Il prête sa Clio pour le cinéma et gagne plusieurs milliers d'euros : beaucoup d'automobilistes peuvent le faire

Il prête sa Clio pour le cinéma et gagne plusieurs milliers d'euros : beaucoup d'automobilistes peuvent le faire Rentabiliser son auto, une opportunité pas si rare. Des modèles du quotidien, comme les Clio, aux voitures plus rares, prêter son véhicule pour le 7e art permet de générer quelques revenus. Une manière originale de valoriser son patrimoine automobile.

C’est le genre d'histoire qui crée des souvenirs : prêter son auto à une société de production et la voir, des mois plus tard, dans les salles obscures. Et en effet, louer sa voiture pour le tournage d’un film, c’est possible, y compris pour des particuliers. Pour certains modèles, cela peut même rapporter gros.

C’est le scénario qu’a vécu Nicolas. En novembre 2025, il raconte sur YouTube avoir “loué sa Clio RS pour le tournage d'un film”. Pendant plus d’un mois, sa voiture a été utilisée sur un plateau de cinéma dont le titre reste confidentiel. L’enthousiasme de Nicolas est difficile à masquer, car sa Clio n’a pas fait de la figuration.

Sa voiture est celle du personnage principal et au cœur de quelques scènes de drift. Une “bonne opportunité saisie” et des “souvenirs pour la vie”, selon les mots de Nicolas, mais à quel prix ?

La prestation globale s'élève à 5 500 euros. Ce montant inclut le prix de la location de la voiture, un nouveau train de pneus arrière et le défraiement pour quelques modifications esthétiques exigées par la production. Une belle somme pour un cas rare, indique Christophe Jeauffroy. Directeur de production, il a notamment travaillé pour les films Présidents et Jeanne du Barry ou la série B.R.I.

Lorsqu'une équipe de production a besoin d’une voiture, “le cas le plus courant consiste à engager un figurant, rémunéré pour sa journée, auquel on ajoute une prime pour l’utilisation de son véhicule”, résume-t-il au Journal du Net. Le figurant vient alors avec sa propre voiture et l’utilise sur le tournage. La prime, généralement autour de 50 euros, peut grimper selon l’usage du véhicule : s’il roule ou si des actions particulières sont demandées (doubler une autre voiture, par exemple).

“Lorsque l’utilisation devient plus spécifique ou technique, on fait davantage appel à des cascadeurs, ajoute Christophe Jeauffroy. Il arrive alors que ces cascadeurs viennent eux aussi avec leur propre véhicule, auquel cas une prime supplémentaire est prévue.”

Les sociétés de production passent parfois par des plateformes de location comme Roadstr ou Ciné Automobiles, qui se présente comme le leader de la location de véhicules de jeu. Un particulier peut soit proposer sa voiture à ces plateformes, soit directement la mettre en location sur leur site et ensuite espérer être repéré.

Généralement, ces loueurs spécialisés “disposent de flottes très spécifiques : ambulances, véhicules de pompiers, voitures de police, parfois d’époques différentes. Ces entreprises possèdent déjà les véhicules ou les stockent pour le compte de particuliers. Dans ce cas, elles rémunèrent elles-mêmes les propriétaires et la production règle une facture globale.”

Certains producteurs démarchent directement les propriétaires d’un véhicule. “Cela se pratiquait davantage auparavant, précise Christophe Jeauffroy. Personnellement, je n’y ai plus recours, notamment pour des raisons légales et fiscales, car ces revenus doivent être déclarés par les particuliers. Cela reste possible, pour une voiture de décoration, par exemple lorsqu’on recherche un véhicule très précis et introuvable ailleurs. Mais les montants sont encadrés et pas très élevés.”

L’autre enjeu majeur est assurantiel. Qui couvre la voiture ? “Les véhicules relèvent des assurances personnelles des propriétaires, qui doivent être couverts pour le travail et les loisirs, répond Christophe Jeauffroy. Comme la production ne loue pas le véhicule mais la prestation du figurant, celui-ci reste responsable de sa voiture. Les cas de cascade font l’objet de dispositifs spécifiques.”

Autre cas particulier : les scènes de destruction de voiture. Dans le cadre de cascades, la production évite autant que possible de gérer directement l’achat et la revente des voitures, explique Christophe Jeauffroy. Même si certaines sociétés peuvent acheter un véhicule pour le casser puis le revendre à la casse, ce fonctionnement est “jugé complexe et peu pratique”. “Dans les faits, la solution privilégiée consiste à passer par des garages spécialisés. Ces garages achètent eux-mêmes les véhicules destinés à être détruits, organisent leur revente à la casse après le tournage, et facturent à la production une prestation globale.”

Heureusement, au cinéma, toutes les voitures ne finissent pas cabossées. Certaines repartent avec quelques kilomètres de plus et un petit cachet pour le conducteur.