Comment Facebook va retenter sa chance dans le paiement

Facebook paiement L'échec des Facebook Credits n'a pas écorné les ambitions du réseau social, qui veut aujourd'hui se positionner sur des services financiers plus classiques. En ligne de mire : les pays émergents.

Facebook pourrait obtenir de la banque centrale d'Irlande, d'ici quelques semaines seulement, un agrément bancaire qui lui permettrait de fournir un certain nombre de services financiers, révèle le "Financial Times". L'Américain désire proposer à ses membres de conserver de l'argent sur le réseau social et de l'utiliser pour effectuer des paiements ou s'échanger de l'argent entre eux. Si l'autorité de régulation irlandaise lui accorde cette autorisation, sa monnaie électronique (ou "unité de valeur monétaire") deviendra valable dans toute l'Europe. 

L'Asie en ligne de mire 

Cette initiative que prêtent les sources du "Financial Times" à Facebook (que semblent aussi confirmer ses discussions récentes avec les start-up londoniennes de transfert électronique d'argent TransferWise, Moni Technologies et Azimo) marque également une évolution dans sa stratégie. La société tire aujourd'hui la majeure partie de ses revenus de la publicité. En se positionnant aussi sur le paiement, elle mise sur une activité lucrative qui a déjà séduit plusieurs de ses homologues. Notamment en Asie, ou Tencent et Alibaba œuvrent à construire autour de leurs services actuels leur propre plateforme de paiement mobile.

En outre, proposer des transferts d'argent servirait très bien les ambitions de Facebook dans les pays émergents, où ce type de service constitue souvent la meilleure des portes d'entrée pour devenir un acteur du monde des paiements. Le réseau social, qui vient par exemple d'annoncer avoir dépassé les 100 millions de membres en Inde, compte donc aussi sur les services financiers pour se rendre incontournable.

10% des revenus de la société proviennent déjà des transactions sur les jeux en ligne

En outre, aux Etats-Unis, la firme est déjà autorisée à pratiquer certaines formes de transferts d'argent, puisqu'elle traite pour les développeurs les paiements réalisés par les internautes lors d'achats in-app. Sur l'année 2013, Facebook a ainsi déclaré à la SEC avoir traité pour 2,1 milliards de dollars de transactions, principalement liées aux jeux en ligne. Le réseau social s'adjuge 30% de ces montants, qui au total comptent pour 10% de ses revenus. Or les autorisations qu'il brigue aujourd'hui en Irlande sont bien plus étendues que celles dont il dispose aux Etats-Unis.

Mais un ombre demeure au tableau. Est-ce que les internautes accepteront de faire confiance à Facebook pour manipuler leur argent ? Les inquiétudes qu'engendrent les pratiques de data mining du réseau social pour doper son chiffre d'affaires publicitaire pourraient faire obstacle à sa nouvelle activité.

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