Comment Twitter s'est bâti un business de 100 millions de dollars dans la data

Twitter, un business de données à 100 millions de dollars En un an, le site de microblogging a fait l'acquisition de pas moins d'une dizaine d'entreprises sur le terrain de l'analyse de données. Découvrez-les.

Twitter vient de faire l'acquisition de Gnip, une entreprise qui avait accès à ses données en mode "Firehose", et les digérait pour les revendre à d'autres entreprises qui en avaient besoin. Il s'agit d'au moins la quatrième acquisition de Twitter dans le domaine des données, et peu de gens l'ont remarqué. Tout le monde sait que Twitter est une entreprise de publicité, et que les annonces représentent 90% de ses revenus.

Twitter a activement joué dans une autre cour que la sienne, celle du licencing de données. Il a notamment mis en garde les investisseurs dans ses publications d'informations financières (réalisées auprès de la SEC, l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés) qu'il s'attendait à ce que la part des paiements pour ses données diminue dans son chiffre d'affaires global.

Lorsqu'on considère le chiffre d'affaires tiré des services de données de Twitter, on réalise à quel point il est dynamique : en 2013, Twitter a obtenu 70 millions de dollars en droits de licence sur ses données, une augmentation de 48% par rapport à l'année précédente. Fin 2014, Twitter pourrait facilement envisager 100 millions de dollars en chiffre d'affaires issu des données si le secteur continue à croître au même rythme.

Si un jeune diplômé de 25 ans de l'Université de Stanford avait conçu une application qui pouvait injecter 100 millions de dollars de droits sur les données chaque année, il pourrait faire miroiter une valorisation qui se compterait en milliards de dollars, et pourrait refuser alors y compris une offre d'acquisition de Mark Zuckerberg de Facebook. Mais, parce que les droits de licences sur les données sont nichés à l'intérieur même de Twitter, tout le monde s'en moque.

Parmi les acquisitions de Twitter qui génèrent des données, on trouve :

 Crashlytics : achetée en janvier 2013 pour 38,2 millions de dollars, cette société élabore des rapports et analyses sur les pannes relatives aux applications mobiles à destination des développeurs.

 Bluefin Labs : achetée en février 2013 pour 67,3 millions de dollars, elle fournit des analyses de données sur la télévision sociale auprès des annonceurs.

 MoPub : achetée en octobre 2013 pour 350 millions de dollars, c'est un ad exchange pour mobiles. Il s'agit donc bien de gestion publicitaire. Mais tout le monde sait que la valeur du secteur de la publicité mobile réside souvent dans les données de ciblage, pas seulement de l'exposition médiatique.

 Twitter a également fait l'acquisition de cinq autres entreprises plus petites en 2013 pour un prix total de 13,2 millions de dollars. Son rapport annuel ne révèle cependant pas ce que font ces entreprises.

 Gnip : il a été acheté pour un montant non révélé. Le site TechCrunch indique que "Gnip propose un accès aux données historiques de Twitter ainsi qu'à l'ensemble des données en mode 'Firehose' du site, mais également à des interfaces de programmation qui fournissent des données d'autres réseaux sociaux, y compris Reddit, Instagram, Tumblr, Bitly et autres". Gnip affirme que faire partie intégrante de Twitter lui permettra "d'aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin et que le groupe a l'intention de diversifier le support afin d'inclure un plus grand nombre de cas d'utilisations potentiels dans différents secteurs".

Twitter va bientôt rendre compte de ses bénéfices au premier trimestre, et l'action sera probablement tirée par une seule chose : les indicateurs utilisateurs. Lors du dernier trimestre, le PDG Dick Costolo a souligné la solidité financière de l'entreprise en refusant la participation des utilisateurs. L'action, qui est à la baisse, semble n'être actuellement basée que sur les indicateurs utilisateurs.

C'est dommage car qu'il se pourrait bien que Wall Street se demande comment il a été possible à Twitter de recevoir plus d'argent de la part d'utilisateurs qui passent moins de temps sur ses applications. C'est le genre d'ingénierie financière dont les rêves corporate sont faits.

Une réponse possible est que Twitter est meilleur sur les données plutôt qu'il ne l'est à satisfaire directement les utilisateurs sur son site. Et les clients qui utilisent ses données (pour des questions de publicité ou autres) obtiennent un retour convenable sur leur investissement. L'acquisition de Gnip indique que Dick Costolo s'en tient en tous cas à cette stratégie. Tôt ou tard, elle pourrait se révéler rentable.


Article de Jim Edwards. Traduction par Sylvie Ségui, JDN

Voir l'article original : Twitter Is Quietly Building A $100 Million Business In Big Data 

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