L'IA a démontré la force du collectif , reconstruisons la bibliothèque d'Alexandrie

SPHARIS

Paradoxalement, les démarches des entreprises de l'IA ont démontré la validité et la pertinence des démarches collectives. Regroupons tous les Savoirs dans la refonte de la bibliothèque d'Alexandrie.

La contradiction de fond

Il y a une contradiction interne, très surprenante dans son architecture, entre la démonstration de la force du Collectif par l’IA et le type de structure des entreprises d’IA. 

Résumons les agissements de la majorité des entreprises de ce domaine. De manière assumée (accords de licence avec des fournisseurs de contenus), de manière licite (récupération d’ouvrages dans le domaine public) ou par des actions en zone grise ou pire (Photocopilliage et procès), la seule manœuvre qu’ont effectuée ces entreprises, c’est de la récupération de tout le savoir Humain. Cette collecte a été portée par des sociétés de droit commercial. Chacune d’entre elles recopiant, pour son propre compte, la quasi-totalité de ce qui a été écrit dans le Monde. Le résultat a été et continue d’être ; sans parler des problèmes légaux que cela constitue et qui ont déjà été abordés dans d’autres chroniques ; un gaspillage formidable d’énergies et de duplications redondantes et inutiles de données.

La démonstration involontaire

Car au final, qu’ont démontré, certes involontairement, les entreprises de l’IA ? C’est que regrouper à un même endroit, en l’occurrence ici un même fournisseur, l’ensemble des savoirs Humains, prouvait bien la force de la mise à disposition à chacun des connaissances qui ont été générées par tous les auteurs et créatrices du monde. Paradoxalement, des entreprises ultras capitalistes, et dont le contrôle est réservé à quelques individus actionnaires, ont validé l’intérêt des démarches collectives.

Améliorons notre coopération

Car ces dilapidations et gabegies ne peuvent pas durer sur le moyen terme. On le voit d’ailleurs avec la question récurrente d’un possible éclatement de la bulle financière de l’IA. N’est-il pas temps de considérer d’autres démarches et de les appliquer ? Si l’on raisonne au niveau de l’Humanité, pourquoi ce gâchis de ressources ? Au lieu d’avoir une dizaine, une vingtaine ou cinquantaine d’entreprises qui ont les mêmes informations, pourquoi ne pas créer un Consortium International, sans buts lucratifs, qui serait chargé de la distribution des savoirs de l’Humanité ? Cela n’empêcherait en rien une très bonne rémunération des acteurs de cette même organisation ; codeuses, développeurs, chercheurs de savoirs, redécouvreurs de connaissances ; mais sans aucune forme de gaspillage d’énergie monétaire et de multiples et surinvestissements, pour en réalité, effectuer la même intervention chacun de son côté. Il est grand temps de se coordonner.

Et s’il est nécessaire que chacun récolte les fruits de ses actions, il est judicieux, pertinent et impératif de remarquer que ce ne sont pas les actionnaires de ces entreprises d’IA qui créent le code (et ce n’est pas parce qu’un fondateur a une fois créé cent lignes de code que cela est équivalent à l’élaboration, au final, de millions). Car il faut toujours privilégier les relations directes. Ainsi, pour ses futures collaboratrices et collaborateurs, il n’y a aucune incompatibilité entre percevoir un très bon salaire et travailler dans ce même consortium.

Le Renouveau du Collectif 

Donc, ce qui compte, c’est le résultat final. Mettre à la disposition de toutes et tous les Savoirs de l’Humanité. Et comme nos ressources sont limitées, sans parler d’urgence climatique ou de possibles futures crises énergétiques, la seule démarche rationnelle est de mettre les efforts de chacun d’entre nous dans le même panier pour le bénéfice du plus grand nombre.

Mais si l’IA a démontré la force de la vertu et la force de la démarche collective, sur un plan technique, elle n’utilise pas l'approche la plus fine et la plus pertinente pour partager et créer les savoirs Humains. Pour atteindre cette ambition, il nous faut un matériau plus fin et plus opératif. Sur le fond, c’est une excellente nouvelle. Ce Consortium de partage des connaissances Humaines, cette refonte de la fabuleuse bibliothèque d’Alexandrie, ne pourra advenir que si c’est la seule organisation à utiliser et contrôler une nouvelle langue Universelle des Savoirs. Car la seule manière de convaincre certaines personnes de la nécessité de cette nouvelle Institution est que cette dernière dispose d’un avantage technologique sur les démarches actuelles de l’IA.

On se donne rendez-vous dans quelques mois, pour en aborder le sujet de manière encore plus concrète.