"Comment désamorcer la bombe à retardement ?"Les entrepreneurs du G20Yea se réunissent à Moscou

Après cette journée, force est de constater que la France brille par ses idées, et nous pouvons être fiers de nos réalisations entrepreneuriales. Nous apprenons, nous expérimentons pour mieux transmettre et former les générations de futurs entrepreneurs.

C’est après une courte nuit que les membres de la délégation Française démarrent les sessions du G20Yea à Moscou. L’enthousiasme qui transpire de ce groupe de 400 entrepreneurs des pays du G20 est phénoménale.

Notre délégation composée d’un tiers de femme démontre l’élégance à la française grâce à une tenue magnifique de Smuggler. Tout au long de cette journée, notre coté chauvin français sera flatté par des idées disruptives qui seront prises en exemple par les différents intervenants.  

Le marathon démarre par un briefing orchestré par Jean Louis Gregoire. L’objectif est simple : « Ici Moscou : Les entrepreneurs parlent aux entrepreneurs. »

Dans un monde où seule la communication par l’image est une information, la première table ronde phosphore sur les meilleures méthodes qui permettent de remonter auprès de nos gouvernements respectifs les préconisations des entrepreneurs.

La volonté d’utiliser les services de nouvelle génération (réseaux sociaux, vidéo…) et l’utilisation des nouveaux médias en complément des habituels communiqués de presse, est sans aucun doute ce qu’il faudra retenir de cette session. Nous remarquons une initiative de notre sherpa national (Grégoire Sentilhes) qui présente un harlemshake efficace, moderne et humoristique comme axe complémentaire de communication.  La viralité est dans tous les esprits, une parfaite transition pour les sessions de travail des différentes délégations.


L’équipe de France des jeunes entrepreneurs est en mesure de proposer plus d’une vingtaine de solutions concrètes et efficaces pour transformer nos sociétés. Voici une liste non exhaustive :

  · Accès au numérique (très haut débit pour tous…)

· Intégrer l’entreprenariat au cœur de l’enseignement et donner plus de place à l’apprentissage

· Proposer l’intégration d’un entrepreneur au conseil d’administration des écoles et des universités

· Homogénéiser la fiscalité au niveau de l’Europe et non plus au niveau d’un pays

· Mettre en place un contrat de travail Européen. Plus de flexibilité pour créer plus d’emplois

· Faciliter l’accès aux financements (sans contrôle fiscal si possible…)

· Etendre le crédit impôt recherche au crédit impôt « export »

· Définir un indicateur des prévisions d’embauche des entreprises

· Facilité l’accompagnement des start-up par des coachs  

Sur ce dernier point, nous rappelons que 88% des entrepreneurs de sociétés accompagnées d’un coach survivent après 5 ans, alors que ce taux baisse à 50% pour celles qui ne sont pas accompagnées.

S’en suivent plusieurs tables rondes générant de nombreuses interactions. Les thématiques abordées sont :

· Accès aux financements

· Programme éducatif et autre écosystème permettant la création d’entreprises

· IT et écologie · Entreprises sociales pour business social

· Devenir global  

Malgré nos différences culturelles, j’ai plaisir de constater que nous réfléchissons de façon mondiale naturellement. Les frontières du numérique n’existent pas. C’est même la meilleure façon d’améliorer le développement de la démocratie dans le monde. Ce média encore tout neuf assure un accès à l’information, à la culture et l’interaction entre tous.

Mais l’emploi reste au cœur de nombreuses discussions. 85% des emplois net entre 2002 et 2010 ont été créés par des entreprises de moins de 5 ans…

Bruno Berthon (encore un français qui parle russe et parfaitement anglais), Directeur de la stratégie chez Accenture, nous fait un exposé dynamique, efficace et pleine d’auto dérision que nous pouvons résumer sous 5 axes :

· Tous les entrepreneurs sont des « ‘digital’ entrepreneurs »

· Les entrepreneurs innovants sont le catalyseur de la création d’emploi

· Les marchés émergeants sont autant de défis à relever, créateurs d’entreprises innovantes

· Les entrepreneurs sont prêts à plus collaborer avec les grandes entreprises

·  Les clusters de technologie inspirés de la Silicon Valley peuvent proposer un écosystème propice à la création d’entreprises à succès.

Accenture nous apprend qu’il y a plus de création de startup en France qu’en Allemagne, mais qu’au bout de 5 ans, les allemandes ont un meilleur taux de survie que les Françaises.

Nous terminons la journée par une conférence sur les méthodologies permettant de construire des écosystèmes globaux et innovants.

Pour tout vous dire, j’ai eu un peu de mal à suivre la présentation de nos amis russes et fut atterré par la présentation de Google qui n’a fait que de nous vendre sa soupe de produits que j’apprécie pourtant d’utiliser. Certes les initiatives d’incubateurs de Google peuvent retenir l’attention de quelques naïfs fatigués par plus de 8 heures de conférence non-stop, mais quelle maladresse.

Un peu plus tard, Ianin Klugman nous fera partager quelques initiatives intéressantes invitant les entrepreneurs du monde à venir au Canada. Pas de Visa, aide à l’embauche, pas de taxe… un pays motivé et motivant. Mais le clou de cette conférence revient à Bertin Nahum, français d’origine sénégalaise, patron de Medtech. Parti de rien, il s'est vu décerner la quatrième place dans le classement des « 10 entrepreneurs high-tech les plus révolutionnaires » dans une publication canadienne et ceci derrière Steve JobsMark Zuckerberg et James Cameron. ll nous raconte les difficultés qu’il a rencontré pour se faire financer, son obligation de vendre ses brevets pour continuer son aventure.

De quelle aventure s’agit-il allez-vous me demander ? Bertin Nahum a créer un robot dénommé Rosa qui soigne la maladie de Parkinson. La journée se termine sous un tonnerre d’applaudissement pour cette invention géniale illustrée par une vidéo comparant l’état d’un patient avant/après la mise en place des électrodes dans son cerveau par le robot Rosa. Juste Bluffant.

Après cette journée, force est de constater que la France brille par ses idées, et nous pouvons être fiers de nos réalisations entrepreneuriales. Nous apprenons, nous expérimentons pour mieux transmettre et former les générations de futurs entrepreneurs.

Mais je ne vous cache pas que j’étais parti dans un esprit de convaincre mes homologues des autres pays de venir en France pour créer ou développer leurs entreprises. Je dois avouer qu’après de nombreuses discussions liées à notre fiscalité évolutive et après avoir comparé les niveaux de charges les plus hauts selon l’OCDE, j’ai malheureusement du me résoudre à changer d’objectif. En effet, sans changement drastique des politiques initiées par notre gouvernement, je ne vois même pas comment faire pour garder nos propres entrepreneurs en France... Alors faire venir les créateurs d’emplois étrangers reste un doux rêve pour le moment. La vocation et l’amour de la France sont à ce jour les seuls – maigres - arguments dont nous disposons pour garder nos entrepreneurs et attirer les créateurs étrangers.

Je finirai cette chronique en reprenant la citation de Gregoire Sentilhes qui résume la prise de conscience nécessaire par tous les gouvernements du G20 et que chacun d’entre nous doit relayer : « Le taux de chômage des jeunes est une bombe à retardement, que ce soit pour les pays développés et les pays émergeants. Au 21e siècle, la création d’emplois ne viendra ni des grands groupes, ni des gouvernements mais principalement par les entrepreneurs qui représenteront 66% de la création d’emplois des pays de l’OCDE et 85% au niveau de l’Europe. »

A méditer...

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