Les réponses simples à cet environnement numérique complexe

Relâchons la pression, même si l’industrie nous berce d’acronymes et de paradigmes qui tendent parfois à nous dérouter du sujet de fond : l’objectif reste l’avènement d’un monde simplifié qui repose sans doute sur la transformation numérique.

Sans faire l’affront à quiconque de remonter jusqu’à la roue, posons néanmoins le décor : le numérique est un outil. Loin d’être est un mal nécessaire, la technologie doit s’entendre comme un axe parmi d’autres (stratégique certes) pour le développement de son entreprise, et ne doit s’apprécier qu’à la mesure du risque et des opportunités qu’elle présente, comme c’est le cas pour l’analyse financière, le sourcing ou les RH.  Pris sous cet angle, les efforts à fournir, tant financiers qu’en termes de ressources humaines ou d’ingénierie, ne sont pas du tout insurmontables, l’important consistant à garder à l’esprit la simplification de ses processus et la réduction des goulets d’étranglement pour fluidifier les affaires.

Pourquoi faire simple ?

La plupart des vraies innovations sont celles qui ont permis de gagner du temps, de réduire la complexité et de favoriser des usages nouveaux. Le moteur de l’industrie de l’Internet des Objets, par exemple, reste bien une réduction drastiques des coûts, entraînant dans sa logique vertueuse un désir de réduction de l’empreinte carbone. Si l’énergie avait été gratuite, personne n’aurait perdu son temps à créer des systèmes LED intelligents à détection de présence et à réglage d’intensité pour optimiser l’éclairage des entrepôts. Si l’encre avait été gratuite ou les toners biodégradables, personne n’aurait imaginé connecter les parcs d’imprimantes pour analyser et rationaliser les consommations. Si un client était toujours fidèle, personne n’aurait développé de CRM ou ne s’évertuerait à tenter par tous les moyens de capturer ses comportements, ses contraintes ou ses désirs pour le servir au plus près et éviter qu’il ne courre voir ailleurs. Si une ferme de serveurs ne monopolisait pas des mètres carrés, des kW d’électricité et l’attention permanente  d’informaticiens, personne n’aurait songé à les virtualiser, voire à les hyperconverger ; et la liste est sans fin. C’est Le désir de simplification, de partage et de collaboration qui a motivé notre environnement technologique complexe. Il en va de même pour la mobilité, le Cloud ou le Big Data, qui, n’en déplaise à certains, ne sont donc pas des buzzwords.

Le Cloud sans le savoir

Qu’importe en effet le vocabulaire : pour l’IT, la grande question est de savoir comment rendre l’accès à la donnée plus pertinent et plus fluide. Par son internationalisation et son ouverture toujours plus grande, et soumise à toujours plus de règles et plus de risques, l’entreprise de demain ne pourra techniquement plus suivre et adapter seule son datacenter à ses – réels – besoins. S’ils sont philanthropes, les géants de l’industrie n’en restent pas moins pragmatiques et s’ils semblent pressés de nous faire adopter des technologies complexes, c’est probablement par anticipation d’un retour à un équilibre dans les ressources consacrées à faire tourner l’usine et celles consacrées à la développer (oui, il s’agit bien de l’équilibre IT/métiers…). Ainsi, le Cloud n’est ni une hype ni un démon, c’est simplement un moyen, complexe technologiquement, de nous permettre de faire des choses simples.

L’importance de la donnée

Au-delà, même si la loi de Moore a encore cours, la relative maturité des matériels informatiques ouvre la voie à l’ère de l’application. Paradoxalement encore, si le contexte législatif tend à contraindre plus, c’est que l’utilisateur revient au centre de l’attention et que les entreprises entendent bien que c’est au prix de sa liberté à utiliser à loisir les applications qu’il souhaite qu’il deviendra autonome, satisfait, et donc productif pour lui-même et pour le groupe. Cette ère de l’application met la donnée au cœur des considérations (voire des convoitises), et l’industrie entière cherche à la capturer, à l’analyser et à l’interpréter pour mieux le servir, d’où l’avènement de myriades d’applications toujours plus complexes pour nous offrir des choses simples (lire les news, checker un stock, échanger la vidéo d’un moment d’émotion etc.), et d’autant de connecteurs codés pour leur permettre de plus dialoguer, de mieux s’ouvrir et d’offrir plus.

La sécurité est-elle vraiment réservée aux experts ?

Il en va de même pour la sécurité. Si les technologies de chiffrement, de détection de codes malveillants, de traçabilité et d’analyse des flux comptent parmi les plus évoluées, il suffit de lire les règles d’hygiène éditées depuis presque 3 ans par l’ANSSI et toujours aussi actuelles, pour se rendre compte que la sécurité est moins une affaire d’ingénieurs qu’un état d’esprit, du bon sens, que chacun doit s’approprier et cultiver au quotidien.  Les discours s’accordent aujourd’hui pour dire qu’il est plus besoin de planification et d’organisation que de matériels, la plupart des attaques observées jouant autant sur la technique elle-même que sur la ruse, l’inattention ou le contournement. Finalement, dans l’approche, rien de nouveau sous le soleil.

La segmentation industrielle affûte les processus

L’une des clés de cette efficacité recherchée réside dans la segmentation toujours plus précise des rôles de chacun des acteurs de la chaîne. Il me paraît en effet difficile d’être à la fois spécialiste énergétique, administrateur système et « datascientist ». Cloud, Big Data, BYOD, Sécurité, Cleantechs, IoT, autant de tendances, de buzzwords, mais autant de technologies très complexes sur lesquels les leaders s’appuient sans aucun doute pour proposer des produits et des services simples, au service du développement et de l’épanouissement de chacun. Le Printemps nous invite à une nouvelle dynamique, alors n’hésitons pas, faisons simple : Make IT Simple !

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