Avec le Physical Web, les navigateurs passent à l'ère des objets connectés

En automne 2014, Google annonçait la création du Physical web, un projet open source permettant à tous les objets connectés de communiquer avec votre téléphone. 1 an et demi plus tard, le projet prend petit à petit de l'ampleur.

Le principe du physical Web est simple : une borne beacon basée sur la norme Eddystone émet une URL via le Bluetooth. Le smartphone qui scanne son environnement va détecter ce signal lorsqu'il est dans la zone d'action de la borne et signaler l'URL à son utilisateur sous forme de notification. L'utilisateur a ainsi le choix de cliquer ou non sur le lien pour accéder à la dite page web.


D'une certaine manière, l'ambition du physical web est de se substituer au QR code. En effet comme l'explique Scott Jenson, le père du projet, un QR code n'est pas du tout adapté à l'usage que l'on fait de notre mobile : il faut réaliser qu'il y a un QR code, activer son mobile, chercher son application de scanner de QR code (ou l'installer) et scanner le QR code pour enfin se rendre sur la page web contenant l'information délivrée. Dans le cas du physical web, il suffit d'allumer son mobile et de regarder les notifications. L'effort demandé à l'utilisateur est bien moindre. C'est l'information qui vient à lui et non l'inverse.

Un des autres avantages du physical web et qu'il n'exige pas une proximité directe, comme c'est le cas d'un QR Code. Une borne pouvant émettre jusqu'à plusieurs dizaines de mètres. Les cas d'usages sont ainsi beaucoup plus variés.

Pour tester le physical web sous iOS, il est déjà possible d'utiliser le navigateur Chrome via l'interface bonjour du téléphone (slide de haut en bas sur l'écran d'accueil). Pour Android il faudra encore patienter jusqu'à la prochaine mise à jour du navigateur, ou télécharger l'application dédiée sur le playstore.

Bien entendu, cette facilité offerte aux possesseurs de bornes de diffuser des messages potentiellement non sollicités pose d'importantes questions de sécurité et d'abus (spams). A l'occasion du DevFest 2016 de Paris, Scott Jensen a apporté certaines réponses : Tout dépendra du scanner (Google Chrome ou une application dédiée) que vous utiliserez. Mais si vous utilisez Chrome, celui-ci n'ira pas chercher les informations du site web directement mais utilisera Google comme proxy pour protéger vos informations personnelles et agir comme filtre anti-spam. De plus Scott jensen a insisté sur le fait qu'une page web est un outil formidable, mais que les URLs sont une plaie pour les utilisateurs, le physical web répond à ce problème.Notification d'une borne physical web Application Physical Web Android :
J'ai mis dans mon bureau une borne qui émet l'URL de ce blog.

Les nouveautés des navigateurs web

Votre navigateur sans que vous ne le sachiez forcément devient de plus en plus puissant et de plus en plus polyvalent, pouvant presque rivaliser avec les applications natives. Comme l'a bien expliqué Jean-François Garreau, IoT Manager & Senior Innovation Developer chez SQLI lors de sa présentation au DevFest.

En effet depuis quelques années le navigateur a connu son lot de nouveautés permanentes. Tout a commencé avec l'arrivée du HTML5 et des balises vidéo et canvas, puis le support de webGL, l'API de reconnaissance vocale, l'accès au gyroscope, WebSocket, etc. Dans les nouveautés à venir, l'une des plus intéressantes est le support du Bluetooth4, permettant à votre navigateur de communiquer directement avec des objets compatibles. Votre navigateur pourra donc communiquer directement avec votre drone, votre robot, votre bougie connectée, etc. Plus besoin d'application donc pour interagir avec ces objets, une page web suffira.En associant cette nouveauté aux bornes Eddystone, on comprend alors la puissance du physical web.

Pour les plus curieux, on vous invite à lire la page de François Beaufort sur le sujet. Par exemple : vous n'avez pas de télécommande pour un objet en particulier ? Pas de problème. L'objet émet une adresse web vous permettant de le contrôler sans avoir besoin de télécharger quoique ce soit.
L'avenir nous dira si cette nouvelle norme prendra et si autour de nous, les QR codes seront remplacés petit à petit par des bornes Eddystone. En tout cas, c'est le souhait de Scott Jensen qui insiste sur le fait que n'importe qui peut développer son propre scanner, et que cette technologie est open source et n'appartient pas à Google.

Pour en savoir plus sur Le physical web

Innovation / Google