Des environnements de travail " AI-first " au service d'une transformation continue

Infosys

L'IA transforme les environnements de travail en modèles plus adaptatifs, automatisés et collaboratifs, où technologie, gouvernance, formation et complémentarité humain-machine deviennent essentielles

Des plateformes intelligentes au service d’une transformation continue

Cette évolution repose d’abord sur des architectures modernes et cloud-native. En automatisant certaines tâches répétitives, l’IA permet aux collaborateurs de consacrer davantage de temps aux activités qui nécessitent créativité, résolution de problèmes, discernement ou empathie.

En France, Mistral AI contribue par exemple au développement d’agents IA capables de s’intégrer aux architectures existantes et d’alimenter des systèmes évolutifs.

L’accès à des informations en temps réel permet également aux entreprises d’anticiper plus rapidement les évolutions et d’adapter leurs processus en conséquence. La donnée ne sert alors plus uniquement à produire des rapports : elle devient un levier d’action.

Cette logique se retrouve dans plusieurs grandes organisations françaises, qui intègrent désormais l’IA au cœur de leurs métiers et de leurs processus. Le CHU de Montpellier, en partenariat avec Microsoft, développe ainsi des usages destinés à transformer les soins, la recherche et certaines opérations hospitalières, notamment grâce à un assistant d’IA générative qui aide à structurer les données médicales, produire de la documentation patient en temps réel et accompagner les 12 000 collaborateurs de l’établissement. Une dynamique que l’on retrouve également chez Airbus, qui déploie l’IA dans l’ingénierie, la production et les activités à forte intensité de connaissances pour améliorer la productivité et accélérer la prise de décision, ou encore chez Sanofi, engagée dans une transformation vers un modèle "AI-first" où ces outils sont désormais intégrés au quotidien de milliers de collaborateurs. Le groupe prolonge par ailleurs cette approche dans la R&D, notamment à travers son partenariat avec STATION F pour soutenir des projets reposant sur l’intelligence artificielle.

Une transformation qui ne se limite pas à la technologie

Pour les organisations européennes, cette transformation doit aussi intégrer les enjeux de conformité. En France, les déploiements d’IA doivent respecter la loi Informatique et Libertés, le RGPD et l’AI Act européen.

Les Experience Level Agreements (XLA) peuvent contribuer à cette démarche. Contrairement aux Service Level Agreements (SLA), qui mesurent principalement la disponibilité ou la performance technique, les XLA prennent aussi en compte l’expérience utilisateur et la valeur créée.

Les Experience Management Offices (XMO) peuvent compléter ce dispositif en rapprochant les équipes technologiques, les ressources humaines et les métiers. Leur rôle est d’analyser les données liées aux usages, à l’adoption et aux opérations afin d’orienter les décisions d’amélioration.

Les entreprises peuvent également s’appuyer sur des plateformes de Governance, Risk and Compliance (GRC) pour automatiser une partie des contrôles et répondre plus efficacement aux exigences européennes.

Organiser la collaboration entre l’humain et l’IA

La réussite d’un modèle IA-first dépend enfin de son appropriation par les collaborateurs. L’objectif n’est pas simplement d’automatiser, mais de redéfinir la répartition des tâches entre l’humain et la machine.

L’IA peut prendre en charge les activités répétitives ou fortement orientées données, tandis que les collaborateurs se concentrent sur les missions nécessitant jugement, intuition et empathie. Cette évolution implique aussi un accompagnement adapté. Selon une étude du BCG, 70 % de la réussite d’une transformation dépend de la manière dont l’entreprise repense son organisation et ses compétences. Pourtant, l’AI Business Value Radar de l’Infosys Knowledge Institute indique que seules 16 % des entreprises ont mis en place une conduite du changement et des formations réellement efficaces autour de l’IA.

La formation devient donc un enjeu central. Au-delà d’une compréhension générale de l’IA, les collaborateurs doivent pouvoir accéder à des programmes adaptés à leurs métiers, ainsi qu’à des formations sur la supervision et la gouvernance de ces technologies.

À terme, un environnement de travail IA-first doit surtout permettre à l’organisation d’apprendre et de s’adapter en continu, en faisant évoluer ses compétences, ses processus et ses modes de collaboration au rythme des usages.