Comment SocialBakers compte imposer sa solution d'analytics en France

Vincent Camara, qui pilote le bureau français, dévoile les ambitions du spécialiste des social analytics dans l'Hexagone et explique comment il compte se démarquer de la concurrence.

Comme nous vous le révélions, SocialBakers, le spécialiste des statistiques "social media", a décidé d'ouvrir un bureau à Paris. "Une suite logique à notre stratégie d'expansion sur nos marchés stratégiques que sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France", explique Vincent Camara qui a été nommé pour piloter le développement de la société sur le marché français. Une tâche dans laquelle le cofondateur du portail vidéo Intruders TV sera accompagné d'une "équipe de cinq à six commerciaux qui seront recrutés d'ici fin 2012".

 

Le marché français constitue un véritable enjeu pour la société qui revendique 48 clients dans l'Hexagone, parmi lesquels Renault, Danone, Orange ou Havas Media. En se rapprochant de ses partenaires actuels, SocialBakers escompte donc doper un marché qui représente déjà entre 5 et 10% de son chiffre d'affaires total. Le tout en axant sa proposition de valeur autour de trois services : "un tableau de bord permettant aux marques d'analyser l'évolution de leurs pages et de celles de leurs concurrents, une plateforme 'publisher' facilitant le design et l'optimisation ces pages et enfin des données statistiques gratuites stockées sur un site ayant attiré près de 400 000 visites en juin." C'est sur ce modèle freemium que SocialBakers s'est positionné depuis 2009, lorsque l'entité est née d'une agence tchèque de social media, Candytech, en s'appuyant sur un site qui lui génère des leads et lui apporte de la notoriété.

 

Et alors qu'on l'interroge sur la concurrence qui se profile sur le terrain du "social analytics", avec l'arrivée d'acteurs tels que Milky, Social Lab ou Sevena, le dirigeant nouvellement investi parait relativement serein : "Cette concurrence est une bonne nouvelle car elle reflète le besoin qu'ont les marques d'analyser les réseaux sociaux", affirme Vincent Camara. Lequel, il est vrai, peut miser sur deux avantages compétitifs majeurs, l'ancienneté de la société et ses faibles coûts de développement. "Nous capturons les données sociales depuis 2009, nos concurrents qui viennent de se lancer vont devoir se satisfaire des données fournies par l'API de Facebook qui, elle, ne remonte pas plus loin que 90 jours", explique-t-il avant de souligner "l'avantage économique et la flexibilité procurés par les 30 développeurs travaillant sur la plateforme depuis Prague."

 

Six semaines après sa prise de poste, Vincent Camara, qui confesse s'entretenir régulièrement au sujet de la stratégie à adopter avec le COO du groupe, Martin Huml, estime que "le marché français n'est pas si éloigné de ses voisins allemands et britanniques même s'il est moins mature, avec notamment un panier moyen plus faible". Preuve de ce léger retard, SocialBakers s'est implanté outre-Manche il y a déjà trois ans et opère outre-Rhin depuis début 2012. Le nouveau directeur général ne manque en tout cas pas d'ambition pour l'Hexagone où il note avec satisfaction que "les annonceurs sont de plus en plus friands de données fiables et durables concernant Facebook, Twitter, LinkedIn et Google +". Et Pinterest ? Le réseau social qui permet d'épingler ses coups de cœur sur un tableau de liège virtuel devrait ouvrir son API début septembre. "Ne doutez pas que dès que nous disposerons de telles données, nous les proposerons à nos clients", conclut le dirigeant dans un sourire.

 

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