Algorithmia, la plus grande place de marché d'algorithmes indépendante

Algorithmia, la plus grande place de marché d'algorithmes indépendante Depuis quatre ans, la start-up américaine propose à la communauté des data scientists de partager leurs modèles de machine learning et d'intelligence artificielle. Elle compte plus de 5 000 algorithmes.

Pourquoi investir du temps et de l'argent dans le développement d'algorithmes d'intelligence artificielle quand nombre d'entre eux existent déjà ? Partant de ce postulat, de nombreuses places de marché d'algorithmes ont essaimé ces dernières années dont Quantiacs, PrecisionMapper ou encore Algorithms.io. De par son antériorité et la richesse de sa bibliothèque, Algorithmia domine de la tête et des mains ce créneau. Fondé en décembre 2013, ce site propose plus de 5 000 algorithmes et revendique 60 000 utilisateurs.

Analyse sémantique, traduction automatique, reconnaissance de formes, analyse de sentiments… Sur Algorithmia, on trouve une grande variété de modèles d'intelligence artificielle et de machine learning issus notamment du monde académique. Le MIT comme les universités d'Austin, Berkeley,  Tokyo, Toronto et Washington figurent parmi ses contributeurs les plus célèbres. 

Les deux fondateurs d'Algorithmia se sont connus sur les bancs de l'université Carnegie Mellon où ils ont été très tôt immergés dans l'univers de l'IA. Doté d'un master en business intelligence, Diego Oppenheimer, le PDG de la société, a travaillé sur les produits de data analytics de Microsoft (Excel, SQL Server, PowerPivot et Power BI). Kenny Daniel, le directeur technique, a, lui, fait sa thèse de doctorat sur l'IA avant de développer des algorithmes pour des applications de reconnaissance d'images.

Google investit dans la plateforme…

L'idée d'Algorithmia est née d'une frustration que Diego Oppenheimer détaille dans un billet de blog "fondateur". Historiquement, les spécialistes de la data intelligence travaillent chacun dans leur coin à la conception d'algorithmes sans partager leurs connaissances. Partant de ce constat, Algorithmia propose un espace communautaire où venir piocher des algorithmes mis à disposition par d'autres. Via une API, la plateforme permet de les tester et les exécuter directement dans une application en développement. Nul besoin de s'enquérir des droits associés ni de l'environnement d'exécution (bibliothèques, compilateurs). La plateforme convertit le code dans le langage de programmation cible : Go, Java, JavaScript, Python, R, Ruby, Rust, Scala...

Une promesse qui a séduit les développeurs mais aussi les investisseurs. En août 2014, Algorithmia levait 2,4 millions de dollars auprès de Madrona Venture et de quatre autres fonds. En juin 2017, la start-up américaine remettait le couvert en levant cette fois 10,5 millions de dollars auprès de ses investisseurs historiques mais aussi du nouveau fonds de Google dédié à l'intelligence artificielle. Pas mal pour une entreprise qui, entre ses sites de Seattle et Washington et sa représentation commerciale, compte une trentaine de collaborateurs.

L'entrée de Google au capital a aiguisé les rumeurs de rachat. Selon une interview donnée par Diego Oppenheimer à Forbes, Algorithmia a effectivement reçu "de nombreuses offres d'acquisition" mais pas de Google. Le PDG précise, par ailleurs, qu'il entend poursuivre le développement de la société. Algorithmia revendique des clients dans une centaine de pays, dont la France. En revanche, elle ne communique pas sur ses références. On sait seulement que des agences gouvernementales américaines utilisent le service.

…tout en rachetant son principal concurrent

Le modèle économique d'Algorithmia ? La plateforme tarife son offre en fonction de la durée d'utilisation des algorithmes (10 000 secondes de temps de calcul est facturé 1 dollar). A cela peut s'ajouter une redevance réclamée par le concepteur de l'algorithme. Algorithmia propose deux modes d'hébergement, au sein de son infrastructure ou sur un environnement tiers. Dans ce second cas, il peut s'agir d'un serveur installé chez l'utilisateur (on-premise), ou encore d'un cloud privé ou public. Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud Platform… Algorithmia se dit agnostique quant au choix du fournisseur de cloud public.

En vue de professionnaliser son offre, Algorithmia a lancé, en novembre dernier, AI Layer. Dans une approche DevOps, cette environnement logiciel permet aux entreprises d'automatiser le déploiement de modèles d'intelligence artificielle et de machine learning dans le langage de leur choix et de se constituer un portfolio.

Aux côtés de Quantopian ou Quantiacs, Algorithmia est également concurrencé par les places de marché des grands offreurs de cloud public. Microsoft Azure propose par exemple des services cognitifs clés en main sur sa marketplace. Même s'il se positionne différemment, le compétiteur le plus sérieux d'Algorithmia n'est autre que Kaggle depuis son rachat par Google en mars 2017. Fondée en 2010, cette jeune pousse d'origine australienne se présente comme la plus grande communauté au monde de data scientists. Plus de 800 000 experts de la donnée utiliseraient sa plateforme pour explorer, tester les dernières évolutions liées au machine learning. Kaggle est surtout connu pour les compétitions qu'elle organise permettant aux entreprises d'évaluer les performances des développeurs, notamment dans une optique de recrutement.

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