Dans le resto-robot Eatsa, la pause-déjeuner du futur

Dans le resto-robot Eatsa, la pause-déjeuner du futur A New York se trouve un restaurant d'où ont disparu les cuistots et les serveurs, au profit d'une expérience 100% digitale (et néanmoins végétarienne). Visite guidée.

Le scénario se reproduit tous les jours : il est 13 heures et toute la ville semble s'être donné rendez-vous dans la sandwicherie au bas de vos bureaux. Adieu la pause-déjeuner emballée en 10 minutes, le boui-boui est déjà en surchauffe et peine à satisfaire la demande. Deux entrepreneurs californiens se sont saisi du problème et l'ont aplati à grands coups de digital. Leur concept de robot-restaurant, rodé à San Francisco depuis un an, a ouvert à Manhattan en décembre. Et l'expérience est bluffante.

Première surprise dès l'entrée : Eatsa ne ressemble absolument pas à un restaurant. Quelques tables certes, mais ni comptoir, ni cuisine, ni serveurs, ni caisse. Une rangée de tablettes montées sur des bornes invite les visiteurs à passer commande. Tous seuls.

Les bornes de commande sont disposées le long du mur © F.Fauconnier / JDN

Avant toute chose, l'utilisateur doit faire glisser sa carte bancaire dans le lecteur à droite de l'écran. Il est identifié et ses informations de paiement enregistrées. Il choisit ensuite une assiette parmi les huit qui sont proposées : des compositions végétariennes d'inspiration thaï, mexicaine, japonaise ou encore proche-orientale, sur une base de quinoa. Pour chacune, il est possible d'afficher les informations nutritionnelles correspondantes (calories, protéines, graisses, graisses saturées, sodium, fibres, sucre…), mais aussi de modifier ou supprimer un par un chacun des éléments du "bowl" : encore une facilité apportée par le digital. On peut également concevoir son assiette soi-même à partir d'une liste d'ingrédients. Quel que soit l'assortiment choisi, le bol est vendu 7,57 dollars et le nombre de calories reste aussi contrôlé que le prix.

Chaque assiette est personnalisable © F.Fauconnier / JDN

Direction les accompagnements, puis les boissons, avant de passer au check-out. Et comme tout a été pensé, l'interface permet aussi d'afficher son historique de commandes pour choisir en un clic le même repas qu'il y a quinze jours. On ajoute éventuellement l'achat d'un sac en papier, on renseigne un code promo, et on valide l'achat. La carte de paiement a déjà été passée, il n'y a plus qu'à valider la commande. Pas de ticket de caisse en papier, le reçu est envoyé à l'adresse mail que vous mentionnez à cette dernière étape.

On se dirige alors vers le fond de la boutique, où un mur de casiers délivre les repas les uns après les autres. Il est surplombé d'un écran affichant les prénoms des acheteurs dont la commande est en cours. Derrière, une équipe de trois cuistots (seulement !) s'active pour préparer les commandes. Le restaurant a beau tourner à plein régime, les prénoms défilent à toute vitesse, jusqu'à se voir attribuer un numéro de casier.

Au dessus des casiers, un écran affiche les commandes en cours © F.Fauconnier / JDN

Montre en main, notre "hummus & falafel bowl sans citronnelle ni roquette avec kale et quinoa sauté" est prêt en moins de 2 minutes et se matérialise subitement dans le casier. Car pour accroître l'impression de tour de magie, quitte à déshumaniser l'expérience encore davantage, la lumière du casier s'éteint et la vitre devient opaque lorsque de l'autre côté, un cuistot y dépose la commande.

Une fois le repas déposé dans le casier, le nom de l'acheteur s'affiche sur la vitre © F.Fauconnier / JDN

Une fois réactivée, la vitre affiche le prénom de l'acheteur et l'instruction : "frappez deux coups". Le volet s'ouvre, vous pouvez vous emparer de votre repas. L'étiquette en papier qui entoure votre assiette indique votre nom et récapitule les spécificités de votre commande. Il n'y a plus qu'à prendre des couverts et vous installer sur l'une des tables ou repartir aussi sec. Est-il possible d'accélérer encore le mouvement ? Et bien oui ! En passant commande via l'application mobile, on choisit l'heure de retrait par créneaux de… cinq minutes.

Une étiquette personnalisée a été apposée au bol © s'affiche

A l'arrivée, le débit d'Eatsa est impressionnant. Les clients ne s'y trompent pas et font grossir sans crainte la queue à l'entrée du restaurant. Certes, on pourra objecter à l'expérience que les contacts humains sont limités : seuls trois salariés aux couleurs de l'enseigne sont présents, pour assister les acheteurs dans leurs commandes, débarrasser les tables et veiller à la bonne utilisation des casiers. Mais les hordes de travailleurs pressés qui envahissent chaque jour les traiteurs et saladeries de quartier restent-elles vraiment plus longtemps à papoter avec les employés ? A priori pas plus à New York qu'à San Francisco, où le premier Eatsa a ouvert en bas du siège de Salesforce. Reste la question de l'emploi, puisque les cuistots eux-mêmes risquent d'être bientôt remplacés… par des robots.

Sur Madison Avenue, à deux pas de Grand Central, Eatsa ne désemplit pas © F.Fauconnier / JDN

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