Sortir de sa zone de confort, nouvel impératif de l’entreprise ?

Il est dans la nature humaine d’emprunter le chemin qui oppose le moins de résistance. Dès lors, il ne va pas de soi pour un chef d’entreprise de savoir repousser les frontières. Comment apprendre à poser les questions qui fâchent et à accepter de sortir de sa zone de confort, quitte à se mettre en danger ?

Préserver le statu quo, dans le monde du travail, est trop souvent un moyen d’éviter de se remettre en question et de trouver de nouvelles solutions. Car affronter les "on a toujours fait comme ça", implique non seulement de challenger les mentalités mais aussi de faire face à de nouvelles situations parfois inconfortables. Stimuler l’innovation et la créativité est pourtant à ce prix. 

Comment dépasser le statu quo ?

Cette prise de risques est le nœud du problème. En effet, selon le psychologue américain Martin Seligman, "ce ne sont pas nos échecs qui déterminent nos succès futurs, mais la façon dont nous arrivons à nous les expliquer". Quels types d’actions réaliserions-nous si nous étions effectivement persuadés que, quelle qu’en soit l’issue, chacune de nos décisions est une opportunité d’apprendre et de progresser ?

La plupart d’entre nous, à un moment ou un autre de sa carrière, a été confronté à une organisation paralysée par des processus sclérosants et des systèmes archaïques, sans que rien ne soit fait pour changer la situation. Mais le monde change. Plus que jamais, nous vivons dans une ère d’incertitudes politiques et économiques. Et si ces changements marquaient la fin du concept de zone de confort pour les entreprises ?

La transformation digitale n’est pas seulement la dernière tendance en vogue

S’il est facile de balayer d’un revers de main le terme déjà galvaudé de transformation digitale, le mot transformation n’est pas de trop. Nous vivons dans un monde nouveau. Les entreprises doivent s’y adapter. Dans ce contexte, rester dans sa zone de confort c’est ne pas bouger, et ne pas bouger c’est déjà être en retard. En matière de choix technologique, la solution de facilité pour beaucoup d’entreprises est de garder leur système sur site, mais face aux économies et au gain de temps du passage au cloud, ces solutions ne sont plus viables, ou plus pour longtemps. C’est une véritable épée de Damoclès qui pèse sur la pérennité des entreprises.

Aucune entreprise n’y échappe. Selon IDC, 90% d’entre elles ont initié une démarche de transformation numérique, allant parfois même jusqu’à se réinventer. C’est le cas d’ING qui a totalement modifié son mode d’organisation pour faire face aux nouveaux défis de la transformation digitale. Que ce soit en termes de culture ou d’innovation, on peut parler sans exagération de réinvention de la banque hollandaise qui a su s’inspirer de modèles comme Spotify pour gagner en attractivité mais aussi en résultats.S’il n’est jamais évident de sortir de sa zone de confort, voici trois conseils pour les managers désireux de challenger le statu quo en entreprise :

Apprenez à affronter les questions qui fâchent

Il est temps de bannir "on a toujours fait comme ça" du vocabulaire de l’entreprise. N’hésitez pas à remettre en question, en permanence, les process et systèmes de l’entreprise pour mettre le doigt sur les activités qui ne rencontrent pas le succès escompté. Ces questions épineuses fonctionnent dans les deux sens : les dirigeants doivent encourager leurs collaborateurs à les challenger à leur tour.

Intégrez que le changement est permanent et nécessitera des adaptations

Les innovations technologiques continuent de se développer à un rythme que peu d’organisations arrivent à suivre, et il y a peu de chances que cela change. Pour un manager, accepter la disruption c’est aussi comprendre que l’entreprise va devoir changer continuellement.

N’ayez pas peur de l’échec, mais faites en sorte qu’il soit rapide

L’exemple d’ING le prouve : avec la bonne mentalité, la transformation digitale est possible. Mais elle ne sera jamais possible en restant allergique au risque et en ayant peur de l’échec. Les leaders qui font bouger les lignes savent échouer, et apprendre de leurs échecs avant de rebondir. Le coût d’un échec rapide est beaucoup plus faible que de ne rien faire pendant que d’autres concurrents plus jeunes et plus agiles prennent votre place sur le marché.

Alors que le rythme effréné des transformations est devenu la nouvelle norme au sein des entreprises, accepter de sortir de sa zone de confort fait figure de véritable avantage compétitif. Les décideurs qui sauront affronter les questions qui fâchent et apprendre de leurs erreurs seront aux avant-postes de cette nouvelle donne économique.

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