Kim Dotcom : chantre de la liberté d'expression ou pur cynique ?

Kim Dotcom Le 20 janvier se lance Mega, la nouvelle plateforme de Kim Dotcom. Un personnage sulfureux que la fermeture de Megaupload a fait entrer dans la lumière. Portrait.

Il y a un peu de Xavier Niel chez Kim Dotcom. On retrouve cette même capacité à endosser habilement un double costume : figure tutélaire de la liberté d'expression d'une part, chef d'entreprise rompu aux ficelles du capitalisme d'autre part. Au moment de l'arrestation de King Dotcom, Megaupload, alors installé à Hong Kong, affirmait rassembler chaque jour 50 millions d'utilisateurs et représenter 4% du trafic web mondial ! Le chiffre d'affaires annuel était lui estimé à près de 150 millions de dollars. Mais la comparaison s'arrête ici. Là où le patron de Free répugne à se montrer dans les médias, Kim Schmidt, de son vrai nom, adore faire étalage de son train de vie fastueux : jets privés, voitures luxueuses et fêtes dionysiaques. Rien n'est trop gros pour ce flambeur mégalo qui voit tout en Mega : Megaporn, Megaupload, Mega Song, Megacar... Et surtout, si Xavier Niel a connu quelques démêlés avec la justice, son casier est bien léger comparé à celui que certains présentent comme un Al Capone du Web. 

Beaucoup d'entreprises et un joli délit d'initié

Comment ce geek à l'enfance banale est-il devenu, en à peine quelques années, un spécialiste de l'esbroufe à la tête d'une fortune dont l'ampleur n'a d'égal que la controverse qui l'entoure ? Tout simplement avec beaucoup de culot et très peu de scrupules... Profitant d'une aura de "hacker" acquise à la faveur de quelques coups médiatiques dans les années 90, et pas forcément justifiée selon certains de ses compères de l'époque, Kim Schmitz se lance tête baissée dans l'entrepreneuriat, lançant successivement une société de sécurité informatique, une solution de paiement pour mobile et une société de connectivité pour véhicules. Son principal coup d'éclat restera toutefois le rachat du site allemand d'achats groupés, Letsbuyit, en 2001, pour 375 000 euros. Multipliant les déclarations dans la presse, il se montre si convaincant que les investisseurs suivent. Le cours de l'action explose de 220%... Il en profite pour vendre ses parts et décrocher le jackpot : 1,5 million d'euros. Qu'importe le délit d'initié et la condamnation qui s'en suit, 20 mois de prison avec sursis et 100 000 euros d'amende. Le voilà lancé. 

Inculpé pour association de malfaiteurs avec Megaupload

Il quitte alors son pays natal pour entamer un tour du monde qui le fera atterrir du côté d'Hong Kong. C'est là-bas qu'il jette les bases du projet de sa vie, Megaupload, cette plateforme qui permettait à un internaute de mettre en ligne n'importe quel type de fichier dans la limite de 1 Go pour les utilisateurs libres et sans limite pour les utilisateurs Premium. En 2010, il s'installe en Nouvelle-Zélande, adoptant le patronyme de Kim Dotcom. La galaxie Megaupload est alors à son apogée... Du moins jusqu'à ce jour de janvier 2012 où des membres du FBI font une descente au siège de la société, avant de mettre sous les verrous le chef d'entreprise à la figure débonnaire et quelques-uns de ses associés. Motif de l'inculpation : association de malfaiteurs. Concrètement, Kim Dotcom n'aurait pas employé les moyens nécessaires pour mettre un terme à l'activité illégale sur son site. Pire encore, il aurait incité certains de ces membres les plus actifs à uploader du contenu, sans préoccupation aucune pour les droits d'auteurs, moyennant rétribution. Libéré fin février, il réussit à repousser deux fois l'audience pour son extradition. Celle-ci est désormais prévue pour août 2013. De quoi lui laisser le temps de préparer tranquillement le renouveau de MegaUpload avec Mega. 

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Un aperçu Mega. © Mega

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