Quand il s’agit de payer moins à la pompe, l’éthanol E85 et l’électrique tiennent le haut du pavé dans les discussions. On oublie souvent le gaz de pétrole liquéfié (GPL), alors qu’il fait partie des carburants les moins chers accessibles à tous. C’est pourtant lui que les Italiens ont largement adopté, alors qu’en France, il est resté dans l’ombre.
Le GPL circule depuis longtemps sur nos routes. On l’a longtemps vu comme un carburant de niche, boudé par les automobilistes. Pourtant, il gagne du terrain. Plus de 5 200 voitures neuves essence-GPL ont été immatriculées en septembre dernier, en hausse de 23% sur un an. Cette énergie progresse doucement mais sûrement, autour de 3% des ventes de voitures neuves.
Ce succès s’explique avant tout par son prix. Au 1er octobre 2026, un litre de GPL coûtait en moyenne 1,05 euro dans les stations françaises. Le sans-plomb SP95-E10 tutoyait 2,16 euros et le gazole dépassait les 2,38 euros selon le ministère de l’Economie. Seul le superéthanol E85 fait mieux, à 0,90 euro.
Selon nos estimations, réalisées avec Claude (modèle d'intelligence artificielle), rouler au GPL permet d'économiser près de 877 euros par an pour 15 000 kilomètres parcourus par rapport à l'essence SP95-E10. Un plein de 40 litres de GPL ne coûte que 42 euros, contre 87 euros pour l'essence. Cela représente quasiment 6 euros de gain tous les 100 kilomètres, de quoi faire des économies très concrètes sur l'année, même avec une consommation légèrement supérieure.
La raison de ce tarif bas est technique : le GPL est un sous-produit de l’industrie pétrolière et gazière. Il profite surtout d’une taxation très faible : à peine 6 centimes d’accise par litre, contre près de 68 centimes pour l’essence classique. Il pollue aussi moins : 10 à 18% de CO2 en moins qu’une voiture essence, presque pas de particules fines et la vignette Crit’Air 1.
Rouler au GPL ne coûte pas cher, mais encore faut-il trouver la bonne station. Le carburant est accessible dans près de 1 600 stations sur toute la France, soit une sur sept. C’est moins qu’en Italie, où près de 3 millions de véhicules roulent au GPL, desservis par plus de 4 400 stations.
Mais pour passer au GPL, ce n’est pas un simple changement de carburant. Il faut disposer d’une voiture compatible. Certaines marques, comme Dacia, proposent des modèles neufs dits bicarburation : ils possèdent à la fois un réservoir d’essence et un réservoir de GPL, ce qui permet d’alterner selon la disponibilité. Il est aussi possible de faire convertir sa voiture essence chez un installateur agréé, pour un coût allant de 1 500 à 3 500 euros.
Moins cher à la pompe, moins polluant que l’essence et disponible dans une station sur sept, le GPL est une vraie alternative à l’éthanol et mériterait d’être bien plus connu des automobilistes français.