Entre la fin de l'été et la mi-septembre, 33 millions de propriétaires ont reçu leur avis de taxe foncière. Envoyé par la Direction générale des finances publiques (DGFIP), ce document fiscal indique le montant de l'impôt local dont les contribuables devront s'acquitter s'ils possédaient un bien immobilier (maison, appartement, terrain, etc) au 1ᵉʳ janvier 2026.

Des millions de propriétaires doivent donc passer à la caisse et payer leur taxe foncière avant le mardi 20 octobre prochain. D'autres propriétaires, qui ont choisi de mensualiser cette taxe et qui en payent donc une partie tous les mois, devront néanmoins faire un versement complémentaire à l'administration fiscale avant le 20 octobre. En cause, puisque la taxe foncière a augmenté cette année, les mensualités qu'ils ont déjà versées n'ont pas suffi à régler la totalité de la note.

Car oui, la taxe foncière ne cesse de s'alourdir depuis plusieurs années. Après des augmentations successives de 7,1% en 2023, de 3,9% en 2024 et de 1,7% en 2025, la taxe foncière a encore grimpé de 0,8% en 2026.

Si cet impôt local augmente pour la quatrième année consécutive, c'est à cause de la revalorisation des valeurs locatives cadastrales. Ce terme, quelque peu technique, désigne en réalité le loyer annuel théorique qu'un propriétaire pourrait tirer de son bien si ce dernier était mis en location.

Ces valeurs locatives cadastrales sont réévaluées chaque année selon le taux d'inflation enregistré par l'Institut national des statistiques et des études économiques (Insee) en novembre de l'année précédente. En clair, si le taux d'inflation est de 1% en novembre, alors la taxe foncière augmentera de 1%, au minimum, dès l'année suivante.

Or, selon les projections de l'Insee, l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de novembre 2026 pourrait progresser de 2,9%. Si cette estimation se confirmait, la revalorisation des valeurs locatives cadastrales et, par extension, la hausse de la taxe foncière, pourraient donc frôler les 3% en 2027. Dans ce scénario, le montant moyen de taxe foncière payé par chaque propriétaire atteindrait environ 1 157,60 euros l'an prochain.

Cette estimation ne constitue toutefois qu'un plancher, car chaque commune dispose de la possibilité d'appliquer des majorations sur le taux de la taxe foncière. Les collectivités locales peuvent fixer leurs propres taux selon leurs besoins budgétaires. Elles peuvent donc, en plus des 2,9% d'augmentation, ajouter 5%, 10%, voire même 30% d'augmentation.

Ces décisions peuvent en effet entraîner des hausses bien plus importantes que le minimum légal imposé par l'indexation sur l'inflation. Certains propriétaires pourraient donc voir leur facture grimper bien au-delà des 1 157 euros moyens annoncés. Tout dépend de leur municipalité. Pour qu'une hausse de taxe foncière soit applicable en 2027, le conseil municipal doit en principe voter le nouveau taux avant le 15 avril 2027, puis le transmettre à l'administration fiscale à cette même échéance.