Robots humanoïdes : que peut-on vraiment acheter aujourd'hui ?

Robots humanoïdes : que peut-on vraiment acheter aujourd'hui ? Pour un robot humanoïde, veuillez débourser entre 8 000 dollars et un million. La raison de ce grand écart ? Leurs capacités et leur rôle de destination. Panorama de l'offre existante, à destination du grand public ou des entreprises.

Les robots humanoïdes commencent à quitter les laboratoires. Certains modèles apparaissent désormais sur des sites de vente en ligne : le robot G1 du fabricant chinois Unitree peut par exemple être acheté pour moins de 15 000 euros, soit le prix d’une petite voiture d’occasion. Les investissements dans la robotique humanoïde se sont accélérés ces dernières années, avec plusieurs milliards de dollars levés par certaines start-up. Cette dynamique s’explique notamment par les progrès rapides de l’intelligence artificielle, en particulier des modèles capables d’interpréter des images et de comprendre le langage. Selon diverses estimations, entre quelques milliers et environ 15 000 robots humanoïdes auraient été vendus dans le monde en 2025. Un volume encore modeste, mais appelé à croître rapidement d’ici la fin de la décennie.

Mais malgré l’effervescence autour du secteur, très peu de ces machines sont réellement disponibles à l’achat. Les principaux clients restent aujourd’hui des entreprises, des universités et des centres de recherche. Le prix élevé des machines, ainsi que leurs capacités encore limitées dans des environnements domestiques, constituent des freins majeurs.

Quels robots sont déjà disponibles à l’achat ?

Historiquement, le premier robot humanoïde vendu à grande échelle est français. L’entreprise Aldebaran Robotics a commercialisé, dans les années 2010, près de 40 000 exemplaires de ses robots NAO et Pepper. Ces machines ont principalement été utilisées dans l’éducation, la recherche ou l’accueil du public. L’entreprise a toutefois été placée en liquidation judiciaire en 2024. Mais les robots NAO et Pepper restent disponibles à environ 8 000 euros et 20 000 euros, respectivement, désormais commercialisés par l'entreprise Maxtronics, constituée d'ancien salariés d'Aldebaran.

Une autre entreprise française, Pollen Robotics, commercialise un modèle humanoïde destiné à la recherche : Reachy. Ce robot open source est vendu autour de 70 000 dollars (environ 65 000 euros).

Du côté des modèles plus accessibles financièrement, plusieurs fabricants chinois tentent désormais de démocratiser la technologie. Unitree Robotics propose par exemple son G1 à partir de 13 500 dollars (environ 12 500 euros) sur son site officiel. Une autre start-up chinoise AgiBot commercialise également plusieurs humanoïdes, dont l’A2 Lite, avec des prix généralement compris entre 20 000 et 45 000 dollars (18 000 à 40 000 euros), selon les configurations.

D’autres entreprises, comme le chinois UBTech ou le britannique Engineered Arts, commercialisent également des robots humanoïdes destinés à la recherche, aux démonstrations ou à des usages dans les musées et les parcs à thème, à des prix proches de 100 000 dollars.

Combien coûte un robot humanoïde ?

Les prix varient fortement selon les usages et le niveau de sophistication des robots. Le marché des humanoïdes s’étend aujourd’hui de quelques milliers d’euros à près d’un million d’euros. Les modèles les plus accessibles sont généralement destinés à l’éducation ou à la recherche, avec des prix allant de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Plusieurs fabricants cherchent désormais à réduire les coûts, notamment en Chine, où certains modèles sont proposés pour 10 000 à 20 000 dollars (9 000 à 18 000 euros). A l’autre extrémité du marché, les robots humanoïdes destinés à la recherche avancée, comme Talos, développé par l’entreprise espagnole PAL Robotics, peuvent coûter près d’un million d’euros selon les équipements et les capteurs embarqués.

Les robots humanoïdes industriels actuellement testés dans les usines (comme Figure 02, Apollo ou encore Optimus) ne sont pas encore commercialisés. Plusieurs estimations du secteur situent toutefois leur prix potentiel entre 50 000 et 150 000 dollars (45 000 à 140 000 euros) lorsque leur production sera lancée à grande échelle.

On peut ainsi distinguer trois grandes catégories de robots humanoïdes : les robots éducatifs vendus à quelques milliers d’euros, les plateformes de recherche autour de 10 000 à 70 000 dollars (9 000 à 65 000 euros), et les robots industriels encore en phase de test, pouvant dépasser la centaine de milliers d’euros. L’écart de prix reflète la maturité très inégale du secteur : entre robots éducatifs relativement simples et machines industrielles extrêmement complexes, la robotique humanoïde couvre aujourd’hui un spectre technologique très large.

Quels robots seront bientôt commercialisés ?

Si certains robots sont déjà disponibles, les humanoïdes les plus avancés restent donc encore en phase de test. Dans un premier temps, ces machines sont surtout déployées dans l’industrie. Plusieurs entreprises expérimentent actuellement des robots humanoïdes dans des usines et des entrepôts, afin d’automatiser certaines tâches répétitives.

Le robot Figure 02, développé par la start-up américaine Figure AI, est par exemple testé dans les usines du constructeur automobile BMW aux Etats-Unis. Le robot Apollo, conçu par Apptronik, est quant à lui expérimenté dans certaines usines du groupe Mercedes-Benz. De son côté, le robot Digit, développé par Agility Robotics, a été utilisé dans des entrepôts logistiques appartenant à Amazon et GXO Logistics.

Tesla expérimente également son robot Optimus dans ses propres sites de production. En Chine, d’autres modèles comme Walker S du fabricant UBTech Robotics ou GR-1 de Fourier Intelligence font également l’objet de tests industriels.

Pour l’instant, ces robots exécutent surtout des tâches relativement simples, comme transporter des pièces, déplacer des bacs ou approvisionner des postes de travail. Au total, seuls quelques milliers de robots humanoïdes sont aujourd’hui déployés dans l’industrie. Mais la tendance devrait s’accélérer dans les prochaines années.

Le groupe Hyundai Motor Group a par exemple annoncé vouloir déployer jusqu’à 30 000 robots de Boston Dynamics, notamment l’humanoïde Atlas, dans ses usines d’ici la fin de la décennie.

Que savent faire les robots humanoïdes aujourd’hui ?

Pour entrer dans les foyers, les robots humanoïdes devront encore franchir plusieurs étapes. Aujourd’hui, ils commencent à faire leurs preuves dans des environnements relativement contrôlés, comme les usines ou les entrepôts. Infatigables et précis, ils peuvent y effectuer certaines tâches répétitives avec efficacité, notamment transporter des charges ou manipuler des objets.

On trouve également des applications dans le commerce ou l’événementiel. Certains robots peuvent accueillir le public, servir de guides ou participer à des démonstrations spectaculaires, comme celles réalisées par les robots d’Unitree.

En revanche, ces machines rencontrent davantage de difficultés dans des environnements ouverts et imprévisibles. Certaines démonstrations montrent déjà des robots capables de plier du linge, vider un lave-vaisselle ou nettoyer une pièce. Mais cela reste très expérimental.

L’un des principaux obstacles demeure la quantité de données nécessaires pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle qui pilotent ces robots. Pour naviguer dans un environnement domestique, voire dans la rue, un robot doit être capable d’identifier un très grand nombre d’objets et de s’adapter à des situations en constante évolution.

Au rythme où progressent l’intelligence artificielle et la robotique, on pourrait toutefois voir les humanoïdes intégrer massivement les entreprises et les foyers au cours de la prochaine décennie.