Multiplication des appareils et objets sans fil : comment optimiser son réseau ?

Comment optimiser son réseau sans fil alors que les normes changent très régulièrement, que la demande des utilisateurs continue à croître et que « tout » semble déterminé à devenir compatible sans fil ?

Une étude indépendante prévoit 4,9 milliards d'appareils ou « objets » compatibles sans fil d'ici la fin de l'année, tous luttant pour leur espace sur les réseaux sans fil du monde entier. Les estimations actuelles suggèrent que ce nombre passera à 25 milliards d'ici la fin 2020. Cela correspond à environ trois appareils pour chaque personne vivant sur la planète aujourd'hui.  Par ailleurs, les analystes d'IDC prévoient que d'ici 2020, ces appareils créeront, copieront et consommeront collectivement environ 44 zétaoctets de données, c'est-à-dire cinquante fois plus qu'en 2012. À ce moment-là, il est assez probable que nous serons entrés dans l'ère de l'Internet des objets (IoT) et avec elle, un tout nouvel éventail de challenges se seront présentés aux installateurs, aux administrateurs et aux gestionnaires de réseaux sans fil.

Cet énorme déferlement d'objets compatibles sans fil et la croissance de trafic qui en résulte font peser une énorme pression sur les réseaux sans fil et obligent les installateurs, les administrateurs et les gestionnaires à se demander ce qu'ils devront faire pour que leurs réseaux puissent continuer à croître avec une longueur d'avance sur les prévisions en matière d'augmentation de la demande.

Pour avoir une chance, les installateurs de réseaux sans fil doivent constamment actualiser les conseils qu'ils donnent à leurs clients et, de leur côté, les administrateurs de réseaux sans fil doivent faire des recherches approfondies avant de prévoir des mises à niveau ou des remplacements.  Aujourd'hui, les réseaux sans fil ont besoin d'un matériel puissant, pris en charge par des outils de gestion logiciels intuitifs et intelligents. Et il n'a jamais été aussi important d'anticiper le futur. Cela implique une bonne compréhension de l'évolution des normes Wi-Fi au cours des prochaines années. Avec toutes ces connaissances sous la main, il est possible de satisfaire l'appétit apparemment inépuisable du public pour les objets compatibles sans fil et la bande passante qu'ils consomment.

Des bouchons sur le réseau sans fil ?

Les administrateurs de réseaux sans fil ne le savent que trop bien, la bande passante sans fil doit être partagée entre tous les appareils connectés, et plus il y a d'appareils connectés, moins il y a de bande passante pour chacun d'eux. Pire encore, tous les appareils doivent attendre leur tour jusqu'à ce que le plus lent ait terminé sa communication sans fil. Le problème vient du fait que tous les équipements commerciaux prennent en charge la bande 2,4 GHz, alors que la majorité des nouveaux ordinateurs portables, des tablettes et des smartphones sont également compatibles avec la bande 5 GHz, plus rapide. Cela plaide fortement pour les réseaux Wi-Fi double bande, mais les installateurs de réseaux sans fil restent avec ce problème sur les bras : comment répondre au mieux aux exigences actuelles et futures sans installer un nombre égal de points d'accès en 2,4 GHz (qui pourraient bien être rapidement redondants) et en 5 GHz (qui pourraient ne pas être totalement nécessaires pendant encore deux ou trois ans) ?

Les radios logicielles (software defined radio) pourraient résoudre ce problème. Elles permettent aux administrateurs informatiques de passer de la bande 2,4 GHz à la bande 5 GHz, et d'adapter leur infrastructure sans fil au mélange d'appareils qui fonctionnent dessus. Il est également possible d'utiliser des radios à plusieurs états qui peuvent être reconfigurées à tout moment pour que la répartition entre le 2,4 GHz et le 5 GHz puisse évoluer en fonction de la demande et des tendances affectant les appareils.

Priorisation du trafic

Mais les administrateurs réseau n'ont pas seulement besoin de prioriser les appareils, ils doivent aussi prioriser les communications vocales, vidéo et de données. L'augmentation du trafic vocal et vidéo sans fil a repoussé les données à la deuxième, voire la troisième place. Cette tendance a fait son nid discrètement. Mais pensez un peu à la façon dont les gens consomment les médias sociaux aujourd'hui. Un simple coup d'œil à un flux d'actualités sur Facebook suffit pour remarquer la quantité de contenu vidéo qui s'y trouve. Si vous repensez à ce qu'il en était il y a seulement un an, vous commencerez à voir pourquoi les médias sociaux à eux seuls consomment davantage de bande passante sans fil que jamais auparavant. Vous comprendrez également le dilemme de beaucoup d'administrateurs de réseaux sans fil dans les espaces publics ; les gens s'attendent à pouvoir accéder aux médias sociaux sur leurs appareils mobiles, il n'est donc pas possible d'établir une règle consistant à les bloquer pour réserver la bande passante à une « utilisation d'applications sérieuses » comme on peut l'envisager dans un bureau ou un établissement scolaire.

Cette situation nécessite plutôt une gestion subtile et intelligente du trafic, que l'on appelle également le contrôle des applications. Les administrateurs et les gestionnaires réseau peuvent utiliser des logiciels basés sur le cloud ou des points d'accès avec une intelligence intégrée pour déterminer précisément la façon dont leur réseau est utilisé, puis appliquer des politiques qui optimisent des performances globales en mesure de satisfaire la majorité des utilisateurs. Ces systèmes permettent aux gestionnaires réseau de prioriser, limiter et même bloquer des programmes ou des classes d'applications spécifiques, en fonction de la demande des utilisateurs et de l'utilisation principale du réseau. Il existe également la possibilité d'un contrôle hautement granulaire pour gérer les applications destinées à des personnes spécifiques.

Pourquoi les normes du sans fil ne suffisent pas...

Dans l'IoT, impossible de se cacher derrière les normes du sans fil. Vous ne pouvez pas déployer le réseau sans fil le plus récent, puis expliquer à votre patron que tout ira bien pour environ six mois. Ceci malgré le fait que la norme actuelle du 802.11ac offre une vitesse multipliée par trois à cinq par rapport au 802.11n. Toutefois, même un réseau sans fil tournant exclusivement en 802.11ac peut rapidement atteindre la limite de ses performances s'il n'est pas géré correctement. Même le réseau le plus rapide sur le papier peut s'effondrer s'il est surchargé : c'est pourquoi la gestion du trafic et l'installation de points d'accès avec une certaine souplesse et une redondance intégrée sont si importantes.

Les appareils compatibles sans fil, la demande des utilisateurs et les emplacements du réseau sont trop variables en capacité pour être pris en charge par une approche universelle. Et même si vous pouvez acheter un réseau sans fil prêt-à-l'emploi, la quantité de contenu téléchargeable ou utilisable en flux continu n'a jamais été aussi importante. Les gens l'utilisent pour contacter leurs amis, allumer ou éteindre les lumières de leur domicile, demander à leur téléviseur d'enregistrer leurs programmes préférés depuis leur lieu de travail, surveiller leurs calories, leur fréquence cardiaque et le nombre de pas qu'ils effectuent. Tout cela ne tient même pas compte des utilisateurs « sérieux » du Wi-Fi, ceux qui en ont besoin pour faire leur travail et respecter leurs échéances. Le Wi-Fi s'est parfaitement intégré à notre quotidien, que nous soyons au travail ou pendant nos loisirs. Pour cette raison, son accès est passé dans l'imaginaire public du statut d'une option appréciable à un droit tacite.

Les entreprises proposant le Wi-Fi, particulièrement dans les lieux publics, doivent donc à présent réagir pour suivre le rythme de la demande actuelle et se préparer à la prochaine vague d'appareils et de données. Leur choix en matière de point d'accès et d'architecture environnante est au cœur de leur décision et déterminera en fin de compte la souplesse d'un réseau et sa capacité à croître.  L'époque où le marché du Wi-Fi n'était défini que par la vitesse, le coût et la couverture est bien révolue. À présent, les problèmes critiques concernent la capacité, la densité et l'efficacité.

Autour du même sujet