SI historique et transformation digitale : mettez la continuité au service de la rupture

L’avènement du digital met les directions informatiques à rude épreuve. Générer de la valeur pour les métiers, faire preuve d’agilité et d’efficacité, rechercher l’innovation, tout en limitant voire réduisant les coûts : voilà les défis auxquels elles sont confrontées.

Pour un DSI, constituer sa feuille de route pour les prochaines années peut rapidement ressembler à un casse-tête, tant les besoins sont nombreux et les contraintes pesantes. L’un des choix les plus difficiles à faire porte sur la gestion de l’actif: moderniser son SI historique ou développer des solutions digitales ? Fiabiliser les applications back-office ou déployer la mobilité ?

Pour mener à bien cet exercice complexe de définition des orientations stratégiques, il y a trois priorités sur lesquelles les DSI doivent se concentrer.


1. Maîtriser la dette technologique

Aujourd’hui, 20% du parc de PC français est encore sous Windows XP. Or, ce système n’est plus maintenu par l’éditeur, ce qui implique des problèmes de sécurité et de compatibilité avec les logiciels récents. Cet exemple montre que s’assurer de sa solvabilité technologique, c’est-à-dire de la capacité de l’écosystème informatique existant à absorber les transformations à venir, devient un enjeu majeur pour les DSI.

Cette aptitude repose à la fois sur la robustesse du SI (obsolescence matérielle et logicielle limitée, haut niveau de sécurité, processus industrialisés) et sur la gestion des ressources humaines (organisation stable, compétences solides, prestataires fiables).

Le DSI doit ainsi structurer sa dette technologique en planifiant en priorité les activités de fiabilisation des systèmes les moins performants et les plus critiques, de renégociation des principaux contrats et de rationalisation des parcs applicatif et technique. Ces actions permettront notamment de dégager des marges budgétaires pour de futurs investissements.


 2. Moderniser le SI historique

Contrairement aux idées reçues, il est indispensable aujourd’hui de poursuivre les investissements sur le SI historique, pour 2 raisons majeures : il constitue l’outil principal de gestion de l’entreprise, et le digital ne peut fonctionner sans un socle performant et des données de qualité.

Les offres Cloud, aujourd’hui matures, permettent d’accélérer l’industrialisation tout en couvrant de plus en plus de besoins fonctionnels. Ainsi, Schneider Electric a transféré en 2014 une grande partie de ses applications métier dans le Cloud Salesforce. Le DSI doit également placer la donnée au centre de ses travaux d’urbanisation et préparer le SI à une ouverture vers l’extérieur en assurant la sécurité et la confidentialité des données.

Cette modernisation permettra d’acquérir de l’agilité et d’améliorer la qualité des données en vue des transformations futures.


3. Investir progressivement sur le Digital

Pour préparer les évolutions à venir sans mettre en danger le cœur du métier de la DSI, il est préférable de s’en tenir à la règle des 80/20, c’est-à-dire accorder seulement 20% des capacités aux activités d’innovation.

Cet investissement dans l’innovation doit servir en priorité à organiser la veille technologique, mettre en place les capacités techniques nécessaires au développement des solutions digitales, faire évoluer l’architecture du SI en vue de son ouverture. Cela permettra aux équipes d’approfondir leur connaissance du marché, d’acquérir un savoir-faire sur le développement et la maintenance de solutions digitales et de monter en compétences sur les nouvelles technologies et architectures. 

Les DSI se tournent ainsi progressivement vers le digital mais ne doivent pas pour autant se désintéresser de la modernisation de leur SI historique. Pour cela, ils peuvent aujourd’hui s’appuyer sur les offres désormais matures de grands partenaires industriels, via des modèles d’outsourcing partiel ou total.

   

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