Le Brexit, le cauchemar des startups britanniques ?

Ce jeudi 23 juin, les Britanniques décident s’ils souhaitent le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union Européenne. Les start-ups sont au premier plan parmi les acteurs impactés. Quelles seraient les conséquences pour les start-ups du Brexit ?

La donnée client est au cœur des nouveaux modèles économiques. De nombreuses start-ups ont bâti leur business model sur l’exploitation de ces données pour offrir des services sur-mesure, anticipant et répondant aux besoins des clients en temps réel. L’Union Européenne encadre la protection des données par une réglementation qui s’applique à ses Etats membres : la General Data Protection Regulation (GDRP). Si la Grande-Bretagne choisit de sortir de l’Union Européenne, elle ne sera plus soumise à cette réglementation. Elle aura alors la possibilité de mettre en place son propre système de protection des données personnelles. Dans ce cas, cela impliquerait de nouveaux coûts pour les entreprises, notamment celles opérant depuis la Grande-Bretagne, pour prendre en compte cette double réglementation.

Les règles du jeu autour de la propriété intellectuelle pourraient aussi être modifiées. Les brevets sont aujourd’hui gérés au niveau européen. Une start-up qui souhaite déposer un brevet pour une innovation peut aujourd’hui le faire auprès d’un organisme européen (l’Office Européen des Brevets). Une déclaration unique permet aux entreprises de sécuriser leur brevet à travers l’Union Européenne. La sortie de la Grande-Bretagne pourrait signifier, sur ce sujet également, une double gestion des brevets pour les entreprises, a fortiori les start-ups, et donc des coûts supplémentaires.

La crainte de la fuite des cerveaux

La Grande-Bretagne est riche d’une diversité culturelle qui est un trésor pour les start-ups et un moteur de l’innovation. L’attractivité de la Grande-Bretagne est notamment liée à son ouverture vis-à-vis de l’Union Européenne. Si Londres attire de nombreux talents, c’est aussi parce qu’y travailler est administrativement moins complexe que d’aller aux Etats-Unis par exemple où obtenir un visa s’apparente à une quête du graal. La Grande-Bretagne fait déjà face à un manque de ressources high-tech qui pourrait s’accentuer avec la sortie de l’Union Européenne.

La fuite des investisseurs ?

L’un des risques associés au Brexit est également celui de ne plus attirer les meilleures start-ups. L’une des raisons faisant de la Grande-Bretagne une plaque attractive pour les startups est sa proximité avec l’UE. Les startups basées à Londres ont besoin d’une Europe qui fonctionne pour étendre leur business et Londres est souvent perçue comme le point de départ pour une extension du business vers l’Europe. Inversement, la Grande-Bretagne pourrait se fermer des portes d’investissement dans l’Union Européenne.

Les start-ups britanniques seront également privées des fonds européens. La Commission Européenne s’est montrée généreuse à l’égard des start-ups high tech. Le « Small and Medium-sized Entreprise program » et le programme de recherche et d’innovation « Horizon 2020 » ont promis près de 80 milliards d’euros de financement aux start-ups européennes d’ici 2020.

Plus généralement, le Brexit créée des incertitudes qui ne sont pas propices au business et aux investissements. La réponse dans les urnes jeudi 23 juin.

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