Ces 99,5 % d’e-commerçants dont on parle peu mais qui tirent le marché !

La FEVAD recense 123.000 e-boutiques en France au 31 mars 2013. Parallèlement, E-Commerce Magazine publie un classement des principaux e-commerçants français en 2012 à la lecture duquel on constate l’extrême émiettement du secteur.

J’ai assisté la semaine dernière aux Enjeux de la FEVAD (coup de chapeau aux organisateurs). On y parle bien sûr d’e-commerce en France avec, au programme, des conférences intéressantes, des intervenants de renom, le tout dans un cadre élégant. Que redire à cela ? Rien, si ce n’est que je me suis senti en décalage, alors même que notre solution e-commerce PrestaShop équipe aujourd’hui 25 % des e-commerçants français. Étrange sentiment…
L’air du temps est au multicanal, décrit de manière très enlevée par deux partners de McKinsey rompus à l’exercice du story-telling. Bel exercice de forme, on se met à rêver à tout ce que l’on pourrait (devrait ?) faire avec sa propre boutique en ligne, avant de remettre les pieds sur terre.

A qui s’adresse-t-on ?

Aux seuls marchands dont la surface financière leur permet de franchir le pas de la porte de McKinsey ! C’est du moins mon sentiment.
Soyons factuels : la FEVAD recense 123.000 e-boutiques en France au 31 mars 2013. Parallèlement, E-Commerce Magazine fait paraître son classement des principaux e-commerçants français en 2012 à la lecture duquel on constate l’extrême émiettement du secteur. Pour preuve :

  • 6 acteurs émargent à plus d’un milliard d’euros de chiffres d’affaires annuel,
  • En valeur, les 20 principaux e-commerçants français ne représentent qu’un tiers du marché,
  • Plus édifiant encore : 99,5 % des e-commerçants français dégagent moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires annuel !

Voilà la réalité de l’e-commerce

Quelques stars identifiées et une population croissante mais anonyme de PME, pour ne pas dire de TPE. Ces entreprises font pourtant preuve d’un dynamisme étonnant et constituent le cœur (et le poumon !) de ce secteur économique qui défie le cortège déprimant des chiffres de la (dé)croissance. Sans vouloir assommer le lecteur avec trop de chiffres, jetons un œil rapide sur le dernier rapport trimestriel de la FEVAD (fort complet au demeurant) : l’e-commerce français a connu une croissance de 14% au 1er trimestre 2013, alors même que les 40 principaux e-commerçants n’ont progressé que de 2 % sur cette même période. Pas de mystère, ce sont donc bien les sans-grades de l’e-commerce qui tirent la moyenne vers le haut !  

En tant qu’éditeur de l’une des principales solutions e-commerce au monde de par sa base installée (plus de 140.000 boutiques), je voulais mettre un coup de projecteur sur ces 99,5 %. Ils rêveront certes en écoutant le récit de la chevauchée fantastique de nos champions nationaux mais auront aussi du mal à « faire corps » avec eux tant le fossé est grand entre leur réalité quotidienne et celles de leurs « héros ».

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