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Haut débit Outre-Mer : Les Antilles se connectent à la dorsale Internet des Etats-Unis
Les tarifs des liaisons intercontinentales avec la métropole pèsent sur le prix de l'ADSL en Guadeloupe, qui construit un câble sous-marin reliant l'île à Porto Rico. La Martinique envisage également de s'y connecter.   (14/01/2005)

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Situées à plus de 6.700 kilomètres de Paris, les Antilles subissent la fracture numérique plus que toute autre région française de la métropole. Au même titre que dans l'ensemble des départements d'outre-mer, l'état des lieux du marché du haut débit en Guadeloupe et en Martinique est surréaliste : un forfait d'accès Internet à 512 Kbits/s est proposé entre 45 et 70 euros, soit trois fois plus que dans l'Hexagone. Une situation intenable pour ces collectivités qui ont décidé de prendre les choses en main. L'objectif : amener le haut débit partout et pour tous, à un prix concurrentiel.

Selon une évaluation réalisée par la mission TIC de la préfecture de la Guadeloupe, 11.000 foyers étaient équipés d'un accès ADSL en 2004, soit un taux de pénétration du haut débit sur l'archipel de 6 %. Ce taux, extrêmement faible, s'explique à la fois par le coût élevé des abonnements proposés au client final et par le fait que l'accès ADSL ne couvre pas la totalité du territoire. Partant de ce constat, le conseil régional a mis en place en 2002 le projet "Guadeloupe numérique", dont l'objectif est de contribuer à aménager le territoire et à développer l'économie numérique.

"Le déploiement du haut débit nécessite évidemment de déployer un réseau de collecte sur l'ensemble du territoire, indique Monique Apat, chargée de mission pour le programme "Guadeloupe numérique". Mais la première préoccupation de la région a été de trouver une solution technique satisfaisante qui permette de désenclaver l'archipel en le connectant au reste du monde et d'abaisser le coût d'accès du haut débit pour les opérateurs."

Car contrairement à la Martinique ou à la Guyane, la Guadeloupe n'est pas connectée directement sur le câble sous-marin de transit IP Americas II. Le seul câble fibre optique à atterrir sur l'archipel est l'ECFS, construit par France Télécom en 1995 pour assurer la liaison avec la Martinique. Une charge supplémentaire pour la Guadeloupe. Au final, le coût mensuel de transit IP en arrivée est de 2.000 euros le mégabit par seconde. Et malgré la volonté affichée par l'Autorité de régulation des télécommunications (ART) d'intervenir sur le marché de gros du transport des données entre les DOM et la métropole, le fait est que France Télécom bénéficie aujourd'hui encore d'une situation de monopole pour la commercialisation de la bande passante.

Un câble reliant la Guadeloupe à Porto Rico

Raison pour laquelle la région Guadeloupe a décidé de déployer son propre câble sous-marin, long de 700 kilomètres et d'une capacité de 80 gigabits/s, lui permettant d'être reliée à la dorsale Internet mondiale via Porto Rico. En devenant opérateur de réseau, comme le permet depuis juin 2004 le législateur, le conseil régional va pouvoir maîtriser les conditions financières de revente de la bande passante. Une délégation de service publique a été conclue fin 2004 avec Global Caribbean Network, un regroupement d'acteurs locaux, et Alcatel, dont la mission est de construire et d'exploiter le futur câble.

L'ensemble du projet devrait coûter 21,9 millions d'euros, financé à 40 % par des fonds européens et à 30 % par la région. Ce nouveau câble doit ouvrir la voie à une baisse des prix de revente du trafic IP de l'ordre de 80 %. Soit un coût d'achat du mégabit de 375 euros. Le câble sera mis en service en novembre 2005. L'étape suivante sera alors de déployer un réseau de collecte sur l'île. Le conseil régional de Guadeloupe mène actuellement une étude de faisabilité

La Martinique va lancer un appel d'offre pour le déploiement d'un réseau haut débit
De même que la Martinique, dont le projet de construction d'un réseau mutualisé haut débit sur le territoire vient d'être initié. Cet autre archipel des Antilles affronte les mêmes problématiques de desserte de l'Internet que ses cousines d'outre-mer : le coût élevé des abonnements pour le client final et des liaisons louées interurbaines avec la métropole. Les prix d'achat du mégabite à France Télécom sur Americas II varient entre 2.500 et 3.000 euros. Un accès haut débit à 512 Kbits/s revient à 45 euros par mois pour 5 Go, soit un montant maximum facturé 75 euros en cas de dépassement. Sur les 41.000 foyers connectés à Internet en Martinique, seuls 25 % ont un accès haut débit.

Un comité de pilotage de la société de l'information réunissant la Chambre de commerce et d'industrie, le conseil régional, le conseil général et des communautés de communes a été créé en 1998 pour promouvoir la société de l'information en Martinique. Le comité définit actuellement la forme de gestion, le choix de la technologie et les coûts de construction d'un réseau haut débit permettant de raccorder le plus grand nombre de zones sur l'île.

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"L'objectif est de réduire de 50 % le coût du haut débit", explique Claude Pompière, président de la CCI Martinique et du comité de pilotage. La forme juridique choisie pour ce projet sera vraisemblablement celle de la délégation de service publique. L'appel d'offres pour un délégataire devrait être lancée dans les prochains mois. Conscient du problème récurrent du coût prohibitif de la bande passante, le comité étudie également la possibilité de se raccorder au futur câble de la Guadeloupe, ou, à l'instar de sa voisine, de construire son propre câble sous-marin.
 
 
Emilie LEVEQUE, JDN
 
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