Après 50 ans de domination, l’ère des géants des bases de données est révolue : Vive le Cloud et l’open source

De la base de données traditionnelle à l'open source dans les années 2000 puis maintenant par le cloud qui, progressivement redistribue les cartes, retour sur 50 d'évolutions des bases de données.

Dans un livre intitulé « Seuls les paranoïaques survivent », l’ancien PDG d’Intel, Andry Grove explique comment repérer, anticiper et survivre aux bouleversements technologiques et autres. Et que les entreprises qui ne sont pas disposées à évoluer ont toutes les chances de disparaître. 

Les deux exemples les plus flagrants sont Kodak et Nokia. Le premier a bien détecté l’arrivée de l'imagerie numérique, mais n’a pas voulu changer et a finalement disparu. Le second, géant de la téléphonie mobile traditionnelle, n’a pas non plus voulu croire à l'arrivée des téléphones intelligents, et finalement a perdu la partie, au point de quasiment disparaître de la mémoire collective, même si cette entreprise tente un retour en grâce.

Résultat : Une situation similaire se produit actuellement dans le secteur des bases de données, vieux de 50 ans.

Révolution dans le domaine des bases de données

Dans les années 50 et 60, les bases de données dans le secteur civil après celui des militaires, ont commencé à voir le jour dans le cadre de projets à grande échelle comme celui de l’alunissage par les américains. En 1961, le premier système de base de données DBMS créé par American General Motors est né. En 1976, Honeywell a mis au point Multics Relational Data Store, le premier système de base de données relationnelles professionnel.

Deux ans plus tard, un ingénieur nommé Larry Ellison a voulu découvrir les opportunités professionnelles des bases de données relationnelles tout en travaillant sur un projet de données pour la CIA. Quelques mois plus tard, Oracle 1.0 voit le jour et semble n'être qu'un produit assez primitif aux faibles capacités. A l'époque, à l'exception d'une simple requête relationnelle, il était impossible de faire quoi que ce soit. C'était un tel "jouet" qu'Ellison s'est lancée dans la gestion de l'information. En un peu plus d’une décennie, ce secteur a pris une telle ampleur que Larry Ellison est devenu un géant mondial du logiciel professionnel.

Au cours des 30 années qui ont suivi la création d'Oracle, le marché classique des bases de données a prospéré et est devenu une technologie indispensable pour les systèmes informatiques, au point de pénétrer tous les secteurs de l'entreprise. Après des fusions, des réorganisations permanentes et l’arrivée de concurrents sur ce marché, ce dernier repose principalement aujourd’hui sur 3 piliers : IBM, Microsoft et Oracle, le plus puissant.

Mais du fait que la base de données traditionnelle est une technologie fermée, entre les mains seulement de quelques géants, son prix est cher, ce qui réserve son achat et son usage dans des secteurs classiques que sont les télécommunications, la finance, l'énergie et quelques autres grandes entreprises.

Si l'environnement industriel ne changeait pas, le marché traditionnel des bases de données pourrait se stabiliser, mais l'essor d’internet a apporté une nouvelle force à ce marché et le bouscule.

En 2000, l'Internet commence à faire parler de lui, et sous l’impulsion d’une société vedette à l’époque dans ce domaine, Yahoo, les bases de données open source voient le jour et croissent. Leurs noms, MySQL et PostgreSQL, répondent aux besoins des entreprises Internet en matière de traitement massif et simultané de données. Elles mettent également fin au mythe selon lequel les bases de données relationnelles ne peuvent utiliser que des logiciels traditionnels de base de données.

En 2010, l'essor du cloud computing apporte de nouveaux changements. La croissance explosive du volume de données et de leurs différents types ont engendré des besoins multiples pour leur traitement. Des bases de données NewSQL, NoSQL et Cloud voient le jour, en particulier celles destinées au « nuage ». AWS Aurora et Alibaba Cloud POLARDB ont été utilisées pour lancer des bases de données traditionnelles.

Le nouveau modèle

Après près de 50 ans de domination, le secteur actuel des bases de données a formé trois genres différents.

Premièrement, la base de données traditionnelle. Les fournisseurs connus sont Oracle, IBM et Microsoft. Outre le potentiel d'un grand nombre d'applications professionnelles qui s'exécutent encore sur des bases de données traditionnelles, elles présentent encore des avantages au sein de nombreuses grandes industries, telles que la finance, les assurances, l'énergie et de nombreux autres utilisateurs professionnels.

Deuxièmement, les bases de données open source. Les principaux représentatifs sont MySQL, PostgreSQL, MongoDB, MariaDB, Hbase sous Hadoop, etc. La base de données open source est une alternative efficace aux « traditionnelles ». Beaucoup d'entreprises dans les nouvelles technologies et Internet peuvent maintenir choisir des solutions de ce type.

Troisièmement, les bases de données natives dans le Cloud. Ici, les noms les plus célèbres sont AWS Aurora d'Amazon, PolarDB d'Alibaba Cloud, etc. L'ère du Cloud étant déjà un consensus dans le domaine, les bases de données natives relatives à cet univers sont une évidence. Bien que la plupart des clients qui utilisent la base de données native cloud soient encore des entreprises d'origine cloud, avec l'ouverture totale de la transformation numérique, la base de données native cloud va progressivement devenir le courant dominant du marché.

Après 50 ans de domination, l’ère des géants des bases de données est révolue : Vive le Cloud et l’open source
Après 50 ans de domination, l’ère des géants des bases de données est révolue : Vive le Cloud et l’open source

Dans un livre intitulé « Seuls les paranoïaques survivent », l’ancien PDG d’Intel, Andry Grove explique comment repérer, anticiper et survivre aux bouleversements technologiques et autres. Et que les entreprises qui ne sont pas disposées à évoluer...