Les GAFA en pleine course à l'intelligence artificielle

Apple, Facebook et Google rachètent des start-up à tour de bras pour garder leur position de précurseurs dans le domaine de l'IA. Dernière acquisition en date, celle d'Emotient par Apple.

Apple vient de confirmer le rachat de la jeune pousse californienne Emotient, créée en 2012 et qui a développé une technologie d'analyse des expressions du visage pour reconnaître les émotions. Ce genre de technologie, très prisée par les annonceurs pour analyser l'impact des publicités, par les e-commerçants pour étudier l'impact d'un produit sur l'internaute ou par les retailers pour savoir quels rayons sont les plus appréciés a aussi été testée par des médecins pour interpréter les signes de douleurs chez les patients.

Améliorer les assistants personnels

Cette acquisition dans le domaine de l'intelligence artificielle est loin d'être la première pour Apple. Améliorer la compréhension du langage naturel est devenu l'un des grands chantiers du géant. L'intelligence artificielle doit permettre d'élaborer des assistants personnels de plus en plus élaborés qui comprennent l'homme et lui répondent de manière fluide. En octobre dernier, Apple s'est ainsi offert VocalIQ, start-up britannique fondée par des anciens de Cambridge peu satisfaits de la qualité actuelle des assistants personnels qui se sont donnés pour mission de révolutionner l'interface homme-machine grâce à la voix. L'objectif, à terme, est que l'assistant puisse prendre en compte le contexte et demander des clarifications à l'utilisateur pour mieux lui répondre.

Recrutements de pointures en machine learning

Quelques jours plus tard, Apple dévoilait un autre achat similaire destiné à améliorer Siri : celui de Perceptio, fondé par deux chercheurs en intelligence artificielle et dont l'algorithme de détection faciale destiné aux smartphone permet de trier les photographies grâce au deep learning. Surtout, Perceptio utilise une base de données directement stockée sur le téléphone au lieu de faire appel à un serveur externe, afin de garantir la confidentialité.

Les recrutements récents d'Apple révèlent aussi son intérêt sur le secteur. Le géant a débauché un expert en deep learning chez Nvidia, peut-être pour travailler sur les voitures autonomes, selon plusieurs observateurs. En 2015, Reuters a aussi révélé qu'Apple était en train de recruter en masse des experts du machine learning.

Passer d'un assistant à un compagnon numérique

Des laboratoires avec de gros moyens et une vision long terme

La concurrence entre les géants pour recruter dans le secteur devient en effet de plus en plus féroce. Yann LeCun, directeur de la recherche en intelligence artificielle à Facebook depuis décembre 2013, expliquait par exemple dans une interview au JDN à l'été 2015 avoir débauché de nombreux talents chez Google. Il faut dire que le réseau social sait mettre les moyens pour séduire les potentielles recrues. Outre la vingtaine de chercheurs qui travaillent dans le laboratoire dédié à New York et une vingtaine d'autres à San Francisco, Facebook a créé l'année dernière une entité parisienne qui accueillera 25 à 30 chercheurs permanents. Les équipes travaillent sur du long terme, avec des ambitions très différentes de celles de groupes d'ingénierie.

Depuis août 2015, Facebook teste un assistant personnel sur Messenger, baptisé M. "Contrairement à tous les autres services basés sur l'intelligence artificielle du marché, M peut vraiment mener une tâche à votre place. Il peut acheter des objets, envoyer des cadeaux à vos proches, réserver un restaurant, préparer un voyage, caler des rendez-vous…", a assuré David Marcus, en charge des services de messagerie, lors de l'annonce des tests. A terme, Yann LeCun voit cet assistant devenir un "compagnon numérique" : "Nous, ce qu'on voudrait, c'est un agent vraiment intelligent qui comprend ce qu'on raconte, qui peut poser des questions s'il y a besoin de clarifications, qui comprend la personne avec qui il dialogue (il sait ce qu'elle sait, ce qu'elle ne sait pas, comment l'adresser) et qui est capable de produire les requêtes nécessaires pour produire l'info."

Google prépare sa riposte à M de Facebook

Mais déjà, Google prépare sa propre riposte à M. Selon le Wall Street Journal, le géant serait en train de travailler au lancement d'un nouveau service de messagerie mobile basé sur l'intelligence artificielle pour répondre aux questions des utilisateurs. Une équipe menée par Nick Fox, actuel vice-président des services de communications, travaille sur le projet depuis un an. "Au lieu de taper une requête dans le moteur de recherche de Google, les utilisateurs enverront leurs questions sous forme de SMS, auxquels des bots répondront", explique le WSJ.

Larry Page a conduit en personne le rachat de Deepmind

Google a été l'un des premiers géants à débourser de grosses sommes pour devenir leader sur le sujet. En janvier 2014, la société avait racheté la start-up londonienne Deepmind pour 400 millions de dollars. L'opération aurait été menée directement par Larry Page en personne, preuve de l'intérêt porté par les dirigeants à la société.

Les programmes de deep learning des géants en open source

En novembre dernier, Google a par ailleurs annoncé rendre accessible au public le système TensorFlow en opensource : cette technologie d'apprentissage qui permet de décrypter le contenu des images, de comprendre la parole ou de suggérer des réponses automatiques est un programme de deep learning. En le rendant public, Google espère l'enrichir de nouvelles données et se servir de la communauté du machine learning pour l'améliorer. Un mois plus tard, Facebook dévoilait son serveur dédié à l'intelligence artificielle, Big Sur, et le mettait aussi en open source…

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