La diversité, angle mort de l’intelligence artificielle ?

L’IA fait couler beaucoup d’encre tant du côté de ses partisans que de ses contempteurs. Devenue déjà une réalité dans de nombreuses applications, elle est tout autant une source de fantasmes et de peurs.

Début décembre a été lancée à Montréal une initiative intéressante, qui n’a pas trouvé en France l’écho mérité. "La Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle" – son titre complet – est une charte qui a vocation à encadrer la recherche autour des développements et usages de l’IA.

Sans surprise, la Déclaration de Montréal traite de sujets tels que la protection de la vie privée ou encore les risques que peuvent faire peser l’IA sur les processus démocratiques. Cette déclaration a surtout le mérite de mettre l’accent sur des zones moins balisées – voire de véritables angles morts – du débat autour de l’IA. 

Un de ces angles morts est le thème de la diversité. La déclaration souligne en effet que "le développement et l’utilisation de l’IA doivent être compatibles avec le maintien de la diversité sociale et culturelle et ne doivent pas restreindre l’éventail des choix de vie et des expériences personnelles".

C’est un sujet essentiel à l’heure où l’on ressent, à travers l’impact des modes de fonctionnement de certains réseaux sociaux, une tendance à l’enfermement des individus dans une bulle et un risque d’uniformisation de la société par la normalisation des comportements et des opinions.

En fixant les identités personnelles par le traitement des données de leurs activités passées, certains algorithmes peuvent réduire les options voire renforcer des préjugés liés aux différences sociales, sexuelles, ethniques, culturelles ou religieuses.

Ces risques existent, il ne faut ni les nier ni les surestimer. L’IA peut être une chance pour la diversité à condition de l’intégrer dès le départ comme un principe essentiel. Les bénéfices de l’intelligence artificielle seront d’autant plus grands qu’ils seront adaptés à la spécificité des contextes culturels locaux. 

A ce titre, l’exemple des chatbots (ou assistants vocaux) – qui connaissent actuellement un développement exponentiel – offre une perspective plus rassurante. Car chacun peut le ressentir à titre individuel : la pertinence de ces outils n’existe que lorsque les réponses sont linguistiquement ou culturellement adaptées. 

La Déclaration de Montréal nous donne une boussole éthique et des perspectives claires. Il nous incombe désormais de nous assurer que le déploiement de l’intelligence artificielle dans notre vie quotidienne se fasse dans le respect de la diversité et des libertés humaines fondamentales.

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