Mise au point sur le marché des paris sportifs

Les mises du premier trimestre 2011 tendraient à décrire un secteur des paris sportifs sur internet en recul par rapport aux attentes. La réalité est pourtant plus complexe, et ce marché encore jeune recèle un énorme potentiel.

La baisse de 26% des paris sportifs sur les trois premiers mois de l'année 2011 est un état de fait mais il est en revanche nécessaire d'y apporter quelques explications.
Dans un premier temps, je tiens à préciser que l'ouverture du marché des paris sportifs en ligne n'est effective que depuis juin 2010. Il est donc impossible de se procurer les chiffres du premier trimestre 2010 et de s'appuyer sur ces derniers pour les dresser en point de comparaison avec ceux de cette année.

Cette baisse substantielle du volume des mises tient également au fait que les évolutions de ce marché dépendent d'une certaine forme de saisonnalité. En effet, l'ARJEL a précisé que le football représentait 54% du volume des mises de paris sportifs, or janvier correspond à une période creuse dite de « mercato » où très peu de matchs sont organisés. En outre, nous n'avons pas eu la chance de pouvoir suivre de nombreuses grandes affiches à l'échelle européenne en février.

Enfin, notons que la plupart des opérateurs se sont montrés assez timides en matière d'offres et de promotions, à l'exception de certains comme la Française des Jeux, SAJOO ou le PMU. Sur ce dernier point, je souhaiterais cependant circonstancier cette tendance générale des bookmakers à vouloir reconstituer leurs marges pour, je le pense, proposer des cotes et des bonus plus attractifs dès le second trimestre 2011.
 
Mars 2011, la reprise 
Si les deux premiers mois de l'ouverture du marché ont été marqués par une explosion des paris corrélative à l'organisation du plus grand événement sportif planétaire, à savoir la coupe du monde football, mars vient se positionner chez Ruedesjoueurs.com comme le 3ème plus gros mois en CA derrière juin et juillet 2010. L'équipe de France n'attire certes plus depuis cet été mais d'autre relais se sont déployés.

Ainsi, nous avons pu assister à des moments forts en Ligue 1 comme OM-PSG. Notre championnat national demeure attractif et les dernières journées avec un Top 5 resserré ne devraient pas nous faire mentir. Soulignons aussi que certaines grosses cylindrées comme l'Olympique de Marseille attirent quatre fois plus de parieurs sur Ruedesjoueurs.com qu'à l'occasion d'autres affiches moins prestigieuses. Autre élément tangible, la Champions League a comme toujours fait carton plein avec des affiches extraordinaires comme Barça-Arsenal. Tout cela prouve une fois de plus que le marché a encore beaucoup de potentiel mais dépend de l'actualité.

Enfin, avec 25 % des mises et ce avant même le début des gros tournois en Europe (Rome, Roland Garros et Wimbledon), le tennis est devenu un gros driver de business et ne fait pas exception à la règle de la saisonnalité. Le printemps et l'été s'annoncent ainsi comme des saisons clefs pour la petite balle jaune dans le secteur du betting.
 
Un marché émergent en pleine mutation 
Le marché du gambling est aujourd'hui globalement divisé en deux catégories :
-       les opérateurs qui tentent de garder leurs joueurs en se concentrant dorénavant sur la fidélisation et qui tendent à désinvestir les leviers d'acquisition clients pure comme Betclic, Bwin ou Winamax
-       les gros challengers qui vont déployer des stratégies d'acquisition agressives pour capter la clientèle des premiers comme PMU, FDJ, Sajoo, Party Poker
Le marché est donc entré dans l'ère du "CHURN", dans l'ère de l'attrition, dans l'ère de la compétitivité accrue. Rythmé par des modifications à la marge de la législation et une ouverture progressive à d'autres segments de jeux sur plusieurs années, le marché semble s'orienter vers une croissance plus lente à l'italienne.

Cependant, avec 30 millions de joueurs offline, contre moins de 2 millions on line, notons le potentiel phénoménal du marché français. En outre, de nombreux éléments vont venir booster sa croissance et permettent ainsi d'envisager l'avenir avec optimisme.

En effet, le succès de PMU et FDJ qui évangélisent le marché doit attirer de nombreux joueurs offline vers le online. Des stratégies agressives de conquête clients (churn et anti churn) vont également pousser les opérateurs à proposer des cotes bien plus attirantes pour les parieurs confirmés.

Enfin, l'expansion rapide du jeu sur smartphones et tablettes est particulièrement bien adapté aux paris sportifs et l'explosion du pari en direct ne peut que se confirmer grâce à la généralisation de ces nouveaux terminaux mobiles et l'avènement des TV connectées.

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