Facebook est le site le plus concerné par les demandes de droit à l’oubli

Droit à l’oubli, suite. Dans le cadre de la transparence des informations sur le droit à l’oubli, Google vient de publier un document sur les demandes de suppression de contenus liés à la vie privée. La firme de Moutain View y affirme que Facebook est le site le plus concerné par les demandes de droit à l’oubli, devant Profile Engine et You Tube.

Depuis le 13 mai 2014, suite à une  décision de  Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), les moteurs de recherche doivent respecter ce qu’on appelle le « Droit àl’oubli». Dans ce cadre et selon certaines conditions, les internautes peuvent maintenant demander le déréférencement d’informations les concernant.

Facebook est le site ayant reçu le plus de demandes d’URL à supprimer

Dans la liste des dix sites les plus affectés par les demandes de droit à l’oubli, Google affirme que Facebook occupe la première place, avec 8283 URL supprimées. Ce résultat n’est pas vraiment surprenant : selon les résultats de Comscore, Facebook était le premier site visité en Europe en janvier 2014, avec environ 264 millions de visiteurs uniques et selon Médiamétrie, le troisième groupe le plus visité en France, derrière Google et Microsoft,  en janvier 2015, avec environ 27 millions de visiteurs uniques

Le plus grand des réseaux social a surtout davantage vocation à occuper la sphère privée que la sphère publique. Sa politique sur l’utilisation des données, souvent dénoncée, a engendré une succession d’affaires. Dernière en date, la Hamburg Data Protection Authority, la CNIL allemande, a demandé l'autorisation d'utiliser des pseudonymes sur Facebook, afin de respecter de la vie privée des utilisateurs de Facebook.

D’après l’étude réalisée par Reputation VIP sur les 61 753 Url soumises à Google grâce à son outil forget.me, le problème de l’atteinte à la vie privée constituait en effet le type de demande le plus rependu, représentant 58,7 % des URL traitées. Le problème de l’atteinte à la vie privée comprend des demandes concernant notamment une adresse personnelle divulguée, une opinion religieuse ou encore politique affichée contre son gré.

The Guardian a récemment confirmé cela en révélant que dans les informations provenant du code source de Google, « moins de 5 % des 220 000 requêtes individuelles adressées à Google pour retirer des liens de manière sélective des informations obtenues en ligne proviennent de criminels, de politiciens et de personnalités publiques. » Les 95 % restant proviennent de citoyens souhaitant protéger leurs données privées et personnelles.

Profile Engine et You Tube complètent le podium

Dans cette liste des sites les plus affectés par les demandes de droit à l’oubli, Profile Engine occupe la deuxième place, avec 6874 Url supprimées. Ce moteur de recherche, crawler et service de verrouillage de données se sert de ses propres archives, comme des publications sur Facebook, pour créer des profils très complets. Mme lorsque ces traces sont effacées sur le compte original, les données continuent de se trouver à la disposition du public.

Ce site montre le problème de ces sites sur le web qui reprennent des informations sur les utilisateurs et recréer des profils sans leur accord.

You Tube complète le podium, avec 4 657 URL supprimées. Le site d’hébergement de vidéos est en effet placé sur la liste noire d’Internet pour faire disparaitre ses comptes. Une des raisons, peut-être, de ce classement.  En effet, on ne peut pas supprimer son compte You Tube sans supprimer son compte Google, même si on peut supprimer sa chaine You Tube.

Entre la quatrième et la dixième place des sites les plus affectés par les demandes de droit à l’oubli, se situe ensuite, dans l’ordre, groups.google.com, Badoo, Google Plus, Twitter, Wherevent, Yasni et 192.com. Les 10 premiers sites représentent 8 % des URL supprimées.

Les portails, comme Yasni, Wherevent et 192, offrent la possibilité de retrouver des individus ou des évènements diffusés sur d’autres sites et peuvent poser des problèmes d'e-réputation.

En Europe,  un peu plus de la moitié des URL ont été supprimées par Google depuis le lancement du droit à l’oubli  

Autre enseignement du document publié par Google, depuis le lancement de la procédure de demande officielle, le 29 mai 2014, 58,7 % des URL ont été supprimées en Europe. Pour arriver  à ce résultat, Google a examiné 1 055 700 URL suite à des demandes de suppression et a reçu en tout 290 353 demandes. Google précise que ces chiffres ne tiennent pas compte des URL pour lesquelles « les utilisateurs doivent nous fournir des informations supplémentaires ou celles qui sont en attente d'examen. »

Parmi les exemples de réponses envoyées par Google, la firme de Moutain View mentionne son refus d’une demande de suppression en France, à propos d’« un prêtre condamné pour possession de pornographie enfantine [qui avait demandé à Google] de retirer des articles portant sur sa peine et son bannissement de l'Église.» Autre exemple, en Italie, d’accord, cette fois-ci, de Google : « la victime d'un crime a demandé [à Google] de supprimer trois liens relatifs au crime ayant eu lieu il y a plusieurs décennies. [Google a] supprimé des résultats de recherche les pages comportant son nom. »

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