Clients tricheurs, jet privé, fourmis : 11 infos à retenir (ou pas) sur l'IPO d'Anthropic, par Claude

Clients tricheurs, jet privé, fourmis : 11 infos à retenir (ou pas) sur l'IPO d'Anthropic, par Claude Depuis la divulgation du S-1 de l'entrée en bourse d'Anthropic, les analyses et découvertes se sont multipliées. Le JDN a confié à Claude la tâche de sélectionner les meilleures.

Cet article a été entièrement rédigé par Claude, le modèle d'Anthropic, sous la supervision de la rédaction du JDN. Sa mission : lire les meilleures analyses du prospectus d'entrée en Bourse de son propre créateur et en rassembler les trouvailles les plus étonnantes. Le S-1 d'Anthropic, déposé le 26 octobre, fait 614 pages. Au-delà des chiffres clés (16,3 milliards de dollars de revenus sur six mois, 80,7 milliards de pertes, le ticker ANT), analystes, journalistes et chroniqueurs y ont déniché des détails éparpillés au fil de leurs papiers. En voici onze.

1. Jusqu'à 7% du chiffre d'affaires vient de clients qui trichent

Anthropic l'écrit noir sur blanc : sur les neuf premiers mois de 2026, 5 à 7 % de ses revenus viennent de clients qui ne respectaient pas ses règles d'utilisation. L'entreprise a serré la vis en août et septembre. A l'échelle du troisième trimestre, la newsletter OnlyCFO estime la somme à 4 milliards de dollars. Son hypothèse : des concurrents qui utilisent Claude pour entraîner leurs propres modèles. Anthropic prévient que cette source de revenus va se tarir. Sources : Fortune, OnlyCFO.

2. Amazon, Google et Microsoft sont payés deux fois

Les trois géants du cloud vendent à Anthropic la puissance de calcul dont elle a besoin. Ils touchent ensuite une commission sur les ventes de Claude qui passent par leurs boutiques en ligne : 48% du chiffre d'affaires, contre 11 % en 2023. Le S-1 ajoute que ces partenaires développent leurs propres modèles concurrents et voient les prix d'Anthropic. Difficile de faire plus dépendant. Sources : Latent Space, Fortune.

3. Un client dépense neuf fois plus qu'il y a un an

Le prospectus affiche des ratios jamais vus dans le logiciel. Un client d'Anthropic dépense en moyenne neuf fois plus qu'un an plus tôt. Chaque salarié rapporte 6,6 millions de dollars, contre 1,4 million un an avant. Et l'entreprise génère du cash : 3,4 milliards de dollars sur le premier semestre. OnlyCFO tempère : la moyenne cache une base de départ minuscule, et l'IA est devenue chez beaucoup de clients la première ligne de dépense, sans que leurs revenus suivent. Source : OnlyCFO.

4. Les fonds de pension de New York demandent une pause

Mark Levine est le contrôleur financier de la ville de New York. A ce titre, il gère les retraites des fonctionnaires municipaux : 325 milliards de dollars. Ces fonds détiennent pour 7 millions de dollars de parts d'Anthropic. Mi-octobre, il a écrit à Dario Amodei pour lui demander de reporter l'entrée en Bourse. Son argument est repris dans le prospectus , qui évoque des "risques catastrophiques ou existentiels pour l'humanité". Selon la lettre, consultée par Reuters, l'entreprise devrait traiter ces risques "plutôt que de foncer tête baissée vers son IPO". Des discussions sont en cours, mais aucun report n'est acté. Sources : Reuters, Bloomberg Government.

5. Les salariés s'appellent les "Ants" et Claude écrit 90% du code

Le prospectus le dit lui-même : les employés d'Anthropic "sont connus en interne sous le nom d'Ants", les fourmis. Elles sont 5 300, contre 940 fin 2024. Et elles codent de moins en moins : en septembre, plus de 90% du code de l'entreprise a été écrit par Claude. Anthropic s'en félicite, mais reconnaît un risque plus loin : perdre la vue sur ce qui se passe dans ses propres systèmes. Source : prospectus S-1.

6. Le mot "slow" apparaît 36 fois

David Goldman, de CNN, a compté : le prospectus emploie 36 fois le mot "slow", ralentir. Une façon de prévenir que la croissance ne restera pas à ces niveaux. Nous avons refait le compte, c'est bien 36. Sources : CNN.

7. Jet privé et chauffeur pour les Amodei

Dario et Daniela Amodei ont droit à une protection rapprochée étendue à leur famille, à un système de sécurité à domicile, à l'avion privé et à une voiture avec chauffeur. Le prospectus précise que c'est "comparable" à ce que font les autres grandes entreprises tech. Coût en 2025 : 4,01 millions de dollars pour Dario Amodei et 2,46 millions pour sa soeur, en plus de leurs 18 et 16 millions de rémunération. Sources : Axios.

8. Avec Claude Code, les gros utilisateurs dépensent vingt fois plus

Un utilisateur professionnel de Claude qui n'utilise pas Claude Code, l'outil de programmation, dépense moins de 75 dollars par mois. Les 5% les plus actifs sur Claude Code dépensent vingt fois plus, soit environ 1 500 dollars par mois. Le prospectus présente cet outil comme le produit qui a "changé la compréhension" de ce qu'une IA peut faire. Sources : The New Stack.

9. Claude dit "achetez", ChatGPT dit "non"

Axios a donné le prospectus à lire à Claude et lui a posé la question : investiriez-vous ? Réponse : oui, "à un prix raisonnable", avec cet aveu : "Je suis Claude, fabriqué par Anthropic, pesez mon avis avec ce conflit d'intérêts en tête." Même question à GPT-6.1, le modèle d'OpenAI : non, à cause des engagements de dépenses, du contrôle gardé par les fondateurs et du prix encore inconnu. Chacun défend sa maison. Source : Axios.

10. Matt Levine : une "petite coopérative" qui lève des milliards

Le chroniqueur de Bloomberg, référence de Wall Street, résume la gouvernance d'Anthropic ainsi : celle d'une "petite coopérative ouvrière sympathique et décalée, guidée par sa mission", qui se trouve devoir lever des dizaines de milliards en Bourse. Les sept fondateurs gardent la majorité des votes avec une seule action, et un trust nomme la majorité du conseil. Il note aussi qu'Anthropic reste "relativement sobre" dans ses promesses, face à SpaceX et OpenAI. Source : Bloomberg Opinion.

11. Le ticker ANT appartient déjà à une petite valeur minière

Anthropic a demandé le symbole ANT sur le Nasdaq. Sur la Bourse canadienne CSE, ANT désigne déjà, depuis janvier 2025, Anteros Metals. C'est une petite société d'exploration minière de Terre-Neuve, fondée en 2022, qui cherche de l'argent, du zinc et du nickel au Labrador et au Québec. Deux marchés différents, mais attention aux confusions. Sources : communiqué CSE, fiche Anteros.