Les stations de travail graphiques, nouvelles candidates à la virtualisation

Jusqu’à présent disqualifiée des environnements virtualisés du fait d’une relative complexité applicative et d’une réelle gourmandise en ressource matérielles, la station de travail graphique se trouve désormais, grâce à la maturité des technologies, en position de suivre la voie des environnements bureautiques vers la virtualisation.

Y a-t-il encore des freins à l'événement d’un nouveau paradigme alliant mobilité et puissance de calcul ?
La tendance montre aujourd'hui l’émergence de nouveaux équipements informatiques complémentaires des équipements existants, les tablettes en sont un exemple, à même de servir la performance applicative, l’autonomie et la mobilité sur fond de virtualisation et de cloud.
La traditionnelle équation client lourd et client léger s’en trouve de ce fait modifiée, au même titre que le modèle de licensing des éditeurs.
En effet, la station de travail graphique n’est plus un îlot isolé. Faute de technologies compatibles, l’utilisateur de ce type de station de travail se voyait jusque-là contraint de choisir la performance au détriment de la portabilité, ou l’inverse.
Les technologies de virtualisation et une nouvelle hybridation logicielle permettant d’aller chercher la puissance ailleurs que dans la seule workstation offrent une nouvelle voie… encore peu empruntée aujourd’hui, mais qui sera bientôt l’architecture de référence.

Vers le dépassement de la dichotomie client lourd/client léger

Les entreprises s’appuient depuis longtemps sur infrastructures client-serveur pour leurs bénéfices en termes de gestion de parc, de maintenance, de sécurité des infrastructures et des données … Avec la fiabilité croissante des réseaux, le client léger, devenu client cloud, gagne en popularité. L’intelligence variable qu’il procure en fonction des besoins métiers, depuis le simple déport d’affichage, jusqu’à des fonctionnalités extrêmement précises liées à des besoins fonctionnels tout aussi précis (les points de ventes, par exemple) est un atout certain. L’efficacité opérationnelle liée à la gestion des accès et des identités, à la facilité de remplacement des unités, et à l’administration simplifiée du parc (gestion de patches, mises à jour des outils de sécurité des systèmes et des données) pèse en sa faveur et certaines entreprises ou administrations sautent volontiers le pas pour l’adopter.
Pour autant, la popularité du client dit “lourd” ne se dément pas, même dans un environnement de sophistication à l’extrême des technologies de virtualisation.
Bien-sûr, ce dernier a changé de form-factor, pour répondre aux besoins croissants liés à la mobilité dans un contexte de fiabilité grandissante et de diversification des moyens de connexion (WiFi, 4G …) et pour s’adapter aux innovations déterminantes de l’industrie (avènement du tactile).
Bien-sûr, les applications offrent de nouveaux moyens d’accéder à l’information, d’interagir avec les systèmes d’information, qu’il s’agisse du domaine grand public ou des applications métier.

Mais les applications qui ont fait leurs preuves, qui ont bénéficié de lourds efforts de développement, restent les favorites des entreprises. Or, elles réclament pour la plupart de puiser dans la puissance offerte par une station de travail technique, rendant souvent délicate la mise en place de l’équation performance/rendu/mobilité.
La virtualisation a fait ses preuves dans le datacenter. Optimisation des ressources matérielles, de l’espace, de l’énergie … Et si les stations de travail graphiques 100% virtuelles restent une minorité, grâce à une évolution dans la façon dont les logiciels professionnels sollicitent organiquement la puissance informatique, la virtualisation a commencé à leur bénéficier.
La virtualisation, l’hybridation logicielle et les réseaux permettent en effet depuis peu de conjuguer la puissance de l’unité mobile, de la station de travail sous toutes ses formes, et la puissance inégalable d’un serveur ou pourquoi pas d’une ferme de calcul, pour les besoins plus importants encore. Ces nouvelles interactions entre le datacenter et une workstation traditionnelle, équipée de logiciels traditionnels mais en mesure d’aller puiser la ressource là où elle se trouve, offrent de nouvelles possibilités aux utilisateurs…

Les éditeurs logiciels acteurs déterminants du changement

Longtemps attachés au modèle économique lié au “versioning” de leurs logiciels, consistant à commercialiser sous forme de licences des versions majeures du logiciel, en poussant de nouvelles fonctionnalités et de meilleures performances, les éditeurs ont compris les avantages d’un service de type “cloud”, et notamment du modèle économique d’abonnement, de souscription, qui y est  associé.
Le versioning est mourant, pour laisser place à un modèle type « continuous roll-out », dans lequel les nouvelles offres se présentent comme un mix entre l’installation classique d’un logiciel, dont les mises à jour ne nécessitent pas d’investissement supplémentaire de la part du client, et de services associés tels que le stockage en ligne et le support.
Le modèle devient plus flexible et il est possible de souscrire au service pour des durées diverses, une formule qui convient particulièrement bien aux environnements de travail virtualisés.

Vous avez besoin que vos collaborateurs accèdent temporairement à un plus grand nombre de logiciels dans le cadre d’un projet métier ? Il est désormais possible, et il sera de plus en plus facile, de ‘louer’ le logiciel afin de le faire tourner sur un poste de travail, quel qu’en soit d’ailleurs le type (workstation, laptop, tablette, etc …).
L’infrastructure associant client “lourd” et serveur va bénéficier aux besoins métiers les plus exigeants. Les acteurs du monde de la CAO, de la conception 3D, de l’industrie du cinéma sont les premiers concernés par les récentes mutations des infrastructures informatiques et de l’industrie logicielle.

Faire le choix de plus de flexibilité dans la gestion de projets, embrasser la mobilité en présentant un travail gourmand en ressources informatiques, en déplacement, sur une tablette connectée à un serveur ou une ferme de serveurs distants, via une connexion WiFi ou 4G est sur le point de devenir la norme.
Les bénéfices de la virtualisation ne se cantonnent ainsi plus aux stations de travail techniques telles que les points de vente ou à de simples besoin bureautiques : en permettant des déploiement départementaux ou Cloud de plus grande ampleur, les métiers du graphisme, de l’animation, du cinéma, de l’architecture, du design peuvent à leur tour tirer parti de la flexibilité informatique et financière des nouvelles interactions entre les terminaux de tous acabits et les datacenters.

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