Suivre le rythme de la technologie : pourquoi nos réseaux nous freinent

L’infrastructure a pris un dangereux retard : elle n’a pas suivi le rythme de l’innovation et menace de freiner l’adoption par les entreprises des outils numériques.

Si nous comparons le fonctionnement des entreprises aujourd’hui par rapport aux dix dernières années, la transformation est remarquable. Grâce aux progrès de la mobilité, des réseaux sociaux, et  de l’évolution des attentes des clients, la nature actuelle du commerce, et surtout « l’exigence des consommateurs », sont bien plus fluides et collaboratives, et la communication s’est considérablement accélérée. Les évolutions technologiques vont continuer à contraindre les entreprises à se réinventer. A condition cependant que l’infrastructure ne constitue pas un frein…

Le fait est que l’infrastructure a pris un dangereux retard : elle n’a pas suivi le rythme de l’innovation et menace de freiner l’adoption par les entreprises des outils dont les employés ont besoin pour interagir entre eux, avec les clients et partenaires, et pour répondre aux attentes actuelles et futures. Le réseau ainsi que son optimisation pour les applications et services sont désormais un aspect essentiel du fonctionnement de toute entreprise au quotidien. Que l’entreprise soit récente ou qu’elle s’appuie sur une infrastructure réseau héritée, elle doit pouvoir faire face au rythme effréné auquel les entreprises d’aujourd’hui sont confrontées et être suffisamment flexible pour saisir les opportunités futures. Par conséquent, comment rattraper ce retard ?

Le SDN (Software Defined Networking) a rapidement été perçue comme l’arme absolue car il offre une approche efficace et innovante de la gestion du trafic réseau. En réduisant la complexité et en éliminant les solutions propriétaires, il accélère et facilite le déploiement des applications critiques ainsi que les ajouts, déplacements et modifications. Donnant la priorité au contenu, le SDN permet aujourd’hui aux entreprises dont les demandes ou besoins en matière d’infrastructure évoluent constamment de déployer de nouvelles applications avec rapidité, fiabilité et souplesse, sans avoir à payer le coût de restructuration du matériel.

Bien qu’il s’agisse d’une technologie encore relativement récente, les entreprises prévoyantes adoptent déjà le SDN : en effet, IDC prévoit que le marché mondial du SDN atteindra 8 milliards de dollars d’ici à 2018. Qu’est-ce qui motive cette demande et comment le SDN va-t-il évoluer pour répondre aux besoins des entreprises, eux-mêmes en pleine évolution ?

  • 1.       BYOD et BYOA

L’explosion des mobiles a abouti à une plus grande flexibilité de l’environnement de travail en permettant aux employés d’y apporter leurs propres équipements. De fait, le BYOD (Bring Your Own Device) a pris une importance critique pour les entreprises désireuses de susciter un véritable engagement au sein de leur personnel. Le BYOD est suivi du BYOA (Bring Your Own Application) : les applications grand public, déjà répandues sur les mobiles des employés, sont utilisées à des fins professionnelles. Cependant, cette souplesse accrue s’accompagne également de risques plus élevés pour la sécurité des données ainsi que d’une pression et d’une sollicitation supplémentaires sur les ressources et capacités des réseaux. Le SDN contribue à atténuer les préoccupations liées au BYOD et au BYOA en rendant la main à l’informatique, en offrant des moyens de contrôle au niveau applicatif de sorte que les applications critiques soient prioritaires et ne soient pas pénalisées par des applications personnelles grosses consommatrices de bande passante. Le SDN facilite également le contrôle d’accès au réseau (qui, où, quand, comment ?) afin d’assurer la protection des données sensibles.

 
  • 2.       Mobilité croissante du personnel

Selon les prévisions d’IDC, 1,3 milliard de personnes pratiqueront le télétravail grâce aux technologies mobiles cette année, soit 37,2 % de la main-d’œuvre mondiale. Ces utilisateurs attendent une qualité de service uniforme, qu’ils passent par un réseau filaire ou sans fil, et le WLAN est censé offrir le même niveau de fiabilité, de disponibilité et de performances que les infrastructures fixes. Cependant, la souplesse accrue qu’apporte le travail nomade engendre inévitablement une sollicitation supplémentaire sur le cœur de l’infrastructure informatique. Il est donc primordial de mettre en place le réseau approprié pour faire face à ce degré de flexibilité et de liberté côté utilisateur. L’architecture SDN contribuera à couvrir l’expérience utilisateur de bout en bout,  dans l’ensemble du réseau d’entreprise, depuis le data center jusqu’à la périphérie, y compris les liaisons sans fil permettant aux utilisateurs de bénéficier en tout lieu de la simplicité, de la fiabilité et de la virtualisation du réseau.

 
  • 3.       Adoption des wearables

Les wearables ont fait leur entrée en force en 2014 et leur succès ne devrait pas se démentir, avec des projections tablant sur la vente de 130 millions d’unités en 2018. Certains experts prévoient également que l’intégration de cette nouvelle technologie dans l’espace de travail posera un défi similaire à celui du BYOD mais multiplié au centuple, tandis que d’autres estiment qu’il suffit d’adapter les règles déjà mises en place pour la sécurité des informations et du réseau face au BYOD. Dans un cas comme dans l’autre, les entreprises doivent agir promptement et faire évoluer leur stratégie mobile existante afin de prendre en compte la révolution des wearables. La plupart des objets connectés ont accès aux réseaux en Wi-Fi ou Bluetooth mais ils ont généralement besoin d’être connectés à un ordinateur ou à une tablette pour la synchronisation de leurs données, ce qui accentue la pression sur le réseau et finit par le ralentir. L’approche innovante du SDN en matière de conception, d’exploitation et de gestion du réseau aide les entreprises à éviter les goulets d’étranglement qui freinent le déploiement des applications et des services et permet à l’informatique de gérer les charges de données avec efficacité. Grâce à cet outil, il est possible de virtualiser entièrement les technologies réseaux, à l’exemple des machines virtuelles pour les serveurs.

 
  • 4.       Nécessité d’une accélération du réseau

Récemment encore, les réseaux étaient lourds, manquaient de souplesse et, souvent, de stabilité. Une étude réalisée par Avaya au début de cette année révèle que de nombreuses entreprises peuvent passer au total plus de neuf mois par an à attendre que l’informatique procède aux changements nécessaires sur le réseau pour la fourniture d’un service nouveau ou amélioré. L’étude indique également que plus de 80% des entreprises sont encore victimes de pannes dues à une mauvaise configuration du cœur de réseau par leur propre personnel informatique et que chacun de ces incidents leur coûte en moyenne 140 000 dollars. S’il est correctement mis en œuvre, le SDN permet d’y remédier au moyen d’une unification des règles à l’échelle du réseau sur une « fabric », afin d’éviter une configuration manuelle de chaque tronçon du réseau. Il en résulte une réduction des risques d’erreurs et une accélération de la mise à disposition des services.

 
  • 5.       Libération du potentiel de revenus du réseau

Nombre d’entreprises ont subi les effets négatifs d’une interruption inopinée de leurs systèmes. L’impact financier peut être énorme si l’on tient compte des coûts de diagnostic et de réparation, ainsi que du temps passé, du personnel de dépannage informatique et de la perte de productivité des employés en cas d’indisponibilité de leurs outils informatiques. Le réseau est sous pression pour devenir un générateur de revenus et transformer ces temps morts en périodes d’activité rentables pour l’entreprise. Le SDN raccourcit les coûteux délais de configuration, accélère les modifications du réseau et, plus important encore, limite les erreurs causées par des modifications manuelles. Il crée un environnement dynamique où les services nouveaux ou modifiés peuvent être déployés « à la volée », en l’espace de quelques minutes au lieu de plusieurs jours ou semaines voire plusieurs mois. En conséquence, les entreprises peuvent réduire leurs coûts et gagner en agilité, donc en productivité, et accroître ainsi leur chiffre d’affaires.

S’il n’est jamais facile de combler son retard, tous les arguments ci-dessus soulignent l’importance critique de faire passer les réseaux d’entreprise à la vitesse supérieure. L’innovation est une force impossible à arrêter et les entreprises vont continuer à être avides des technologies les plus récentes et performantes disponibles sur le marché. L’heure est venue de faire le point et de passer à un modèle économique qui exploite au mieux les opportunités présentes et futures.

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