Comme le bruit des scooters, le ballet des bus et des tramways, un autre son rythme la vie des centres-villes : les klaxons de voitures. Mais attention de ne pas trop jouer de l'avertisseur.
En faire un "usage abusif", aux yeux de l'article R416-1 du Code de la route, peut mener à une contravention de deuxième classe. Le conducteur risque ainsi une amende forfaitaire de 35 euros, majorée à 75 euros et pouvant monter jusqu'à 150 euros maximum. C'est ce qui est arrivé en 2018 : une automobiliste raconte dans la presse avoir écopé d'une amende de 35 euros après avoir fêté au klaxon la victoire des Bleus en Coupe du Monde.
Quelques mois plus tôt, c'est un autre conducteur, pris d'une envie de saluer quatre agents de police, a donné deux petits coups de klaxon. Pour ce geste, il a reçu une amende, raconte-t-il sur les réseaux sociaux. Quand est-ce qu'un klaxon est considéré comme légitime ou abusif ?
Aux yeux du Code de la route, il y a deux situations distinctes à prendre en compte : lorsque l'on klaxonne en agglomération et hors agglomération. En agglomération, c'est simple, il est strictement interdit, sauf en cas de danger immédiat. Un danger immédiat, c'est par exemple lorsqu'un automobiliste ne vous a pas vu et s'apprête à vous rentrer dedans, ou lorsqu'un véhicule recule dangereusement vers le vôtre. A l'inverse, Klaxonner parce que la voiture devant vous est trop lente ou parce qu'elle bloque le passage ne représente pas un danger immédiat...
Hors agglomération, la règle est plus souple en journée : le klaxon est par exemple autorisé pour avertir les usagers d'un danger, comme pour signaler votre présence à l'approche d'un virage serré avec peu de visibilité. Dès que la nuit tombe, en revanche, la règle change : l'avertissement doit obligatoirement se faire par appels de phares, l'usage du klaxon étant restreint aux cas d'absolue nécessité. Dans tous les cas, le Code de la route rappelle que le klaxon ne doit jamais se prolonger "plus qu'il n'est nécessaire".
Et ça, la Cour de cassation l'a bien rappelé dans une décision de juin 2019. Le tribunal de police de Lille avait relaxé un automobiliste en considérant que son usage, bien qu'intempestif, avait été limité et n'avait pas troublé l'ordre public. La Cour de cassation a cassé cette décision : bien que son usage ait été limité, en agglomération, il est strictement interdit d'utiliser son klaxon, sauf en cas de danger immédiat.
Ces règles s'appliquent aussi bien aux conducteurs particuliers qu'aux professionnels. C'est pourquoi la préfecture du Val-d'Oise a annoncé il y a cinq mois la verbalisation d'une ambulance lors d'un contrôle sur l'A115 : effectuant une mission qui ne présentait aucune urgence, l'ambulancier a été sanctionné pour "usage abusif de ses avertisseurs sonores".