eCall: quelles technologies pour ce système de secours imposé par l'UE ?

En 2015, les voitures neuves vendues dans l’UE devront être équipées d’un dispositif (eCall) qui appelle automatiquement les services d'urgence lors d'un accident, et envoie les informations provenant du capteur d'impact et les coordonnées GPS, via une connexion sans fil.

Selon les recherches, la nouvelle initiative pourrait accélérer l'intervention des urgences de 40 % à 50 %, améliorant ainsi la sécurité des occupants de la voiture. La mise en place de l’eCall, de manière efficace et rentable, requière cependant un examen sérieux des besoins à long terme du service par les équipementiers, les constructeurs automobiles et les opérateurs réseaux.   

L'un des principaux défis réside dans le choix de la technologie (2G, 3G ou 4G) sur laquelle s’appuyer pour déployer l’eCall dans les véhicules.
La technologie 2G est actuellement l’option préférée des fabricants d'appareils. En effet, l'alerte accident envoyée aux services d'urgence est configurée pour tenir dans un message de la taille d'un SMS. La 2G dispose d'une bande passante suffisante pour gérer les petits messages tout en veillant à l'optimisation des coûts.

Que se passerait-il si les opérateurs décident de déconnecter les réseaux 2G après 2015 ?

L'incertitude autour de cette question est une préoccupation légitime. Certains opérateurs souhaitent conserver le réseau 2G alors que d’autres s’attendent à progressivement l’abandonner autour de 2020. Toutefois, la solution réside sans doute dans le choix de modules 2G d’une gamme de produits proposant également des modules 3G compatibles, utilisant le même facteur de forme et le même logiciel, pour une future transition en douceur. 

De plus, le business model actuel des opérateurs et des équipementiers est un frein pour la gestion de l’eCall. Les cartes SIM seront installées dans chaque boîte d'appel et seront actives sur ​​le réseau sans être source de revenu. De plus, une fois installées, celles-ci ne seront utilisées au maximum qu’une fois au cours du cycle de vie de la voiture pour appeler les services d'urgence, avec peut-être un appel à effectuer une fois par an pour l'entretien du dispositif. Des tarifs minimaux pour maintenir actives les cartes SIM sur le réseau seront appliqués par les opérateurs.

Les équipementiers et les opérateurs doivent parvenir à un accord commercial pour que eCall ne devienne pas un handicap

Pour lutter contre ce problème, les équipementiers pourront mettre en place des services additionnels basés sur des abonnements. Avec la 2G, les intégrateurs peuvent prendre la décision de mettre en œuvre le suivi des véhicules, la mise en place de services à distance et d'information routière s'appuyant sur la plateforme de l'eCall. Avec la technologie 3G ou 4G, des services pour communiquer et d’accès aux médias sociaux dans les véhicules ainsi que des animations supplémentaires peuvent être activés, offrant de nouvelles opportunités de revenus pour les opérateurs.

La maintenance des appareils est également un autre facteur important à prendre en considération

Les logiciels doivent être régulièrement actualisés, ce qui pourrait être très coûteux si cela se fait manuellement. En revanche, la mise à jour par voie hertzienne est plus simple à réaliser sur une période de temps, en évitant d’avoir à rappeler des véhicules. Cette approche permettra aux équipementiers et constructeurs automobiles d’assurer la fiabilité et l’efficacité de la technologie eCall afin qu’elle reste opérationnelle pendant toute la durée de vie du véhicule. Le déploiement et l'exploitation des appareils ainsi que la mise à jour par voie hertzienne pourront être effectués via un portail sécurisé d'exploitation sur le cloud, assurant ainsi la qualité des logiciels à coûts réduits. 

L'expansion mondiale des réseaux sans fil au cours des dernières années a facilité les communications M2M. En plus d’être bénéfique pour les cas d’urgence, l’eCall va débloquer de nombreux autres avantages pour la voiture connectée. Les constructeurs automobiles ont déjà commencé à déployer dans le monde des boitiers dotés de telles fonctionnalités à bord des véhicules. Les fabricants ont les moyens à disposition pour se préparer en vue de l’échéance de 2015. A priori, ils n’auront pas besoin de délais supplémentaires.

Autour du même sujet