Quatre jours ? Cinq jours ? Quatre jours et demi ? Depuis plusieurs années, chacun y va de sa petite théorie sur la durée idéale d'une semaine de travail. Certains pensent que quatre jours suffisent. D'autres estiment au contraire qu'il est essentiel de garder la semaine intacte. Mais 5 journées de travail reste le norme.

Des exceptions existent cependant. Cap sur la capitale du Texas, Austin. C'est ici que Safeguard Global, une entreprise spécialisée dans les ressources humaines, décide de tester la semaine de quatre jours. En prenant cette décision, elle espère attirer davantage de talents sur le marché de l'emploi. 

Autre motivation : l'entreprise fait face à une vague de démissions. Son PDG, Bjorn Reynolds, se dit qu'un salarié heureux est souvent un salarié fidèle et que de fait, ses équipes resteront longtemps. La décision se concrétise et les premiers résultats tombent. La productivité est quasi-identique, mais le bénéfice est ailleurs. "Les salariés concilient mieux vie professionnelle et vie personnelle avec cette possibilité d'avoir des week-ends de trois jours", rapporte Bjorn Reynolds à HR Brew. 

Sauf que petit à petit, les employés commencent à travailler de plus en plus tard la semaine pour préserver le vendredi comme jour de congé. Et tout le monde ne tient pas le rythme. Le vendredi évolue. De jour de repos, il devient jour de rattrapage. Désormais, quand quatre jours ne suffisent plus, il faut utiliser le cinquième. 

Certains salariés refusent toutefois de travailler le vendredi, même pour rattraper leur retard. Problème, ils ont constamment un voire plusieurs trains de retard, et leur moral en pâtit directement. Ce vendredi banalisé qui était synonyme d'une nouvelle ère de flexibilité et de liberté devient alors un fardeau. Avoir un week-end de trois jours, c'est bien, à condition de ne pas être contraint de multiplier les heures en plus les quatre jours qui précèdent.

Face à ce constat mitigé sur sa nouvelle organisation, Bjorn Reynolds a été contraint de prendre une décision. Là où il aurait été très facile de réinstaurer la semaine de cinq jours comme avant, le PDG a préféré une stratégie plus modérée. 

Désormais, ses salariés peuvent choisir eux-mêmes leurs horaires et leurs jours de travail. De fait, les adeptes de la semaine de quatre jours peuvent la conserver définitivement. Les autres sont libres de réintégrer le vendredi dans leur planning de travail. "Si vous pouvez le faire en quatre jours, tant mieux ; si vous le faites en cinq jours, mais en prenant deux demi-journées, faites comme vous le souhaitez" a expliqué Bjorn Reynolds. Une ode à l'autonomie.