer ont mis au point un outil qu'ils baptisent "génération dynamique de programme" qui permet à Viv de mettre sur pied le service client demandé en temps réel là où les autres assistants virtuels doivent avoir toutes ces fonctionnalités inscrites dans leur code en dur.

"C'est un logiciel qui s'écrit lui-même", résumait alors Dag Kittlaus. Selon la nature des requêtes, Viv va aller piocher dans les services de la cinquantaine de partenaires qui se sont "ouverts" à son IA. Parmi eux : Uber, GrubHub, ZocDoc ou encore SeatGuru…

Alors qu'ils avaient accepté de vendre Siri à Apple, Dag Kittlaus et Adam Cheyer jurent vouloir rester "indépendants et agnostiques" et ambitionnent de faire de Viv l'assistant des télévisions, voitures et tout autre objet connecté de demain. Une ubiquité qui permettra à l'outil de devenir toujours plus pertinent, en cernant au mieux les centres d'intérêt de l'utilisateur et en lui apportant la réponse la plus adéquate sur la base de ses comportements passés sur mobile, à la maison ou encore depuis sa maison connectée.

Mais pour espérer "faire de l'intelligence un bien commun", le duo devra faire face à un écueil de taille : l'hégémonie du trio Apple, Amazon et Google. Tous trois espèrent profiter de leur puissance de feu et des millions d'appareils connectés qu'ils vendent pour imposer leur propre solution. Viv veut lui se démarquer par la puissance de son intelligence artificielle et une neutralité que n'auront pas ses concurrents.

 

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