L'imprimante 4D : quand les objets se construisent eux-mêmes

Imprimante 4D Un chercheur du MIT et une start-up israélienne mettent au point des matériaux capables de changer de forme dans le temps.

Et si les objets se fabriquaient eux-mêmes ? Fini l'enfer de l'étagère Ikea, les vis qui manquent, les chevilles qui disparaissent, les plans incompréhensibles. Finis aussi, peut-être, les robots industriels... et les ouvriers.

Les composants intelligents de Skylar Tibbits adoptent une forme prédéfinie dès qu'ils entrent au contact de l'eau.

Une telle révolution est-elle possible ? Elle est déjà en route. Skylar Tibbits, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), a mis au point ce qu'il appelle l'imprimante 4D (oui, déjà, alors que l'imprimante 3D pénètre à peine les foyers). Aux trois dimensions (largeur, hauteur, profondeur), il ajoute celle du temps.

C'est-à-dire ? Après avoir été imprimé, l'objet se transforme de lui-même, sous l'effet d'éléments extérieurs. Aujourd'hui, les matériaux intelligents de Skylar Tibbits adoptent une forme prédéfinie dès qu'ils entrent au contact de l'eau. Demain, ils réagiront à l'air, au son, aux températures, à la lumière...

Pour l'instant, voici ce que peut réaliser de lui-même un tube en polymère plongé dans un bassin.

L'impression 4D en est donc clairement au stade expérimental. Ce qui n'empêche pas notre professeur du MIT, désormais directeur du Self-Assembly Lab et fondateur de la start-up SJET, de voir loin. Associé au département de recherche du fabricant d'imprimantes 3D israélien Stratasys, il imagine déjà des canalisations qui s'adaptent au débit, des voitures qui réagissent à la pluie, des récipients qui changent de taille selon la température de leur contenu... Et une étagère Ikea qui se monte toute seule, non ?

 

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