Cette aide pour les retraités augmente mais les héritiers devront la rembourser à l'Etat
VIDEO

Cette aide pour les retraités augmente mais les héritiers devront la rembourser à l'Etat

Un complément de revenu permet à des retraités d'augmenter le montant de leur pension de retraite. Pourtant leurs héritiers doivent rembourser cette aide lors de la succession.

Toutes les pensions de retraite ont été revalorisées au 1ᵉʳ janvier 2026. L'ensemble des retraités a vu ses revenus augmenter de 0,9%. Un chiffre qui correspond au taux d'inflation enregistré par l'Insee au cours de l'année 2025. Or, ce que la plupart des seniors ignorent, c'est que le taux de revalorisation des pensions de retraite influence directement le montant d'une aide destinée aux retraités : l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA).

Le montant de l'ASPA a donc été revalorisé de 0,9% et les conditions de revenus pour en bénéficier également. Plus de 1 446 000 retraités y sont éligibles actuellement. Cependant, l'ASPA n'est pas une aide sociale comme les autres. Il s'agit plutôt d'une avance sur la succession. En réalité, cette aide peut être récupérée par l'Etat après le décès du bénéficiaire. En clair, une partie des sommes que percevait le défunt doit être remboursée par ses héritiers.

Selon le Conseil supérieur du notariat, "l'ASPA est récupérée au décès du bénéficiaire si la valeur nette de son patrimoine successoral (comptes en banque, livrets d'épargne, biens immobiliers, etc.) dépasse un certain montant". Ce seuil est fixé à 105 300 euros en France métropolitaine et 150 000 euros dans les départements d'outre-mer. Toutefois, le montant que l'Etat peut récupérer est plafonné : les héritiers ne doivent pas rembourser plus de 8 463,42 euros. Si le défunt était auparavant en couple avec une personne qui percevait également l'ASPA, alors les héritiers peuvent rembourser jusqu'à 11 322,77 euros.

Le remboursement de l'ASPA correspond au montant mensuel que percevait le défunt, multiplié par le nombre d'années où il a touché cette aide. Si un retraité a reçu 1 000 euros d'ASPA tous les mois durant 7 ans, à sa mort ses héritiers devront donc rembourser 7 000 euros. S'il avait perçu cette aide pendant 10 ans, les héritiers auraient dû rembourser "seulement" 8 463,42 euros, soit le plafond légal, et pas 10 000 euros.

Il existe toutefois plusieurs situations dans lesquelles les héritiers peuvent être exonérés du remboursement de l'ASPA. Par exemple, si le conjoint survivant est lui-même bénéficiaire de l'ASPA, la récupération est suspendue jusqu'à son propre décès. De même, si les héritiers sont en situation de handicap ou âgés de plus de 65 ans avec des ressources inférieures au plafond de l'ASPA, ils bénéficient également d'une exonération.

Pour bénéficier de l'ASPA, il faut être à la retraite, être âgé d'au moins 65 ans, avoir sa résidence en France et y vivre au moins 9 mois dans l'année. Il faut également respecter certains plafonds de ressources qui ont changé en 2026. Les revenus des retraités ne doivent pas dépasser 12 523,14 euros par an pour une personne seule ou 19 442,21 euros pour un couple. Pour obtenir cette aide, il faut en faire la demande auprès de la mairie ou du centre communal d'action sociale de sa commune.

L'Aspa fonctionne comme un complément de revenus, à l'image du RSA : ce n'est pas une somme forfaitaire, mais un versement qui complète les ressources pour atteindre le plancher garanti. Ce plancher s'élève, depuis le 1ᵉʳ janvier dernier, à 1 043,59 euros par mois pour une personne seule, et à 1 620,18 euros mensuels pour un couple.

Si un retraité perçoit chaque mois une pension de retraite de 800 euros, alors sa caisse de retraite lui versera la différence pour que sa pension atteigne 1 043,59 euros. Autrement dit, son ASPA s'élèvera alors à 243,59 euros par mois.