Les robots policiers humanoïdes patrouillent déjà en Chine
Si vous traversez au rouge dans certaines métropoles chinoises, il y a désormais des chances que vous soyez rappelé à l’ordre par un robot humanoïde. A Hangzhou, Shenzhen, Wuhu ou encore Chengdu, les policiers ont reçu le renfort de machines chargées de les assister dans diverses missions, notamment la gestion de la circulation.
Des robots pour faire la circulation
La ville de Hangzhou accueille ainsi, depuis le 1er mai, une quinzaine de robots. Il s’agit de modèles T2, développés par la start-up locale Supcon Information. Affichant des dimensions imposantes (1,88 m pour 98 kg), ils sont montés sur une base à quatre roues. Ils sont postés à certains carrefours, où ils régulent la circulation en effectuant les mêmes gestes qu’un agent humain avec leurs bras, et peuvent se déplacer entre des points prédéfinis.
Equipés de radars, de caméras et reliés directement à une plateforme de la police, les robots sont capables de détecter diverses infractions. Ils repèrent les conducteurs de vélos électriques sans casque, les véhicules dépassant la ligne d’arrêt ou encore les piétons traversant au feu rouge. Ils peuvent également renseigner les passants sur les règles de circulation, le stationnement ou leur itinéraire. En cas d’urgence, ils ont pour consigne de les mettre en relation avec la police.
"L’idée n’est pas seulement de constater les infractions", a expliqué Cao Hui, responsable chez Supcon, à Reuters. "Le système vise à intervenir en amont, par le rappel, plutôt qu’à sanctionner a posteriori." Depuis le début du programme, ils auraient adressé plus de 170 000 avertissements. Supcon affirme que certaines infractions, comme le non-port du casque ou le franchissement des lignes d’arrêt, ont diminué de plus de 40%.
Capables de rester en service près de onze heures par jour, les robots sont surtout destinés à soulager les policiers des tâches les plus répétitives. "Notre nouveau partenaire peut rester en service de manière stable pendant de longues périodes et prendre en charge une grande quantité de tâches routinières", a expliqué Chen Sanchuan, responsable adjoint d’une unité de la police de la circulation de Hangzhou, au média chinois People’s Daily. "Cela permet aux policiers de se concentrer davantage sur les accidents et les situations d’urgence."
Le projet dépasse désormais Hangzhou. Supcon affirme avoir déployé près de 50 robots dans environ huit villes de trois provinces chinoises et prévoit d’approcher les 200 unités d’ici la fin de l’année.
A Wuhu, dans la province de l’Anhui, l’Intelligent Police Unit R001 dirige également la circulation et détecte certaines infractions. "C’est un nouveau collègue capable de nous assister efficacement", a expliqué Jiang Zihao, policier de la circulation à Wuhu, à l’agence Xinhua.
Enfin, à Shenzhen, un robot humanoïde vêtu de l’uniforme de la police dirige depuis le mois de mars la circulation à une intersection du district de Longgang, sans agent humain présent sur place.
Des policiers encore très loin de RoboCop

Ces robots sont toutefois loin de ressembler à RoboCop et ne sont pas près de pouvoir arrêter de dangereux criminels. Ils présentent en effet les mêmes limitations que les autres humanoïdes, à savoir que leurs capacités restent limitées dans des environnements ouverts et soumis à de nombreux aléas. C’est la raison pour laquelle on trouve aujourd’hui des robots humanoïdes dans les usines et les entrepôts, mais pas encore aux domiciles des particuliers et encore moins évoluant de manière autonome dans la rue.
Les robots policiers chinois fonctionnent ainsi dans des environnements et selon des scénarios préalablement définis. Supcon reconnaît ainsi que les performances de leurs caméras et capteurs peuvent être affectées par une forte luminosité, des températures extrêmes ou de mauvaises conditions météorologiques.
Les fabricants considèrent toutefois ces déploiements comme une étape d’apprentissage. "Ce n’est qu’en plaçant les produits dans des situations réelles et en recueillant de véritables données opérationnelles que nous pouvons parvenir à une itération rapide", a expliqué Zhang Guibing, directeur général d’AiMOGA Robotics, fabricant du R001 de Wuhu, au média chinois Xinhua.
En revanche, les robots s’avèrent particulièrement adaptés aux missions longues, répétitives ou potentiellement risquées. Ils peuvent intervenir la nuit et accéder à des zones dangereuses ou difficiles d’accès pour les agents. Ils peuvent également transmettre des images en direct et alerter les secours lorsqu’ils détectent une personne tombée au sol.
A Shenzhen, les autorités prévoient désormais de déployer des robots pour participer aux contrôles d’alcoolémie, aux premières constatations après un accident ou encore pour collecter des preuves.
Mais au cours des prochaines années, on pourrait assister à l’arrivée de robots policiers capables de participer à des arrestations. La Chine travaille actuellement sur des humanoïdes destinés à des environnements militaires, capables de mener des missions de reconnaissance ou même de combat urbain. Les IA qui les alimentent devront toutefois arriver à un niveau de sophistication atteignant la perfection avant d’envisager de déployer des robots armés au milieu des passants.